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La journaliste et essayiste a ému comme rarement le présentateur de «24H Pujadas» sur LCI. Ce dernier, chamboulé, a rapidement rendu l’antenne, des trémolos dans la voix.
Passer la publicité Passer la publicité«Il y a de l’émotion sur le plateau.» Ce mardi 15 septembre, l’atmosphère était toute particulière dans l’émission «24H Pujadas» animée par le journaliste David Pujadas sur LCI. Et pour cause. Le titre de Boy George, symbole de la pop britannique, intitulé We Will Dance défendant l’action militaire israélienne à Gaza retentit. Et s’il affirme que «sa vie a changé au-delà de toute comparaison» depuis la sortie de cette chanson, elle impacte hors de ses propres frontières.
«Je l’écoute beaucoup en ce moment» a reconnu Caroline Fourest tout en admettant être particulièrement émue. «C’est honnêtement très courageux de la part de Boy George. Il a pris des risques, il a été écarté de son spectacle et il a continué. Il parle tous les jours et dit la même chose. Il ne nie pas la souffrance des Palestiniens, il dit juste que ce n’est pas un génocide, c’est la guerre, des crimes de guerre», intervient Ruth Elkrief tandis que François Lenglet interpelle l’instigatrice de la chronique en l’interrogeant : «Je ne suis pas juif, je parle en tant qu’observateur de la société, mais qu’est-ce qu’on a raté pour que le débat soit cristallisé, violent à ce point ?»
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Une question à laquelle la journaliste répond longuement. Et c’est précisément de cette réponse que découle l’émotion, rare, du présentateur. «La réponse est assez évidente. Il est certain qu’à partir du moment où la riposte israélienne a été si massive et si meurtrière, où le nombre de civils a été si élevé, tués pour atteindre les cibles du Hamas, il était certain que ce carnage allait générer une émotion légitime», amorce Caroline Fourest. Et d’ajouter : «Cette émotion-là, je la comprends et ce n’est pas elle que je combats. Il se trouve que comme intellectuelle, ma spécialité est de travailler sur les frères musulmans dont le Hamas est issu. Je sais qu’eux, ils ont commis le 7 octobre exactement pour obtenir ce genre de réaction de la part d’artistes. Parce que leur but, comme le 11 septembre - Al-Qaïda était aussi issu des frères - est toujours de créer un événement traumatique qui va faire surréagir l’adversaire pour engendrer des morts qu’ils pourront exploiter pour passer pour les victimes.»
«Un jour, ce sont vos enfants qui se feront tuer»
La journaliste poursuit en soulignant la difficulté, en tant que journaliste, d’exercer son métier. «On est beaucoup à éprouver une censure, à ne plus pouvoir aller dans les manifestations, à ne plus pouvoir intervenir à l’université. On est beaucoup à ne plus être les bienvenus. La Fête de l’Huma est devenue la fête de la France insoumise. […] La gauche sectaire pro islamiste a gagné et a exclu la gauche humaniste, laïque, voltairienne et camusienne. Ils s’en prennent aujourd’hui à François Ruffin, ils s’en prennent à Glucksmann. Demain, ils s’en prendront à tous ceux qui ne sont pas comme eux», déplore Caroline Fourest avant de lancer un appel : «Je demande à tous ceux qui sont un peu de bonne foi et sincères : arrêtez à temps, parce qu’un jour, c’est vous qui serez traités d’islamophobes, de génocidaires et d’extrême droite. C’est vous qui vous ferez courser physiquement. Et peut-être un jour, ce sont vos enfants qui se feront tuer à cause de ces amalgames.»
Un discours suivi de quelques secondes de silence. Alors que Caroline Fourest se tourne vers David Pujadas en lui souriant, le présentateur n’est pas en mesure de prendre la parole. La journaliste et essayiste vient alors à son secours en réagissant en s’étonnant : «Maintenant c’est David qui est ému. J’ai réussi à émouvoir David maintenant.» Un constat que l’intéressé ne peut nier et opine du chef, un sourire scotché sur ses lèvres mais les larmes aux yeux. «Alors que quand on connaît l’immense professionnalisme qui est le tien et la façon dont tu sais tenir l’émotion à distance, je ne sais pas si je dois m’excuser ou te remercier», lance-t-elle, un brin décontenancée. Là encore David Pujadas ne fait pas de longueur, les trémolos dans sa voix ne lui permettant pas davantage : «Merci Caroline… et, à mardi prochain.»


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