Qui ose encore répondre à un appel lorsqu’il ne connaît pas le correspondant? Depuis des mois, nous sommes harcelés jour et nuit par des appels indésirables. Parfois, les ficelles sont très grosses, puisque l’on entend un message préenregistré, en anglais, émanant soi-disant d’autorités fédérales. Parfois, c’est plus subtil, puisqu’il peut s’agir de faux banquiers, de courtiers virtuels en assurance ou encore de faux employés de ce fameux support de Microsoft, une arnaque qui perdure quasiment depuis des décennies. Ces attaques ont des conséquences bien réelles, avec des victimes qui perdent régulièrement des dizaines de milliers de francs, voire davantage, pour avoir accordé trop de confiance à leurs interlocuteurs.
Les pirates sont persévérants, mais les défenses progressent. «Les opérateurs télécoms filtrent déjà une très grande partie des appels frauduleux. Mais il suffit que quelques appels passent entre les mailles du filet pour faire de nombreuses victimes. Depuis le 1er juillet, la Suisse a renforcé sa lutte contre le spoofing téléphonique, c’est-à-dire l’usurpation de numéros suisses», estime Sandy Lavorel, spécialiste de la lutte contre la fraude au sein de Vyntra, une société vaudoise active dans la détection des crimes financiers et basée à Yverdon. Il poursuit: «Concrètement, les criminels auront désormais beaucoup plus de difficultés à faire apparaître un faux numéro mobile suisse sur votre téléphone. Certains appels frauduleux s’afficheront désormais comme «Numéro inconnu» ou «Anonyme». Cette évolution est une excellente nouvelle, mais elle ne suffit pas à elle seule. Les fraudeurs s’adaptent en permanence.»


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