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CHRONIQUE - Son essai Antigone reine convoque un panthéon impressionnant des Grecs anciens à Virginia Woolf, en passant par Toni Morrison et Jean Rhys.
Lolita Pille aurait peut-être dû commencer par là. Débarquer à 19 ans avec Hell en 2002 était d’une arrogance insupportable. Surtout avec un tel succès : 200 000 exemplaires. Vingt-quatre ans plus tard, la voilà de retour avec un essai de 400 pages, Antigone reine, comme si elle voulait enfin passer le doctorat de lettres qu’elle n’a jamais eu.
Sa fêlure à elle est plus punk que celle de Charlotte Casiraghi, mais part du même postulat : vous croyez me connaître mais vous ne savez rien de ce que je suis. Lolita Pille n’a jamais été prise au sérieux alors elle balance tout. Cette adolescente violée est une descendante de la guerre d’Indochine, une Vietnamienne bretonne qui fut triplement victime : des hommes, des racistes et des médias. La triple peine de la triple haine.
L’amour et la fiction comme planches de salut
« Je suis devenue poétesse à 27 ans », écrit-elle. De pétasse à poétesse, il n’y a qu’un pas qu’elle a pourtant mis vingt ans à oser franchir. Au lieu de mourir comme Amy Winehouse, Lolita raconte sa malédiction…


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