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Immobilier : pourquoi la baisse des taux à 2,25 % ne suffit pas aux premiers acheteurs

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Le prix de l’immobilier est en baisse dans les villes les plus chères au pays, mais le marché n'est toujours pas favorable aux premiers acheteurs, disent les experts, et il se peut qu'il ne le soit jamais.

Dans un rapport publié la semaine dernière, Services économiques TD anticipent une baisse de 0,3 % des prix de l’immobilier au niveau national, avec des baisses plus importantes en Ontario et en Colombie-Britannique. Une tendance baissière constatée depuis les deux derniers trimestres.

Les taux d’intérêt, qui déterminent les mensualités hypothécaires, sont également en baisse, sans toutefois atteindre les taux prépandémie de la COVID-19.

Le taux d'intérêt de la Banque du Canada, actuellement à 2,25 %, est inférieur de plus de la moitié par rapport au 5 % atteint en 2023. Mais il reste nettement plus élevé qu'en 2019, où il était maintenu à 1,75 %, ou encore au cours de la pandémie, qui l’a vu atteindre un creux historique de 0,25 %.

Pour le professeur Thomas Davidoff, directeur du Centre for Urban Economics and Real Estate de l’Université de Colombie-Britannique, à moins que votre principale préoccupation ne soit l’apport personnel, il n’est pas convaincu que le moment soit idéal pour acheter une maison.

Portrait du professeur Thomas Davidoff.

Le professeur Thomas Davidoff, se dit peu convaincu que le moment soit idéal pour les primo-accédants.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Vos remboursements d’intérêts, qui constituent en quelque sorte le coût économique réel de la propriété en dehors des taxes foncières, sont probablement encore plus élevés qu’auparavant dans la plupart des marchés, estime M. Davidoff, qui ajoute que le marché immobilier n’est pas en très bonne santé.

Des mesures jugées insuffisantes

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a annoncé une suppression temporaire de la taxe de vente harmonisée sur les maisons neuves d’une valeur maximale de un million de dollars. L’abattement sera effectif l’année prochaine et pourrait atteindre 130 000 $ pour les acheteurs éligibles.

Le professeur de finance Andrey Pavlov, de l’université Simon Fraser, doute de l’efficacité de ce type de mesures tant que la hausse des prix dépassera celles des salaires : Nous avons besoin d’une forte croissance des revenus et de prix immobiliers stables. Nous avons vraiment besoin des deux.

Les chiffres de Statistique Canada montrent que le salaire horaire réel médian, corrigé de l'inflation, a augmenté de 20 % entre 1981 et 2024, tandis que les prix des logements, corrigés de l'inflation, ont eux augmenté de 163,5 %. 

Portrait du professeur Andrey Pavlov.

L'évolution récente du marché immobilier ne le rend pas plus abordable, affirme Andrey Pavlov, professeur de finance à l'université Simon Fraser.

Photo : Radio-Canada / Andrew Lee

Cette baisse survient après des années et des années de hausses incessantes qui écrasaient les jeunes, constate Paul Kershaw, professeur de sciences politiques à l'Université de la Colombie-Britannique. Ces changements sont encore loin d'être suffisants, selon lui, et la situation ne s'améliorera pas de sitôt.

Il n'y aura pas de moment propice pour entrer sur le marché immobilier pour la génération Z ou les millénariaux qui ne sont pas encore propriétaires, en comparaison avec les normes historiques en vigueur il n'y a pas si longtemps, ce que j'ai payé en tant que membre de la génération X ou ce qu'un baby-boomer a payé, par rapport à nos revenus, prévient le professeur Kershaw, également fondateur de Generation Squeeze, un groupe de réflexion qui milite pour l'équité intergénérationnelle.

Ces normes ont disparu et elles ne reviendront pas.

L'indice national d'accessibilité au logement de la RBC, qui mesure la part du revenu médian des ménages avant impôts nécessaire pour couvrir le coût d'une maison moyenne, a ralenti pour le huitième trimestre consécutif. Il est passé à 52,4 % au quatrième trimestre 2025, après avoir atteint un sommet historique de 63 % à la fin de 2023. Des pourcentages faibles signifient une meilleure accessibilité.

Malgré cette embellie, l’accès à la propriété reste historiquement inabordable. En 2015, alors que l’expression crise du logement faisait déjà partie du discours ambiant au Canada, le taux se situait autour de 41 %. 

Et tandis que Toronto et Vancouver ont connu une baisse générale des prix, la RBC indique que Montréal, Québec, Edmonton, Calgary et Winnipeg ont connu des détériorations successives de l’accessibilité. 

Avec les informations de Kevin Maimann de CBC

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