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ENTRETIEN - L’animateur est devenu, avec le départ de Cyril Féraud, le nouveau visage du jeu de France 3. Nouveautés, conseils de son prédécesseur et enjeu climatique… Il a répondu aux questions du Figaro.
Stéphane Bern comme on ne l’a jamais vu. Après la présentation de «Secrets d’histoire», de l’Eurovision ou encore du «Monument préféré des Français», «Monsieur patrimoine» s’attaque à un nouveau format de jeu : «La Carte aux trésors». Anciennement présentée par Cyril Féraud, l’émission était de retour pour trois épisodes inédits sur France 3. Retour sur l’équilibre trouvé entre nouveautés et sauvegarde des codes historiques du programme.
TV MAG. - Vous avez pris les rênes depuis le 4 septembre de l’émission. Comment s’est déroulée la passation avec l’ancien animateur, Cyril Féraud ?
Stéphane Bern. - J’ai essayé de mettre la «Berne touch’». Je ne cherchais pas à faire la même chose que Cyril. D’autant que le passage de flambeau s’est très bien passé parce que Cyril est un ami. Son ambition était « Fort Boyard », il voulait donc lever le pied. De mon côté, j’étais ravi parce que « La Carte au Trésor » est une émission patrimoniale. En tout cas, c’est comme ça que je la conçois. Il y a la mécanique de jeu mais aussi et avant tout la découverte d’une région, d’un lieu, d’un patrimoine. Nous jouons avec les symboles. J’ai essayé à la fois de mettre de l’autodérision et de l’humour.
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C’était important de montrer cette facette de votre personnalité ?
Oui, je me moque de moi-même. Ça crée un lien spécial avec les candidats. Ils voient bien que je vais me moquer d’eux, que je vais les challenger. Mais toujours dans la joie et la bonne humeur. Je ne me prends pas au sérieux. Et ce qui m’a amusé, c’est que quand ils voyaient Cyril, ils le considéraient comme un copain. Moi, ils me voient comme une institution. Les candidats peuvent être un peu impressionnés, et moi je joue beaucoup là-dessus. [Rires] Ça crée une alchimie assez sympathique et j’ai eu des candidats avec qui ça s’est merveilleusement bien passé.
Vous êtes «Monsieur patrimoine» pour les Français. Comment êtes-vous parvenu à insuffler cet aspect de vous dans l’émission ?
J’essaye effectivement de passer plus de temps sur l’aspect patrimoine. Je descends plus souvent de l’hélicoptère et je vais à la rencontre des locaux. J’ai passé mes trente dernières années à faire des émissions sur le patrimoine, sur les châteaux. Donc dès que la “Carte aux trésors” se rend dans un lieu patrimonial, les gens veulent m’y voir. Ceux qui ont regardé m’ont dit : « Il y a à la fois une vraie légitimité, tout en effectuant un pas de côté. Ce n’est pas mieux, ce n’est pas moins bien. C’est tellement différent. »
Est-ce que Cyril Féraud vous a donné des conseils ?
Il m’a dit : « Surtout, mange dans l’hélicoptère. Mange tout le temps sinon tu vas être malade. » Ce n’est pas l’hélicoptère à proprement parler qui rend malade, tant que l’on regarde devant soi. Mais là, la caméra est derrière moi donc je suis tout le temps à l’envers. Au bout d’un moment, votre oreille interne est perdue. Mais finalement les conseils de Cyril ont porté leur fruit, je n’ai même pas été malade.
Je n’aime pas trop être une sorte d’institution
Stéphane BernVous parlez de la présence des hélicoptères dans l’émission qui a pu être décriée par le passé…
C’est difficile de faire sans. J’aime bien être sur le terrain. Et c’est un compromis aussi. L’hélicoptère fait partie de l’émission certes. Mais dans le même temps, comme vous le savez, je suis assez écolo. Ça n’enlève rien à l’attention que je prête à mon empreinte carbone.
Trois épisodes inédits ont été tournés, quelle est la suite ?
Effectivement j’ai tourné trois épisodes et comme vous savez, il y a une année blanche. On verra après, quand il sera temps, en 2027, de tourner la suite. C’est assez cohérent avec ce que je fais, entre « Laissez-vous guider », « Secrets d’histoire » et « Le monument ou village préféré ». Le tout se complète bien avec une dynamique de jeu que j’aime bien et qui change de ce que j’ai déjà fait. Pour tout vous dire, je n’aime pas trop être une sorte d’institution. Ce que j’aime, c’est d’être en contact avec les gens. Animer un jeu avec des candidats n’est pas ma spécialité mais en l’occurrence, ce sont des gens passionnés de géographie, d’histoire. Nous avions plein de choses à nous dire.
Quel bilan tirez-vous ?
Honnêtement, c’est une belle expérience. Mais c’est peut-être, avec l’immersion militaire que j’ai faite pour le dispositif du 14 juillet, l’émission la plus épuisante que j’ai faite. Vous êtes autant en stress que les candidats. Et il n’y a pas que ça. Il y a de la fatigue aussi, vous vous levez tôt, vous vous couchez tard. Ça ne s’arrête pas. C’est une émission épuisante, mais géniale à faire.


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