Selon une récente étude britannique, les personnes subi un traumatisme crânien présente davantage de risque de faire une tentative de suicide. Selon les chercheurs, les traumatismes crâniens à eux seuls sont liés à une vulnérabilité psychologique accrue.
Une population à risque peu considérée jusqu’ici
Selon une publication de l’Organisation des Nations Unies (ONU) de septembre 2025, près de 730 000 personnes se donnent la mort chaque année, soit un décès sur cent dans le monde. Par ailleurs, il faut savoir que pour une victime, on compte une vingtaine de tentatives. Pour l’organisation, le suicide reste une conséquence dramatique de certains troubles mentaux. Ces déclarations sont peut-être à associer à de récentes recherches menées par une équipe de l’Université de Birmingham (Royaume-Uni). Ces travaux, détaillés dans un communiqué publié le 23 décembre 2025 et dans une publication dans la revue Neurology, ont établi un lien entre le suicide et les lésions cérébrales.
Il faut dire que les chercheurs britanniques ont mis en lumière une population à risque qui jusqu’à aujourd’hui, était très peu considérée par les professionnels de santé. Le fait est que les personnes ayant subi un traumatisme crânien – et donc des lésions cérébrales – sont assujetties au développement de nombreux troubles mentaux et émotionnels comme la dépression, l’anxiété, l’irritabilité, l’apathie ou encore, des changements d’humeur. Il peut également être question de troubles de la personnalité, d’amnésie et dans des cas extrêmes, des troubles du stress post-traumatique (TSPT) et des psychoses.
Crédit : AntonioGuillem / iStockLa cause d’une vulnérabilité psychologique
Afin d’évaluer les conséquences des traumatismes crâniens, les meneurs de l’étude ont travaillé sur les dossiers médicaux de plus d’1,8 million d’adultes auparavant pris en charge à l’hôpital, des données s’étalant sur une période de vingt ans. Selon les résultats, les personnes ayant subi un traumatisme crânien présentent 21% de risques en plus de tenter de se donner la mort. Par ailleurs, le lien entre le risque suicidaire accru et les lésions cérébrales traumatiques a été observé dans tous les sous-groupes étudiés, même chez les individus non concernés par des antécédents de troubles mentaux. Pour les chercheurs, les traumatismes crâniens à eux seuls sont liés à une vulnérabilité psychologique accrue et donc, seraient directement en lien avec un risque suicidaire plus élevé.
« Nos résultats montrent que l’impact des traumatismes crâniens ne se limite pas aux seuls symptômes ou aux répercussions physiques. Ils peuvent avoir de profondes conséquences psychologiques. Une évaluation du risque suicidaire devrait être envisagée pour toute personne ayant subi un traumatisme crânien récent, quels que soient ses antécédents de santé mentale, afin d’améliorer et de préserver la santé des patients. », a déclaré Nicola Adderley, principale auteure de l’étude.
En effet, les chercheurs ont affirmé que le risque suicidaire était plus élevé au cours des 12 premiers mois suivant un traumatisme crânien. Ceci suggère donc une période critique pour qu’une intervention se révèle efficace. Cependant, si le risque suicidaire diminue avec le temps, ce dernier reste très élevé par rapport aux personnes n’ayant jamais subi de traumatisme. Aussi, les auteurs de l’étude ont rappelé que certains facteurs comme la précarité sociale pouvaient amplifier le risque.


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