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ENTRETIEN - Pour l’historien, auteur de «Notre amie la gauche», la radicalité gauchiste est une forme de messianisme, qui est convaincu de devoir changer la société, quitte à recourir à la violence. Le meurtre de Quentin D., à Lyon, en est selon lui l’illustration.
Passer la publicitéDans un essai paru en 2025, Notre amie la gauche (Via Romana), Jean-François Chemain, professeur agrégé d’histoire, propose une clé de lecture singulière pour expliquer la violence qui habite l’extrême-gauche : bien loin d’avoir oublié Dieu, celle-ci est hantée par son absence, au point de vouloir créer la cité idéale ici-bas. De là, cette pédagogie permanente du « bien » contre le « mal ». De là, le rejet absolu de la religion, qui la pousse à embrasser n’importe quoi pourvu qu’une église le rejette. De là, la difficulté à admettre les autres opinions, puisque c’est le salut terrestre qui est en jeu. Et de là la violence, intrinsèque, vue comme légitime, pour changer la société. Jean-François Chemain déroule une généalogie intellectuelle ambitieuse, où se suivent vieux débats théologiques sécularisés, Révolution française et utopies modernes. Le gauchiste de la rue y est vu avant tout comme un héritier ; le descendant d’une école de pensée persuadée que la société peut être…


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