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Des chercheurs de l’University of Strathclyde et de Durham University ont proposé la première méthode de détection de la « vie miroir », une forme hypothétique de biologie synthétique construite à partir de molécules inversées, afin de parer à des risques biologiques potentiels avant même que de tels organismes n’apparaissent.
L’hypothèse d’une biochimie inversée n’a rien de nouveau pour les exobiologistes, mais l’urgence d’anticiper son existence concrète vient de franchir une étape inédite. Une équipe conjointe de scientifiques a publié dans la revue Royal Society Open Science une stratégie de dépistage novatrice pour identifier de potentiels bio-risques. L’enjeu technique réside dans la nature même de ces structures : alors que le vivant terrestre privilégie des molécules dotées d’une orientation spécifique — des acides aminés lévogyres et des sucres dextrogyres —, une entité synthétique inversée échapperait aux défenses immunitaires de notre planète, selon les travaux menés par l’University of Strathclyde et Durham University.
La menace invisible de la chiralité inversée
La chiralité, ou la propriété géométrique de « main droite » et de « main gauche » des molécules, détermine la compatibilité du vivant. Puisque l’évolution terrestre s’est figée sur un seul sens, les organismes actuels ne disposent d’aucun mécanisme pour interagir ou lutter contre des agents pathogènes inversés. Les experts redoutent ainsi des conséquences dramatiques pour les écosystèmes et la santé humaine.
Photo : dur.ac.ukComme le précise le rapport technique sur les bactéries miroirs concernant leur faisabilité et leurs risques via Thedebrief, « Sans une prédation efficace et une augmentation concomitante du nombre de prédateurs, les populations de bactéries miroirs pourraient potentiellement atteindre des densités très élevées, avec des conséquences extraordinairement dommageables pour l’environnement, l’agriculture et le bien-être humain. »
L’inquiétude ne relève pas de la science-fiction pure. Dans le même sens, le professeur Gregory Winter, biologiste moléculaire à l’University of Cambridge et lauréat du prix Nobel en 2018 pour ses travaux sur les anticorps, a averti que des colonies de bactéries miroirs introduites dans le sang humain pourraient obstruer les vaisseaux sanguins et provoquer des accidents vasculaires cérébraux ou des infections incurables, d’après ses déclarations au Daily Mail.
Le recours à la luminescence polarisée circulaire
Pour contrer ce danger théorique sans avoir à fabriquer les organismes eux-mêmes, les chercheurs ont imaginé un système fondé sur l’optique. Dirigée par le Dr Lewis MacKenzie, de l’University of Strathclyde, et le professeur Robert Pal, de Durham University, l’équipe propose d’utiliser des sondes fluorescentes qui se fixent sur des structures cellulaires précises afin d’émettre de la lumière sous forme de luminescence polarisée circulaire (CPL).
D’après le professeur Pal, de l’University of Durham, rapporté par Mirage News, « La détection de la CPL repose sur le même concept fondamental qui permet aux lunettes de cinéma 3D modernes de créer une image stéréoscopique. »
Photo : lifetechnology.comCette signature lumineuse fonctionne comme une empreinte moléculaire unique. Plutôt que de s’en remettre à une seule mesure qui risquerait de générer de fausses alertes, la méthode combine plusieurs sondes ciblant différents composants cellulaires. L’avantage majeur de ce dispositif est qu’il peut être testé et affiné exclusivement sur des échantillons biologiques terrestres ordinaires, éliminant tout besoin de manipuler des agents synthétiques dangereux au laboratoire, comme l’a indiqué Mirage News.
Le contexte réglementaire et les alertes de la communauté scientifique
L’alerte internationale ne date pas d’hier. Dès 2024, un groupe de trente-huit chercheurs de premier plan à travers le monde avait déjà publié un avertissement urgent demandant un moratoire sur les recherches susceptibles d’aboutir à la création de telles formes de vie létales, selon le Daily Mail. Les implications de ces travaux de biologie synthétique ont depuis attiré l’attention d’instances telles que le Government Office for Science du Royaume-Uni et le Scientific Advisory Board du Secrétaire général des Nations Unies, d’après les précisions rapportées par Mirage News.
Photo : thedebrief.orgDr Vaughn Cooper, microbiologiste à l’University of Pittsburgh et co-auteur de l’étude, a résumé l’état d’esprit de l’équipe de recherche en soulignant que le jeu n’en vaut pas la chandelle : bien que la biologie synthétique offre des promesses considérables, la fabrication d’une bactérie miroir comporte des risques disproportionnés. Pour l’instant, la construction de telles cellules demeure hors de portée de la science moderne et s’avérerait extrêmement coûteuse, les experts estimant qu’une décennie au moins sépare la communauté de cette éventualité, à moins que les progrès rapides de l’intelligence artificielle ne viennent accélérer ce calendrier, rapporte le Daily Mail.
Perspectives de démonstration en laboratoire
L’équipe dispose déjà d’une partie du matériel nécessaire, notamment des microscopes, des caméras spécialisées et des lecteurs de plaques cellulaires adaptés à la technologie CPL, d’après les informations relayées par Mirage News. Le Dr Lewis MacKenzie a indiqué que l’obtention de financements supplémentaires permettrait de démontrer l’efficacité de l’approche d’ici environ une année de recherche intensive, selon les précisions recueillies par le Daily Mail.


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