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"Briser le climat de peur et de terreur imposé par le régime et préparer le terrain pour un nouveau soulèvement visant à renverser le régime des mollahs". C'est ainsi que les 'Unités de résistance en Iran' définissent leur mission. Entre les grandes vagues de protestation populaires au pays, elles organisent des opérations clandestines, oscillant entre communication publique et raids contre les institutions et symboles de la répression.
Ces 'unités de résistance en Iran', décentralisées, sont liées à l'Organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI). Au mois de septembre, des affiches faisant la propagande du régime et du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) ont ainsi été brûlées, tandis que des banderoles délivrant des messages politiques comme "La monarchie et le régime des mollahs : cent ans de crimes" ont été brandies. En parallèle, des sites sécuritaires et "des centres de répression déguisés en séminaires religieux" ont aussi été visés, devenant la cible d'explosions et d'attaques au cocktail molotov.
Certaines de ces actions ont été menées pour commémorer "les martyrs du soulèvement national de 2022" et dénoncer les nombreuses exécutions d'opposants en Iran, qui concernent notamment les Moudjahidines.
Les Moudjahidine du Peuple manquent de soutien populaire en Iran
Après la révolution islamique de 1979, les figures majeures de l'OMPI - fondé une dizaine d'années plus tôt en opposition au gouvernement du Shah - ont quitté l'Iran pour la France, où est né le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) en 1981, avec l'objectif d'établir un "parlement en exil". Cinq ans plus tard, Maryam Rajavi - l'actuelle présidente du CNRI - et consorts ont migré vers l'Irak, soutenant Saddam Hussein dans sa guerre contre l'Iran, avant de finalement s'établir en Albanie en 2013, grâce au soutien diplomatique et financier du gouvernement américain.
"Leurs actions ne suffisent pas pour prendre le pouvoir, car la population iranienne ne les soutient pas, et qu'on ne renversera pas le régime iranien depuis l'étranger."
"Leurs actions ne suffisent pas pour prendre le pouvoir, car la population iranienne ne les soutient pas, et qu'on ne renversera pas le régime iranien depuis l'étranger. La société iranienne a beaucoup changé, alors que les Moudjahidines sont restés bloqués dans les années 1970", estime Azadeh Kian, professeure émérite de sociologie à l'Université Paris Cité, qui travaille sur les dynamiques politiques et les mouvements sociaux en Iran.
La résistance iranienne en ordre de bataille à Bruxelles : "Nous voulons mettre le peuple iranien au centre des enjeux"La population iranienne, nationaliste, n'aurait pas digéré le soutien de l'OMPI à l'Irak, pendant le conflit entre les deux pays de 1980 à 1988. Toujours est-il que l'OMPI - qui dispose de plusieurs milliers de membres à travers le monde - incarnerait l'une des principales forces d'opposition à la République islamique, qui la considère comme une organisation terroriste. En 2009, l'Union européenne a cessé de considérer les Moudjahidines du Peuple de la sorte, avant que les Etats-Unis ne lui emboitent le pas en 2012.
De nombreux soutiens à la résistance iranienne sur la scène internationale
Sur la scène l'internationale, l'OMPI bénéficie, via la vitrine politique du CNRI, d'un large soutien. Le 22 septembre dernier, l'ancien lieutenant général Keith Kellogg, qui fut envoyé spécial du président des États-Unis pour l'Ukraine en 2025, a été invité à prononcer un discours par le CNRI, à New York, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies.
Avant lui, de nombreuses personnalités politiques ont apporté leur soutien au mouvement d'opposition au régime iranien : Ingrid Betancourt (figure franco-colombienne longtemps otage des Farcs), Bernard Kouchner (ancien ministre français des Affaires étrangères), Rudy Giuliani (ex-maire de New York) ou encore Mike Pompeo (ancien secrétaire d'État américain).
"Encore aujourd'hui, les Moudjahidines attirent dans leurs rangs des ultraconservateurs américains."
Des invités de marque qui toucheraient une enveloppe plutôt épaisse - jusqu'à 50 000 euros selon une source - pour afficher leur soutien au mouvement de résistance iranien. L'OMPI disposerait d'une manne financière importante, garnie par l'Irak, les Etats-Unis, Israël et l'Arabie saoudite notamment.
"Encore aujourd'hui, les Moudjahidines attirent dans leurs rangs des ultraconservateurs américains, même si je ne constate pas de signe d'un soutien actif du côté de l'administration Trump", explique Azadeh Kian. Pour les pays occidentaux, l'OMPI représente un moyen de pression sur le régime des mollahs. En retour, l'organisation assure leur fournir des renseignements sur le programme nucléaire gouvernemental.
Iran : effacer les traces du passé pour mieux répéter l'horreurBien que soutenue de par le monde, l'OMPI continue de susciter la polémique, accusée de retenir ses membres contre leur gré et de commettre des actes de torture. "Si vous n'êtes pas d'accord avec eux, vous êtes un ennemi. Ils fonctionnent comme une secte : leurs femmes portent toujours le voile, à rebours du mouvement d'émancipation en cours au pays", commente un fin connaisseur de l'organisation, qui souhaite rester anonyme. "Et puis, ils prétendent vouloir apporter la démocratie en Iran. Mais quand on observe leur fonctionnement interne, on est en droit de se poser des questions, alors qu'il est très difficile de quitter le mouvement...".
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