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Les policiers n'ont jamais été aussi présents dans les arénas de nos régions. Le nombre d'interventions effectuées par la Sûreté du Québec (SQ) était cinq fois plus important en 2025 qu'il ne l'était en 2017.
L'an passé, pas moins de 161 interventions ont été recensées par la SQ dans les arénas et les centres de loisirs de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches comparativement aux 30 dénombrées huit ans plus tôt.
Et aucun signe de ralentissement à l'horizon. En trois mois cette année, une trentaine d'interventions ont été recensées, soit presque autant que la totalité du nombre de 2017.
L'une des dernières visites des policiers dans un aréna s'est produite à Lac-Etchemin le mois dernier quand un homme s'en est pris à un arbitre.
Nombre d’interventions de la SQ dans les arénas et les centres de loisirs de nos régions
| 2017 | 30 |
| 2018 | 47 |
| 2019 | 61 |
| 2020 | Pandémie |
| 2021 | Pandémie |
| 2022 | 71 |
| 2023 | 129 |
| 2024 | 188 |
| 2025 | 161 |
| 2026 (en date du 24 mars) | 28 |
Ces chiffres ne surprennent pas Stéphanie Radziszewski, professeure en éducation physique à l'Université Laval. La violence en contexte sportif, c'est présent depuis très longtemps. Mais, on en parle depuis moins longtemps, admet-elle.
Déjà en 2024, une étude effectuée auprès de 9000 répondants de 14 ans révélait que plus d'un jeune sur deux avait subi de la violence de la part d’une personne en autorité ou d’un pair depuis le début de son parcours sportif, rappelle la professeure.

Stéphanie Radziszewski aimerait que les Québécois cessent de normaliser les comportements violents en contexte sportif.
Photo : Radio-Canada
Pour renverser la vapeur, Stéphanie Radziszewski invite les témoins de comportements violents à arrêter de banaliser les commentaires désobligeants dont sont victimes les arbitres, notamment. D'autant que plusieurs sont d'âge mineur et en sont à leur premier emploi.
Quand la police arrive, souvent, c'est pas le premier [incident qui survient]. Le parent, l'entraîneur, l'athlète va avoir fait des commentaires, va peut-être avoir insulté l'autre personne. Il faut qu'on pense à intervenir à ce moment-là, explique la professeure.
On a tous et toutes une responsabilité, avant d'arriver à l'intervention policière ou à faire des plaintes qui sont formelles, à cesser de normaliser la violence.
Difficile de sanctionner les parents
Hockey Québec aimerait en faire davantage pour limiter les cas de violence, qu'elle soit verbale ou physique, mais ses moyens sont limités, rappelle son directeur général.
Contrairement aux joueurs, aux entraîneurs et aux arbitres, les parents, parfois impliqués dans les altercations, ne sont pas membres de la fédération. Difficile, voire impossible, de les suspendre.
On ne peut pas empêcher les gens de fréquenter un aréna, malheureusement, affirme Stéphane Auger.

Le directeur général de Hockey Québec, Stéphane Auger. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz
Quant à la hausse du nombre d'interventions policières dans les arénas, le patron de Hockey Québec rappelle que 5000 matchs sont disputés à travers la province chaque fin de semaine. Malheureusement, un incident, c'est un incident de trop. Mais, il faut quand même le mettre dans le contexte, tente-t-il de relativiser.
On aimerait que les comportements changent et que les [parents] réalisent qu'ils sont là pour accompagner leur jeune dans une activité sportive et que la victoire à tout prix à cet âge-là, ce n'est pas vraiment important.
« Un phénomène de société »
De son côté, Sports Québec évoque un phénomène de société pour expliquer l'augmentation du nombre d'interventions de la SQ dans les arénas et les centres de loisirs. Je pense qu'il y a un petit peu plus de violence dans notre société, croit sa directrice générale, Isabelle Ducharme.
La consommation d'alcool par les parents pendant les matchs fait aussi partie du problème, selon elle.

La directrice générale de Sports Québec, Isabelle Ducharme. (Photo d'archives)
Photo : Sports Québec
Avec tous les efforts qui sont déjà déployés, la directrice ignore ce qui pourrait être fait de plus pour que les cas de violence en contexte sportif diminuent, mis à part d'interdire aux parents problématiques d'assister aux matchs de leur enfant.
On ne veut pas se rendre à huis clos, que les jeunes fassent du sport sans leurs parents dans les estrades. Mais, il va falloir qu'on se pose des questions, si on peut accepter ces parents-là dans les plateaux sportifs, conclut-elle.
Avec les informations de Louis-Philippe Arsenault


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