Il y a un peu moins d’un an, près d’une centaine de pays dont la France ont signé l’Appel de Nice, une étape importante vers un traité mondial pour mettre fin à la pollution plastique. Seulement voila, les négociations ayant eu lieu par la suite se sont soldées par un échec. En quoi cette proposition était-elle pertinente ? Pourquoi cet échec ?
Les lobbys ont fait front
Selon le dernier rapport Global Trade Update, la production mondiale de plastique était de 436 millions de tonnes en 2023. Malheureusement, moins de 10% des déchets plastiques font l’objet d’un recyclage à l’échelle mondiale. Par ailleurs, ce type de matériau serait responsable de 3 à 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) mais également, de nombreuses autres pollutions, notamment les microplastiques. Aujourd’hui, les microplastiques (et nanoplastiques) sont présents quasiment partout sur Terre et même dans les organismes, avec des risques pour la santé encore méconnus.
Le 10 juin 2025, lors de la Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC) qui se tenait à Nice, 97 pays ont signé « l’Appel de Nice pour un traité plastique ambitieux ». L’objectif de ces pays était de réaffirmer leur engagement dans la lutte contre la pollution plastique mais surtout, obtenir l’adoption d’un traité mondial. Du 5 au 14 août 2025, des négociations ont eu lieu à Genève, sous la supervision de l’ONU. Malheureusement, ces discussions se sont soldées par un échec. Ainsi aujourd’hui malgré l’urgence environnementale, il n’existe aucun outil juridiquement contraignant.
Les différentes parties – états, associations et lobbys – n’ont pas été en mesure de s’accorder sur plusieurs points, principalement la réduction en amont de la production de plastique. Sans grande surprise, les lobbys sont à l’origine de la non avancée des tractations, les producteurs de pétrole désirant davantage se focaliser sur le recyclage. Le processus d’adoption du traité mondial pour la lutte contre pollution plastique est donc reporté à une date encore inconnue aujourd’hui.
Crédit : MargJohnsonVA / iStockUn projet de traité réellement pertinent ?
Dans les faits, de nombreux points concernant l’éventuel futur traité semblaient pertinents. L’engagement portait notamment sur un objectif mondial de réduction de la production et de la consommation de polymères plastiques primaires. Citons également une obligation juridiquement contraignante pour éliminer progressivement les produits plastiques les plus problématiques mais aussi, les substances chimiques préoccupantes en élaborant notamment une liste des produits et substances concernés. Un autre objectif était relatif à l’amélioration de la conception des produits plastiques afin de s’assurer d’un impact environnemental minimal et d’une préservation de la santé humaine.
Aujourd’hui, la pollution plastique est un enjeu majeur pour la biodiversité, la santé humaine et le climat. Ainsi, l’apparition d’un traité ambitieux pour y mettre fin est plus que nécessaire, dans la mesure où celui-ci puisse réellement couvrir l’intégralité du cycle de vie du plastique – production, utilisation et de vie. Alors que le point de départ vers l’adoption d’un tel traité remonte tout de même à mars 2022 avec une résolution de l’ONU induisant des négociations, le processus reste en suspend en ce début d’année 2026.
Parmi les pays signataires de l’Appel de Nice de juin 2025, nous retrouvons l’ensemble des états de l’Union Européenne, le Canada, le Mexique ou encore, la République démocratique du Congo. Néanmoins, de nombreux pays manquent à l’appel, sans surprise la Chine, les Etats-Unis et la Russie mais également, le Japon, la Corée du Sud, l’Argentine et le Brésil.


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