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Certaines Premières Nations de la Saskatchewan organiseront des séances d'information sur les demandes d'indemnisation dans le cadre du règlement fédéral sur ce qu'on appelait les hôpitaux pour Indiens.
Une avocate de la Première Nation Keeseekoose affirme que le fait de devoir revivre cette expérience peut être difficile et qu'elle souhaite apporter son aide.
C'est un processus qui nécessite beaucoup de délicatesse, et je crains que le soutien mis en place ne soit pas suffisant, a déclaré Mary Culbertson.
Mme Culbertson, du cabinet Thunder Hill Law, explique qu'elle aide les gens dans leurs démarches de réclamation parce qu'elle veut s'assurer qu'aucun autre préjudice ne leur soit causé.
Environ 33 hôpitaux pour Indiens fédéraux ont fonctionné entre 1936 et 1981. En vertu d'un accord approuvé par le tribunal en juin 2025, les personnes qui ont subi des préjudices dans ces hôpitaux peuvent prétendre à une indemnisation.
En Saskatchewan, l'hôpital pour Indiens de Fort Qu'Appelle a fonctionné de 1936 à 1981 et celui de North Battleford, de 1949 à 1977.
Mary Culbertson organise cette semaine une séance d'information à Keeseekoose pour parler de l'accord, des barèmes d'indemnisation et du processus de réclamation.
Elle a déjà aidé des personnes à présenter des demandes d'indemnisation dans le cadre du processus d'évaluation indépendant du règlement relatif aux pensionnats pour Autochtones et a dit avoir constaté de ses propres yeux à quel point ce processus était horrible, soumettant les survivants à des audiences traumatisantes.
Ce processus de demande d'indemnisation ne nécessite que des formalités administratives, mais Mme Culbertson a indiqué que les demandeurs devaient prendre leur temps pour remplir les formulaires afin de s'assurer qu'ils mentionnent les dates correctes et de laisser le temps à leurs souvenirs de refaire surface.
L’avocate a ajouté qu'elle savait qu'il y avait une certaine confusion entre les différents hôpitaux, sanatoriums et pensionnats, et que les patients étaient transférés d'un établissement à l'autre.
Malheureusement, notre peuple a beaucoup souffert de ces systèmes, y compris des soins de santé, et nous en souffrons encore aujourd'hui, a-t-elle souligné.

L'hôpital pour Indiens de North Battleford était l'un des deux établissements de ce genre en Saskatchewan. Il a fonctionné de 1949 à 1977.
Photo : Archives provinciales de la Saskatchewan
Laurie Meijer Drees, professeure retraitée d'études autochtones à l'université de Vancouver Island, a écrit un livre intitulé Histoires de guérison : récits des hôpitaux indiens du Canada.
Ses recherches lui avaient permis de mettre en évidence deux problèmes majeurs dans les hôpitaux : l'absence de consentement éclairé et la disparition apparente de certains patients.
Beaucoup de gens étaient très jeunes, d'autres ne parlaient pas anglais et n'étaient peut-être pas conscients de toutes les communications qui leur auraient permis de savoir où ils se trouvaient et ce qui leur était fait, a noté Mme Meijer Drees.
Elle a expliqué qu'il était difficile d'accéder aux dossiers des hôpitaux, ce qui pourrait compliquer la tâche des demandeurs dans le cadre de cette procédure.
À ce jour, cela reste une source d'inquiétude et de réflexion pour moi : nous ne progressons pas beaucoup dans l'identification de ce qui s'est passé dans ces hôpitaux et il semble y avoir de nombreux obstacles, a souligné Mme Meijer Drees.
Dans un communiqué de presse publié mardi, le grand chef Jerry Daniels, de l'Organisation des chefs du sud du Manitoba (SCO), a indiqué que même si certains peuvent se sentir mal à l'aise à l'idée de quantifier le préjudice subi à l'aide de montants monétaires fixes, il souhaite que toutes les personnes concernées déposent une demande.
La SCO a fait savoir que son équipe chargée du projet de recherche sur les pensionnats pour Autochtones était disponible pour aider les citoyens concernés à remplir leur demande d'indemnisation.
Les demandes peuvent être soumises jusqu'au 27 juillet 2028.
D’après un texte de Louise BigEagle


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