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Faisons de la grève chez National Steel Car une contre-offensive des travailleurs d’Amérique du Nord : la lutte de classe, pas la guerre commerciale !

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Plus de 1 200 travailleurs de National Steel Car à Hamilton, en Ontario – le plus important fabricant de wagons de marchandises en Amérique du Nord – ont déclenché la grève le 12 août après que 858 des 1 092 employés ont voté contre la « meilleure et dernière offre » de l’entreprise. Cette grève, la deuxième en trois ans dans cette usine, vise à abolir le programme de primes à la pièce, qui a largement contribué aux décès de Fraser Cowan, Collin Grayley et Quoc Le entre 2020 et 2022.

La direction du syndicat des Métallos isole le mouvement de grève, n’accordant aux travailleurs qu’une maigre indemnité de grève de 425 $ par semaine et préparant une nouvelle trahison, comme en 2023. Le Comité de base de National Steel Car (CBNSC), formé lors de la dernière grève, a publié la déclaration suivante, appelant les travailleurs à prendre la direction du mouvement et à mobiliser les travailleurs de toute l’Amérique du Nord dans une lutte commune.

L’entrée de National Steel Car [Photo: USWA 7135]

Confrères et consœurs,

En rejetant catégoriquement la « meilleure et dernière offre » de National Steel Car, avec 858 votes contre sur 1 092, nous avons affirmé notre détermination. Deux semaines après le début de la grève, la question cruciale est de savoir si nous devons nous organiser pour gagner ou laisser la bureaucratie des Métallos (United Steelworkers – USW) saper nos forces jusqu’à ce que, affamés, nous acceptions une nouvelle capitulation.

Les travailleurs de Hamilton et de toute l’Amérique du Nord subissent les mêmes attaques contre l’emploi, les salaires et les conditions de travail. Notre grève peut être le point de départ d’une lutte commune, mais seulement si nous brisons l’isolement imposé par la bureaucratie syndicale.

Les Métallos ont une stratégie de défaite, pas de victoire

Nous n'avons pas besoin de deviner les intentions des Métallos : nous l'avons constaté en 2023. Ils ont isolé notre grève pendant 41 jours, nous ont contraints à survivre avec 260 $ par semaine tandis que National Steel Car supprimait nos prestations de santé et retenait nos indemnités de congés payés, puis nous a donné seulement 72 heures pour voter sur une entente qui maintenait le travail à la pièce. Le même appareil bureaucratique suit le même scénario aujourd'hui : nous épuiser financièrement, nous empêcher de mobiliser nos alliés et présenter comme une victoire tout ce que le propriétaire corrompu Greg Aziz nous offrira.

Si nous attendons que le comité de négociation reçoive un appel des représentants d'Aziz – qui a été inculpé en 2013 pour fraude boursière contre le régime de retraite des employés de l'État d'Alabama, avant de conclure un accord pour que les charges soient abandonnées –, nous serons trahis.

Deux semaines après le début de cette grève, les membres ignorent toujours ce que le syndicat a proposé concernant les salaires, les avantages sociaux et pratiquement tout le reste. Ce dont nous sommes certains est accablant : la direction de la section locale 7135 s’est présentée aux négociations prête à collaborer avec National Steel Car pour la gestion du système de rémunération à la pièce. Frank Crowder dénonce publiquement ce « plan d’incitatifs » tout en dissimulant l’offre de sa section locale d’aider Greg Aziz à le mettre en œuvre.

Le syndicat se retranche derrière le refus de l’entreprise de négocier et se prétend « prêt à négocier ». Sa seule stratégie consiste à attendre que la direction convoque le comité de négociation après que les travailleurs aient été affamés avec un salaire de 425 $ par semaine, sans aucun doute avec une autre entente de capitulation en poche.

Pendant ce temps, les Métallos ont fait défiler des responsables syndicaux et des politiciens du NPD devant les caméras. La chef du NPD de l’Ontario, Marit Stiles, a profité de sa visite pour appeler le premier ministre Doug Ford à « acheter de l’acier ontarien ». Ce même programme nationaliste est promu par le premier ministre Mark Carney et le président Donald Trump.

Pour défendre nos emplois et notre niveau de vie, nous devons unir les travailleurs du Canada, des États-Unis et du Mexique. Notre ennemi n'est pas nos camarades de classe de l'autre côté de la frontière, mais les dirigeants d'entreprises, les politiciens et les bureaucrates syndicaux qui exigent que les travailleurs financent leurs guerres commerciales et leur militarisme.

Les politiques « Achetez canadien » et « Achetez américain » soumettent les travailleurs de part et d'autre de la frontière à leurs entreprises et gouvernements respectifs. Les entreprises instrumentalisent la guerre commerciale pour menacer les emplois et exiger des reculs au nom de la compétitivité, tandis que les bureaucraties syndicales empêchent les travailleurs de mobiliser leurs forces.

Prenons la direction de la grève et brisons l'isolement

Pour éviter une trahison, il est indispensable d'étendre le Comité de base de National Steel Car à l'ensemble de l'usine, avec des représentants de chaque service et de chaque équipe. Des assemblées générales régulières doivent définir la stratégie et les tactiques de la grève, au lieu de se contenter de recevoir des comptes rendus de décisions prises à huis clos.

Les membres doivent élire leur propre comité de négociation parmi eux, responsable devant les travailleurs et non devant la bureaucratie. Toutes les propositions de l'entreprise et du syndicat doivent être divulguées aux membres. Aucun accord ne doit être mis aux voix avant que les travailleurs n'aient eu suffisamment de temps pour étudier et discuter l'intégralité du contrat.

Le comité doit envoyer des délégations dans d'autres usines, sur les piquets de grève et dans les gares de triage du Canada et des États-Unis afin d'organiser une grève commune. La bureaucratie ne le fera pas pour nous. Nous devons établir nous-mêmes les liens.

Les cheminots d'Amérique du Nord comptent parmi nos plus précieux alliés. Greg Aziz fait construire des wagons supplémentaires après les commandes clients pour la flotte de location de National Steel Car. Ces wagons, marqués NSCX, permettent à Aziz de continuer à faire des profits pendant que nous sommes en grève.

Nous lançons un appel direct aux cheminots du Canada et des États-Unis : mettez de côté tous les wagons NSCX et laissez-les vides. N’y touchez pas. Ne les déplacez pas. Organisez des comités de base pour faire respecter cette action indépendamment de la BLET, de SMART-TD et des autres bureaucraties syndicales. Cela permettrait de renouer avec la tradition d'Eugene Debs et de l'American Railway Union, qui avait bloqué l’usage des wagons Pullman en 1894.

Les cheminots connaissent le prix à payer pour laisser leurs luttes entre les mains de l'appareil bureaucratique. Le gouvernement américain a interdit une grève nationale des cheminots en 2022, tandis que les aiguilleurs de la CPKC, qui avaient rejeté une offre de l'entreprise à 89,2 %, ont été contraints de reprendre le travail suite à un arbitrage contraignant accepté par la bureaucratie de l'IBEW.

Quelque 23 000 membres des Métallos travaillant chez US Steel et Cleveland-Cliffs aux États-Unis voient également leur convention collective expirer le 1er septembre. Nous lançons un appel direct à ces travailleurs, ainsi qu'aux travailleurs d'ArcelorMittal Dofasco et des installations Stelco de Cleveland-Cliffs dans la région de Hamilton : formez des comités de base, envoyez des délégations dans d’autres usines, organisez des assemblées générales communes et préparez une grève commune.

Les travailleurs du Canada, des États-Unis et du Mexique sont confrontés aux mêmes entreprises, aux mêmes politiciens et aux mêmes bureaucraties syndicales. Notre force réside dans notre union contre eux, par-delà les frontières nationales et syndicales : la lutte de classe, pas la guerre commerciale.

Nos revendications

Le Comité de base de National Steel Car formule les revendications non négociables suivantes :

Une augmentation de salaire de 25 %. Cette augmentation doit compenser les pertes engendrées par des années de négociations salariales de 2 à 2,5 % et l'inflation alimentée par la guerre commerciale et le conflit avec l'Iran.

L'abolition immédiate du système d’incitatifs à la pièce, sans perte de salaire. Le taux journalier dans chaque département doit être indexé sur le taux de primes actuel. Le système de rémunération à la pièce a coûté des vies, entraîné des pertes de salaires et monté les travailleurs les uns contre les autres.

Une augmentation immédiate de 5 000 $ du régime d'avantages sociaux, portant le plafond à 20 000 $. La couverture doit inclure les médicaments sur ordonnance, les soins dentaires et l'hospitalisation, avec une couverture supplémentaire pour les soins de la vue, l'orthodontie et les orthèses.

Une augmentation des congés payés pour les employés les plus anciens. Il faut mettre fin à l'attente de dix ans entre la quatrième et la cinquième semaine de congés. Le calendrier doit être le suivant :

  • Dix ans mais moins de quinze : quatre semaines (8 %)

  • Quinze ans mais moins de vingt : cinq semaines (10 %)

  • Vingt ans mais moins de vingt-cinq : six semaines (12 %)

  • Vingt-cinq ans mais moins de trente : sept semaines (14 %)

Un contrôle des travailleurs sur la sécurité et la cadence de travail. Remplacer le Comité paritaire de santé et de sécurité par un organe élu de la base, habilité à interrompre la production jusqu’à ce que les conditions soient sûres.

Porter l’indemnité de grève à 850 $ par semaine. Le fonds de grève et de défense des Métallos, doté de 850 millions de dollars, et son actif de plus de 2 milliards de dollars proviennent des cotisations des membres et doivent être utilisés pour financer la grève.

La victoire est à notre portée

La bureaucratie des Métallos ne mettra pas en œuvre ce programme. Sa réalisation dépend de l’organisation indépendante des travailleurs par le biais du Comité de base de National Steel Car. Rejoignez le comité, mettez-le en place dans chaque département et chaque équipe, et organisez l’action commune nécessaire à la victoire.

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