Au bar de Bongo Joe, un vers du poète mystique persan Djalâl ad-Dîn Rûmî semble s’être échappé d’un des bacs de vinyles: «Quand je fais silence, je tombe dans cet endroit où tout est musique.» Au milieu du Rhône, l’échoppe flotte fièrement comme un sanctuaire aux milliers de disques dressés contre notre monde à la dérive. Dans la lumière traversante du bar, à l’ombre d’une affiche qui conchie le G7, Hossein Rad a posé notre rendez-vous. Un lieu d’indépendance et de liberté à l’image du parcours de ce musicien-chercheur.
En 2022, dans l’église Saint-Michel à Fribourg, on était suspendue aux sonorités du quatuor Rokh, réuni par Hossein Rad. Multi-instrumentiste et fin connaisseur des répertoires classiques et populaires persans, il y chantait sans fléchir les ardeurs d’un poème d’Hâfez: «Le jardinier doit apprendre à aimer les épines de la séparation s’il désire, comme l’oiseau chanteur, la compagnie des roses.»


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