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Famille fauchée sur l’A-401 : 8 ans de prison pour conduite avec les facultés affaiblies

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Ethan Lehouillier a été condamné lundi à huit ans de prison pour conduite en état d’ébriété relativement à l’accident, qui a fait trois morts et trois blessés au sein d’une même famille, il y a un an, sur l’autoroute 401 à Mississauga. Le jeune de 21 ans avait plaidé coupable, en décembre, de six accusations pour conduite avec facultés affaiblies ayant causé la mort et six autres pour conduite avec facultés affaiblies ayant causé des lésions corporelles.

Dans une longue sentence, la juge Kim Crosbie, de la Cour de justice de l’Ontario, affirme que sa décision n’a pas été facile à écrire.

Qualifier cet accident de tragédie ne rend pas justice à ce qui s’est passé, déclare-t-elle d’entrée de jeu devant un prétoire bondé.

Circonstances de l’accident

La collision mortelle s’était produite vers minuit, le 18 mai 2025, à l’angle de la promenade Renforth et l’autoroute 401, près de l’aéroport Pearson.

Le plaidoyer de culpabilité avait montré qu’Ethan Lehouillier était en état d’ébriété et qu’il roulait à 168 km/h au volant d’une Dodge Caravan en direction est, lorsqu’il a perdu le contrôle de son véhicule.

Le jeune qui avait 19 ans à l’époque affichait un taux d’alcool de 0,185, soit plus du double de la limite permise.

Son véhicule avait franchi le terre-plein central avant de percuter de plein fouet une fourgonnette Chrysler Pacifica immobilisée à un feu de circulation.

Une photo de famille avec trois enfants sur les genoux d’un adolescent.

Trois des quatre enfants de la famille Laviña-Galve sont morts dans l’accident : Ramone, Jace et Mya. (Photo d’archives)

Photo : Avec l’autorisation de la famille Laviña-Galve

Quatre enfants, leur mère et un ami de la famille Laviña-Galve se trouvaient à l’intérieur au moment de l’accident.

Trois des quatre enfants ont été tués : Ramone, 15 ans, Jace, 13, et Mya, 6, sont morts des suites de multiples traumatismes crâniens contondants.

Akesh Paladugu, l’homme de 40 ans au volant de la Pacifica, sa conjointe de 35 ans et mère des victimes, Jade Galve, ainsi qu’Avery, le quatrième fils de 10 ans, avaient été gravement blessés.

Ethan Lehouillier, qui était débarrasseur de table dans un restaurant, est toujours en détention préventive depuis son arrestation la nuit de la tragédie.

Des facteurs aggravants

La juge Crosbie a rappelé les circonstances dans lesquelles Ethan Lehouillier s’était retrouvé derrière un volant.

Il avait bu toute la journée dans un parc pour roulottes, il se sentait indigne, il n’arrivait pas à s’endormir et il avait emprunté la camionnette de ses parents.

Il luttait contre ses démons et il était bouleversé émotionnellement, mais il a fait le choix de prendre le volant cette nuit-là, poursuit-elle. Peu importe le châtiment que je lui inflige, il devra vivre avec sa faute pour le restant de ses jours.

À son audience sur la détermination de la peine, en février dernier, la Couronne avait réclamé une peine de huit à 10 ans années jumelée à une interdiction de conduire pendant 20 ans à sa sortie de prison.

De nombreuses déclarations avaient été prononcées lors de l’audience de la part des proches des victimes au sujet de l’impact que leur mort avait eu sur leur vie.

La juge en a d’ailleurs repris les grandes lignes, en expliquant qu’elle avait pris en considération la douleur de la famille.

Ramone aimait le bleu, Jace, l’orange et Mya, le violet, souligne-t-elle en décrivant les trois enfants comme étant intelligents, aimants et chaleureux.

Elle a décrit leur beau-père, Akesh Paladugu, comme un homme qui les aimait comme les siens, mais qui vivra avec un sentiment de culpabilité pour le reste de sa vie, parce qu’il était au volant de la fourgonnette.

M. Paladugu ne peut plus travailler à cause des conséquences de ses blessures, précise-t-elle.

Des policiers de Toronto sur les lieux de l’accident survenu le 18 mai 2025, le lendemain. On peut y voir la Chrysler Pacifica de la famille décimée toujours sur place et très sérieusement endommagée.

Les Laviña-Galve revenaient d’assister aux feux d’artifice de la fête de la Reine, lorsque leur fourgonnette a été percutée de plein fouet par la voiture de l’accusé dans la nuit du 18 au 19 mai 2025. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Spencer Gallichan-Lowe

La juge mentionne qu’elle ne peut imaginer la douleur et le chagrin de la famille Laviña-Galve. La mort a causé aux parents, aux grands-parents et au frère survivant une souffrance avec laquelle ils devront vivre durant le reste de leur vie, souligne-t-elle.

Elle rappelle néanmoins que l’alcool au volant laisse toujours derrière un sillage de mort et de destruction, en citant une jurisprudence datant de 1995.

Malgré des années d’éducation publique et des châtiments plus sévères, rien n’y fait… chaque conducteur ivre est un tueur potentiel, dit-elle en ajoutant que la peine doit dissuader quiconque de commettre la même erreur.

L’objectif en matière de sobriété au volant est encore loin d’être atteint, explique-t-elle.

Des facteurs atténuants

La défense avait demandé sept ans, en faisant valoir que son client avait un handicap intellectuel, qu’il était rongé par le remords, qu’il avait refusé d’être libéré sous caution et qu’il avait plaidé coupable très tôt dans le courant des procédures criminelles.

La magistrate a tenu compte du fait que le délinquant était un homme immature sans antécédent judiciaire, qu’il est rempli de remords, qu’il a plaidé coupable et refusé d’être libéré en attendant son procès.

M. Lehouillier accepte l’entière responsabilité de ses actions, il a présenté de sincères excuses à la famille endeuillée et ses prospectives de réinsertion sociale sont bonnes, ajoute-t-elle.

Elle rappelle que le délinquant souffre d’un léger retard intellectuel, qu’il est gai et qu’il ne comprenait pas ce jour-là la raison pour laquelle son ami avait mis fin à leur relation.

Un bouquet de fleurs sur la chaussée.

À l’intersection de la promenade Renforth et de la bretelle de sortie de l’autoroute 401, un bouquet d’asters est posé sur la chaussée à la mémoire des victimes. (Photo d’archives)

Photo : CBC / Britnei Bilhete

Elle le décrit comme un jeune homme introverti, respectueux, doux, tranquille, mais manquant de confiance en lui.

Il se sentait seul ce soir-là et personne n’avait répondu à ses textes-messages, il a alors décidé de conduire, de mettre la musique à fond, il savait très bien qu’il roulait trop vite, même s’il ne se rappelle de pas grand-chose, déclare-t-elle.

La juge cite également le rapport médical qui a conclu que le jeune homme souffre d’anxiété et de dépression et qu’il a commencé à boire à l’âge de 14 ans pour affronter ses problèmes psychologiques.

Elle lui a accordé un crédit de 525 jours pour le temps que le délinquant a passé en détention préventive depuis son arrestation et pour les conditions d’incarcération qu’elle a qualifiées de difficiles.

Une mère éplorée au micro dans une mêlée de presse.

La mère des trois victimes, Jade Galve, s'adresse à la presse à la sortie du tribunal de Toronto après le jugement de la juge Kim Crosbie de la Cour de justice de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada / CBC

Ethan Lehouillier n'aura plus que sept ans et cinq mois à purger dans un pénitencier. La juge lui impose aussi une interdiction de conduire pendant 20 ans.

M. Lehouillier est motivé à s’en sortir et à obtenir de l’aide, conclut la magistrate.

À l'extérieur du tribunal, c'est une mère désabusée qui a réagi au sujet de la peine qu'elle trouve trop clémente pour une famille qui a été décimée à jamais.

Jade Galve soutient que la juge aurait dû lui infliger une peine de 8 ans pour chacun des enfants qu'elle a perdus, soit 24 ans de prison au total.

Conduire en état d'ébriété est un crime violent, tout véhicule est une arme, ajoute Mme Galve.

La mère éplorée a demandé aux gouvernements de durcir les peines pour ivresse au volant, parce [ses] enfants n'auront pas droit à une seconde chance comme le délinquant.

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