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Hommage au général Christian Piquemal

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« Puisque je suis l’un d’eux, je ne renierai jamais les miens quoi qu’ils fassent. Je ne parlerai jamais contre eux devant autrui. S’il est possible de prendre leur défense, je les défendrai. S’ils sont couverts de honte, j’enfermerai cette honte dans mon cœur… Quoi que je pense alors sur eux, je ne servirai jamais de témoin à charge… » (Antoine de Saint-Exupéry ; « pilote de guerre »).

Pourquoi ce texte d’Antoine de Saint-Exupéry en entête de mon article du jour ?
Pour parler d’un homme que j’ai (un peu) connu, et avec lequel j’ai parfois eu des échanges assez houleux mais auquel je voue un profond respect. Cet article est une sorte de contre-feu envers les gens qui vont immanquablement, dans les jours qui viennent, tenter de salir sa mémoire au motif qu’il affichait parfois un patriotisme exacerbé que beaucoup qualifiaient d’extrémisme.

Je rentrais, hier, de deux cérémonies organisées par l’Union Nationale des Parachutistes – section de Charente-Maritime – en hommage à deux paras français, l’un tué, l’autre gravement blessé, lors de l’attentat du Drakkar à Beyrouth le 23 octobre 1983 ; cérémonies présidées par Erik Rondeau, président de notre section et par le général Jean-Claude Cardinal qui commandait le 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes au moment de l’attentat. Deux cérémonies émouvantes en présence d’une sénatrice, de la sous-préfète de Saint-Jean d’Angely et des maires de Nantillé et de Sainte-Même. À peine arrivé chez moi, j’apprenais le décès du général Christian Piquemal qui fut pendant dix ans le président de l’Union Nationale des Parachutistes.

Je suis mal placé pour parler de lui, n’ayant jamais servi sous ses ordres. D’autres le feront mieux que moi. Ils parleront de son parcours militaire exemplaire, de ses qualités de chefs, de son attachement à la Légion Étrangère et aux paras… Pour ma part, aujourd’hui, j’ai envie de dire un mot du civil, du citoyen libre, de l’homme aux convictions fortes. Pour ce faire, je reprendrai un article écrit au lendemain de la manifestation de Calais, le 6 février 2016, où le général, venu manifester en civil, comme un simple citoyen, avait été malmené par les forces de l’ordre, traité comme un paria et lâché ensuite par la majorité des officiers généraux ou supérieurs, à quelques exceptions près !

À l’époque, j’avais écrit un article au vitriol, intitulé « Soutien total au général Piquemal », publié sur plusieurs sites et blogs militaires et/ou patriotes. Cet article avait en entête la citation de Saint-Exupéry que j’invitais les militaires à méditer. Et j’écrivais ceci :
« … Rodée à une obéissance quasi moutonnière, la « base » manifeste rarement sa grogne ou sa colère. On nous a appris à obéir et à « la fermer » mais ceci ne saurait refreiner, chez les hommes libres que nous sommes, une juste colère et une indignation ô combien légitime. »

1) Indignation devant la réaction de ce président d’association qui, dès le 6 février au soir, écrivait : « … Je condamne fermement ces agissements qui non seulement ne sauraient nous concerner mais portent atteinte à la réputation des parachutistes et nuisent gravement à nos associations… ».
Le général Piquemal n’est ni Bonaparte, ni Franco, ni Salan (ou Jouhaud, Challe ou Zeller), ni Pinochet. C’est un citoyen libre qui, vêtu en civil et sans se prévaloir de son passé militaire, est allé manifester contre l’invasion d’un bout de notre territoire national par des migrants allogènes. C’est son droit le plus strict ! Sa prise de position courageuse ne porte pas atteinte à la réputation des parachutistes, au contraire elle l’honore. Le geste peut passer pour un emballement de sous-lieutenant, il est pathétique, sans doute inutile, mais il force le respect !

2) Indignation devant le lâchage ou le lynchage de pseudo–frères d’arme qui se sont répandus dans la presse pour condamner leur camarade et complaire ainsi au pouvoir. Ceci s’appelle « tirer sur une ambulance ». Ce n’est pas glorieux ! C’est même carrément dégueulasse !

3) Indignation devant les plaidoyers « à charge » qui circulent sur Internet : certains ont vu dans le général un affreux fasciste, d’autres un homme de gauche, en rappelant son passé au cabinet de Michel Rocard, puis de Pierre Bérégovoy (ou d’Édith Cresson ?). Accusation aussi fielleuse que sournoise. Oserait-on reprocher à son successeur d’avoir été l’aide de camp de François Mitterrand de 1991 à 1994 ? Mais « Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage ».

D’autres, enfin, ont vu dans sa démarche celle d’un « catholique intégriste ». Ainsi, dans ce pays – NOTRE pays – de culture judéo-chrétienne, c’est devenu une tare d’être catholique ? La sacro-sainte laïcité républicaine nous ferait-elle perdre les pédales ?

4) Indignation enfin devant tous ces « patriotes » en peau de lapin, imprégnés des « valeurs républicaines », qui osent contester au général son « droit à la résistance ». Que je sache, le « droit de résistance à l’oppression » a été prôné dans la Constitution de 1793, où il occupe quatre articles (27, 33, 34 et 35), qui précisent sa forme et son étendue. Même lorsque cette oppression n’atteint qu’un seul individu, la résistance est encouragée.
La déclaration des droits de l’homme reconnaît l’insurrection populaire contre un pouvoir oppressif, tyrannique et, despotique comme un devoir. L’article le plus cité sur ce sujet est le 35e et dernier : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs… ».

Le général Piquemal a fait ce que sa conscience lui dictait ; il a fait ce qu’il pensait être son devoir, avec dignité et courage ; il a fait… ce que certains pensent sans jamais oser le faire… »
Précisons, avant de conclure, que j’ai rencontré le général Piquemal pour la première fois il y a plus de quinze ans, pour la Saint Michel à Paris, dans la cour des Invalides, quand il m’a décoré du mérite UNP. Lorsqu’il présidait notre association, je n’étais pas de ses zélateurs, pas un « godillot » de sa garde rapprochée, j’ai même été parfois un opposant quand il tentait de se maintenir à la tête de l’UNP après trois mandatures de trois ans. On ne peut donc pas me taxer de parti pris partisan.

Si je devais lui faire un reproche, c’est d’avoir mis longtemps à découvrir que l’« apolitisme » – tant prôné par nos associations – est une fausse barbe qui justifie l’immobilisme. Les associations de gauche n’ont pas ces pudeurs de rosière. Or dans un pays de traditions, majoritairement de droite, nous subissons, depuis plus de 40 ans, une gauche – assumée ou larvée – qui aura contribué à tuer la nation avec ses « avancées sociétales », façon polie pour qualifier la dégénérescence des mœurs, une fiscalité confiscatoire qui assomme surtout les classes moyennes, une immigration incontrôlée et une tolérance coupable à l’égard de la racaille allogène. La France éternelle est en train de disparaître.

Quand nos grands anciens ont franchi le Rubicon, le 21 avril 1961, à Alger, c’était un geste éminemment politique. On peut toujours s’arrêter au bord du Rubicon pour y pêcher à la ligne, c’est moins risqué ! Comme disait Charles Maurras « tout est politique », seuls les larves et les soliveaux ne font pas de politique. « L’amour de la France » peut s’appeler patriotisme cocardier, chauvinisme, ou nationalisme, mais le fait de défendre sa patrie (par les armes, le verbe, la plume, ou encore en manifestant) reste un acte politique. Alors arrêtons cette hypocrisie et cette fausse neutralité : notre civilisation est en danger de mort ; il faut oser le dire haut et fort.
C’est ce qu’a fait le général Piquemal sur le tard ; qu’il en soit remercié et félicité !

J’ai rencontré le général Piquemal pour Camerone, à Aubagne, en 2018, puis en mai 2026, lors du Salon du Livre de « Place d’Armes » à Laure-Minervois. Je lisais ses articles et il lisait les miens. Il y a quelques mois, il m’avait félicité au sujet d’un article dans lequel je dénonçais le rôle néfaste de la franc-maçonnerie dans l’Armée. Il a terminé sa brillante carrière comme général de Corps d’Armée sans être franc-maçon. Je ne suis pas persuadé qu’ils soient très nombreux dans ce cas !

Le général Piquemal « a rejoint l’Archange » Saint Michel, le saint patron des paras. Que ce dernier le conduise au paradis des hommes libres.
Mes respects mon général ! Si beaucoup de vos condisciples galonnés ou étoilés vous ont lamentablement lâché après l’affaire de Calais, ceux qui ont porté le béret rouge ou vert à un niveau plus subalterne ne vous oublieront pas.

Éric de Verdelhan

Rappel des suites de l’affaire de Calais (article publié dans « Le Figaro » en 2016) :
« … Le général Christian Piquemal, qui avait participé à une manifestation non autorisée à Calais le 6 février dernier, a été radié des cadres. Cette mesure disciplinaire très forte intervient comme une surprise, d’autant que la justice l’avait finalement relaxé le 26 mai ».

Le général était poursuivi pour « organisation d’une manifestation non autorisée ». Depuis sa relaxe, il s’estimait totalement blanchi, le parquet n’ayant pas fait appel de ce jugement.
Mais une procédure disciplinaire, lancée par le ministre de la Défense, vient d’aboutir à sa radiation des cadres. Le général avait été entendu le 14 juin par le Conseil Supérieur de l’Armée de Terre (CSAT). L’instance avait transmis son avis consultatif – non communiqué au général ni à ses deux avocats – au ministère de la Défense, et la radiation avait ensuite été prise par un décret du 23 août. « Profondément indigné par cette décision injuste et injustifiée, excessive et disproportionnée », réagit-il. Le général entreprend aujourd’hui un recours devant le Conseil d’État, « avant d’aller devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme, si besoin… Cette sanction est un hiatus, une anomalie grave, en totale contradiction avec ma relaxe » se scandalise-t-il. « C’est le désaveu du pouvoir judiciaire par le pouvoir administratif, cela bouleverse la hiérarchie des normes juridictionnelles, c’est tout simplement du jamais-vu ! ». Pour ce « serviteur de l’État », la sanction a des conséquences particulièrement « humiliantes et vexatoires ». Si son grade ne peut lui être retiré, le port de son uniforme lui est en revanche interdit, tout comme sa carte d’identité militaire – en principe accordée à vie. Voici donc revenu le temps des « juridictions d’exception » de la Libération qui condamnaient à l’« indignité nationale » des gens suspectés de sympathies pour le régime de Vichy… »

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