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Les pierres au fond des rivières semblent toutes identiques à première vue. Pourtant, à L’Anse-Saint-Jean, quelque 600 cailloux se distinguent, car ils sont munis d’une petite puce électronique qui permet aux chercheurs de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) de suivre chacun de leurs déplacements.
Pour comprendre les raisons derrière cette démarche, il faut remonter en 1996, quelques mois après le déluge qui a balayé le Saguenay. Les craintes d’une autre catastrophe sont bien présentes et, pour éviter d’autres inondations, des travaux ont été menés sur plusieurs rivières de la région. On a refermé les plaines alluviales, on a fait trop d’enrochements et maintenant on se rend compte qu’on manque de sédiments, a constaté Maxime Boivin, hydrogéomorphologue de l’UQAC.
On voulait contrôler les rivières, mais, les rivières, ce sont des environnements vivants.

Maxime Boivin est professeur en géographie et en hydrogéomorphologie à l'UQAC.
Photo : Radio-Canada / Rosalie Dumais-Beaulieu
Ces sédiments — roches, sable, mais aussi arbres morts — sont essentiels pour fournir un environnement adéquat au saumon ou à l’omble de fontaine, entre autres. Pour s’assurer de la survie de l’espèce et de la santé des cours d’eau, les scientifiques préconisent un retour à un état plus naturel. C'est normal d’avoir de l’érosion des berges, d’avoir des arbres qui tombent dans le cours d’eau, d’avoir des inondations , énumère Maxime Boivin.

Le ruisseau du portage est un affluent de la rivière Saint-Jean.
Photo : Radio-Canada / Rosalie Dumais-Beaulieu
Des milliers de pierres à l’étude
Pour comprendre la dynamique du cours d’eau, de petits capteurs sont insérés à l’intérieur des roches. Celles-ci sont redéposées dans l’eau et, chaque année, une équipe de l’UQAC peut ainsi localiser les pierres et comprendre quels déplacements elles ont faits. Parfois, les chercheurs fabriquent de fausses roches avec des capteurs encore plus faciles à localiser.

Certaines roches sont fissurées pour y insérer le capteur, alors que d'autres sont façonnées de toute pièce.
Photo : Radio-Canada / Rosalie Dumais-Beaulieu
La même procédure est effectuée sur la Rivière-à-Mars, à La Baie, et sur la rivière des Escoumins, sur la Côte-Nord. Des milliers de pierres sont ainsi suivies à la trace. Les données pourront être recueillies pour les cinquante prochaines années.
D’ici deux ans, de légers travaux de réaménagement seront faits aux alentours des cours d’eau ciblés ou de leurs affluents.
Il n'y aura pas de gros changements majeurs, mais ce sont des travaux qu’on fait sur le long terme pour s'assurer d'avoir une meilleure naturalité de nos rivières dans les prochaines décennies, pour nos enfants, pour nos générations futures, illustre le chercheur.


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