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CHRONIQUE - Infatigable contradicteur de l’air du temps, Alain Finkielkraut revient avec Le Cœur lourd, dialogue subtil avec Vincent Trémolet de Villers. Entre inquiétude identitaire, fidélité à la langue française, attachement tourmenté à Israël et refus obstiné du campisme, l’intellectuel livre un autoportrait mélancolique et nuancé.
Passer la publicité« J’aimerais que tu t’interroges sur le besoin désormais compulsif que tu as de te jeter sous les roues du camion de l’époque pour prouver que ses freins ne fonctionnent pas » : cette phrase, que lui a lancée un jour son fils, définit assez bien le tempérament d’Alain Finkielkraut. Celui qui ne peut pas ne pas réagir, comme le qualifiait un jour Kundera, ne peut pas s’empêcher de se cabrer contre l’air du temps. Il craint par-dessus tout de n’avoir plus rien à dire, de ne plus pouvoir opposer aux scandales de l’époque qu’un haussement d’épaules désabusé. Mais « Fink » a de la ressource. Il le prouve à nouveau avec son dernier livre, Le Cœur lourd, dialogue avec Vincent Trémolet de Villers, qui a su l’entraîner avec doigté et finesse sur des chemins inattendus.
Le directeur délégué de la rédaction du Figaro raconte avec délicatesse sa rencontre avec l’auteur de L’Identité malheureuse. Rien ne prédestinait le premier, amateur de littérature, qui, « à vingt ans, dans le match…


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