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TRIBUNE - À l’occasion du cinquantième anniversaire de la disparition de René Cassin, le 20 février, l’ancienne ministre* rend hommage à ce grand résistant qui a joué un rôle clé au sein de la France libre avant d’être nommé vice-président du Conseil d’État par de Gaulle fin 1944.
* Jeannette Bougrab est essayiste et membre du Conseil d’État. Elle a notamment publié « Lettre aux femmes voilées et à ceux qui les soutiennent » (Cerf, 2019) et « Un silence de mort » (Cerf, 2020).
« J’adore ma patrie d’un cœur qui la déborde. Et plus je suis français, plus je me sens humain. » C’est par des vers du poème France de Sully Prudhomme que René Cassin conclut son discours de réception du prix Nobel de la paix en 1968 à Oslo. Ces mots prennent une résonance particulière pour cet homme qui a été déchu de sa nationalité française et condamné à mort par un tribunal du gouvernement de Vichy. Son crime : avoir rejoint les rangs de la France libre à Londres. Alors qu’il était à Alger avec le général de Gaulle, sa petite sœur, Yvonne, et Henri, son beau-frère, ainsi que vingt-huit de ses cousins furent déportés à Auschwitz parce que juifs. Personne n’en revint vivant.
Sa vie est celle d’un patriote passionné, la France dans le sang. Jamais il n’a cherché à se dérober à ses…


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