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La cheffe caquiste Christine Fréchette a défendu lundi sa décision de rassembler le Conseil des ministres en pleine campagne électorale.
« Je m’excuserai pas de gouverner quand c’est pour protéger nos entreprises, notre économie, puis nos travailleurs », a-t-elle lancé à Mirabel lundi, à l’approche de l’entrée en vigueur de contre-tarifs canadiens sur des produits importés des États-Unis. « Je suis là pour protéger l’économie, protéger les entreprises, [protéger] les travailleurs — et je ne vais pas le faire en me croisant les bras. Je vais le faire en agissant », a-t-elle poursuivi.
La première ministre et cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ) présidera une séance « spéciale » du Conseil des ministres lundi dès 18h. Un « certain nombre » de « mesures additionnelles » pour appuyer les entreprises québécoises qui ressentent le poids de la guerre tarifaire sera, selon toute vraisemblance, adopté quelques heures avant l’entrée en vigueur prévue des contre-tarifs décidés par le gouvernement Carney après l’échec des négociations entre Ottawa et Washington.
D’ailleurs, Christine Fréchette a indiqué lundi que le gouvernement Carney a, à sa demande, « ajusté le tir » des contre-tarifs de sorte qu’ils ne frappent pas de façon disproportionnée des entreprises québécoises déjà fragilisées par les tarifs américains. « On peut toujours bonifier [la liste des produits américains frappés de droits de douane canadiens] », a-t-elle précisé, tout en promettant de surveiller de près l’impact des nouvelles mesures tarifaires à la frontière canado-américaine dès mardi, minuit. « Il faut trouver le juste équilibre entre qu’est-ce qui fait davantage mal du côté américain que du côté québécois ou canadien », a-t-elle réitéré.
Christine Fréchette craint aussi que le président des États-Unis, Donald Trump, annonce des mesures de représailles à l’encontre du Canada, qui prendraient la forme de nouveaux tarifs sur les produits fabriqués ici, au pays.
Christine Fréchette compte « présenter les mesures » retenues par le gouvernement aux chefs des autres partis politiques — Paul St-Pierre Plamondon (Parti québécois), Charles Milliard (Parti libéral du Québec), Éric Duhaime (Parti conservateur du Québec) et Ruba Ghazal (Québec solidaire) — après la séance spéciale du Conseil des ministres.
L’« épouvantail » Trump
À ses adversaires qui l’accusent d’agiter l’épouvantail du locataire de la Maison-Blanche pour suspendre sa campagne et revêtir ses habits de première ministre à des fins électoralistes, Christine Fréchette réplique : « Ce n’est pas moi qui ai déclenché cette guerre tarifaire-là. Je m’en serais bien passée. Les entreprises s’en seraient bien passées, les travailleurs aussi. Maintenant, comme gouvernement, on a une responsabilité. Comme première ministre, j’ai une responsabilité et je l’assume. »
La cheffe de la Coalition avenir Québec a aussi cherché à dissiper l’impression qu’elle a mis sa campagne électorale sur pause d’ici à la tenue de la séance du Cabinet, prévue en fin de journée. « Bienvenue à cette annonce de campagne électorale présumément suspendue ! » a-t-elle lancé lors d’un arrêt de son autobus de campagne à Mirabel.
Elle y a promis le remboursement partiel des frais de service de garde en milieu scolaire payés par les parents et l’établissement d’un nouveau « supplément pour la rentrée scolaire ». « Vous voyez bien que je suis en action », a-t-elle répété avant de se diriger vers les circonscriptions de L’Assomption puis de Charlesbourg.


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