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Cet article fait mention de violences sexuelles et conjugales.
L'année 2026 a été pour le moins mouvementée pour la famille royale norvégienne. À quelques jours de l'ouverture du procès de Marius Borg Høiby, sa mère Mette-Marit (épouse du prince héritier, aujourd'hui couronné) était citée plus d'un millier de fois dans les dossiers Epstein, mis en ligne par le département de la justice étasunienne. Se défendant très faiblement, misant sur un manque de discernement, elle s'était ensuite effacée pour laisser débuter le procès de son fils aîné, né d'une union avec un précédent compagnon qui n'est pas le roi Haakon.
Mais patatras, toute la communication officielle s'est une nouvelle fois retrouvée mise à mal quand Marius a été arrêté la veille de son procès, pour «agression, menace à l'arme blanche et violation d'une ordonnance de protection» énumèrent nos confrères de Point de Vue. Le 3 février 2026, tandis que l'audience de plusieurs semaines débutait, Marius dormait déjà en prison.
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Un procès suivi, commenté, mais déjà oublié?
Rappel des faits. En 2024, Marius Borg Høiby, alors âgé de 27 ans, est arrêté. Non pas à Skaugum, la résidence principale du futur roi de Norvège Haakon (son beau-père) et de sa mère, mais à quelques centaines de mètres. En effet, les journaux norvégiens relatent que la reine avait été prévenue en amont par ses services de sécurité de l'arrestation de son fils, il avait alors quitté la demeure royale avant d'être interrogé par la police. Les autorités voulaient l'entendre quant à des faits de violence sur sa compagne de l'époque, datant d'août 2024.
Au fil de l'enquête et des révélations via les réseaux sociaux ou dans la presse, d'anciennes compagnes se manifestent pour dénoncer des violences physiques ou psychologiques commises par Marius. La police découvre par ailleurs dans le téléphone du suspect des vidéos de relations sexuelles sur lesquelles certaines jeunes femmes semblent endormies, «inconsciente[s] ou incapable[s] pour d'autres raisons de s'opposer à cet acte» cite notre consoeur de Madame Figaro. Il sera inculpé de 38 chefs d'inculpation, depuis la possession de drogue et la conduite sans permis, jusqu'à des crimes; violence conjugale sur une douzaine de femmes et des viols sur quatre autres.
Au cours de l'audience, suivie par de nombreux médias pour beaucoup étrangers, aucun membre de la famille royale ne fait le déplacement. Au contraire, le futur roi Haakon VIII se fend même d'un communiqué rappelant que son beau-fils, ne porte aucun titre officiel. Contrairement à la médiatique famille royale britannique, où chaque enfant du souverain ou de la souveraine hérite d'un titre de nobilité, la Norvège ne se fend pas de ce genre de considérations.
Seule la princesse héritière Ingrid Alexandra répond à des obligations en raison de son rang, nous précise Christoffer, monarchiste et créateur du compte Instagram The Royal Scandinavian: «Il n'a pas de titre et n'est pas membre de la famille royale. Il leur est seulement lié d'un point de vue privé, on le retrouve simplement sur les photographies de la famille royale en tant que foyer.» Une distinction précieuse dans le cadre de la constitution norvégienne, puisque les membres de la famille royale (à savoir princes et princesses) ne sont justifiables que du roi; ce qui leur octroie une sorte d'immunité dont Marius est privé. Il lui rendra néanmoins visite en prison, au tout début de son procès, une première pour un membre de la famille royale.
Comme ligne de défense et face à des témoignages de victimes émues aux vécus très similaires, Marius et ses avocats jouent la carte du golden boy déchu. Mal-aimé, surexposé, épié dès son plus jeune âge, il raconte être tombé dans le sexe, la fête et l'alcool par un besoin de reconnaissance, pour ne plus être connu seulement comme «le fils de» sa royale mère. Poussant la victimisation jusqu'au bout, il argue: «Je ne suis plus Marius, je suis un monstre. Je suis l'objet de haine de toute la Norvège», peut-on lire dans le journal norvégien Dagbladet, ici traduit.
«Ce qui me fait peur, ajoute Luisa auprès de Slate, c'est qu'il semble continuer de croire qu'il est innocent. Il ne veut absolument pas comprendre que ce qu'il a fait est grave et je pense que c'est un gros problème.» L'allemande, fan du gotha et créatrice du compte Instagram Royal Women of Europe, s'inquiète également du rôle d'Haakon et de Mette-Marit dans son éducation. Comme elle, la question de la position du couple royal face aux actions de Marius interroge. En guise d'exemple, si le roi a reconnu la gravité des faits, il n'a jamais apposé le mot de victime aux plaignantes. Une minimisation supplémentaire.
À l'issue des sept semaines d'audience, auxquelles il assiste à la fin depuis sa cellule pour «raisons de santé», Marius est condamné le 15 juin 2026 à 4 ans de prison ferme pour deux des quatre viols pour lesquels il était inculpé, mais aussi pour «des violences répétées contre une ancienne compagne, des menaces et des infractions routières». Depuis le 14 juillet, il purge sa peine sous forme d'emprisonnement à domicile avec un bracelet électronique, au sein du domaine de Skaugum à 20 km d'Oslo.
L'adieu au roi
Voilà pour la saga judiciaire. En attendant son procès en appel qui devrait avoir lieu en février 2027, Marius Borg Høiby se faisait plutôt discret. C'était sans compter le décès du roi Harald V, dirigeant de la Norvège depuis 1991, survenu le 28 août dernier. Comme le veut la constitution norvégienne, son fils aîné, Haakon, est devenu de fait le nouveau roi le jour-même, nous rappelle Christoffer. S'en sont suivies les célébrations d'usage pour rendre hommage au défunt roi: vigie, déplacement du cercueil jusqu'à la chapelle du palais royal, puis enterrement le 9 septembre. Évènement mondain s'il en est, puisque bon nombre des têtes couronnées européennes étaient présentes pour rendre hommage à un cousin plus ou moins éloigné, comme le rappelle le spécialiste Stéphane Bern dans Paris Match.
Mais quelle ne fut pas la surprise de Luisa en apercevant Marius Borg Høiby au deuxième rang de l'église, juste derrière le couple royal et la princesse héritière et son jeune frère Sverre Magnus: «Je n'en croyais pas mes yeux, c'est une blague!» se remémore Luisa du compte Royal Women of Europe. Comme elle, de nombreux médias pointent la présence du condamné (en attendant son appel), sous bracelet électronique à cet évènement très médiatisé. Pire, quelques jours plus tôt, Marius se joignait aux enfants et petits-enfants du roi comme porteurs du cercueil royal. «Je pense que c'est une affirmation pour la famille royale, elle se positionne du côté de Marius. C'est compréhensible d'un point de vue familial, mais plus compliqué du côté de la royauté et de leurs devoirs», décrypte Luisa.
Tâches sur la réputation de la nouvelle reine
Sur les réseaux sociaux, les amateurs de têtes couronnées déplorent cette mise en lumière de celui qui entache la famille royale norvégienne, jusqu'ici considérée comme «parfaite». Parfaite, vraiment? En février, des sondages dans les journaux norvégiens reflétaient que moins de 35% des personnes interrogées se montraient favorables à l'arrivée sur le trône de Mette-Marit; et après les révélations de l'affaire Epstein, seulement 53% des interrogé·es se disaient favorables à la monarchie dans son ensemble, le score le plus bas jamais enregistré.
Depuis, la côte est quelque peu remontée suite aux inquiétudes des Norvégien·nes quant à la santé de la reine –elle a subi une greffe pulmonaire en juin– mais l'on peut déjà imaginer que cette popularité pourrait pâtir du procès en appel de Marius qui devrait avoir lieu d'ici quelques mois. Des journalistes et citoyen·nes s'inquiètent d'une possible frilosité de la justice dans cette affaire. Les juges siégeant à la Cour Suprême sont invités une fois par an au Palais Royal, une invitation qui n'est pas, en soi, une ingérence, mais qui ne clarifie pas une situation déjà trouble. Car, si Marius était le fils de la princesse héritière lors de sa précédente audience, il est aujourd'hui celui de la reine consort. Même si le palais reste une fois encore en retrait de cet appel, il est très probable que ce dernier attirera de nouveau la presse du monde entier.
Notre journaliste a utilisé un outil d'intelligence artificielle pour traduire le norvégien. L’article a été intégralement pensé et écrit par ses soins.





























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