En collaboration avec un géant suédois de la production d’électricité, un architecte œuvre pour donner une seconde vie aux pales usagées des éoliennes. Il s’agit ici de réutiliser ces éléments comme matériaux de construction. Pour ces acteurs, l’initiative représente une possible alternative à l’actuel problème de recyclage des pales des éoliennes.
Un projet original de réutilisation des pales d’éoliennes
Rappelons tout d’abord que le principal problème du recyclage des éoliennes réside dans leurs pales, ces dernières intégrant des matériaux composites – résine et fibres de verre ou de carbone – qu’il est difficile de séparer. En soi, les éoliennes dans leur totalité sont tout de même recyclables à hauteur de 90% mais il n’en demeure pas moins que les pales représentent un sérieux défi. A l’avenir, des technologies efficaces de séparation des matériaux devront voir le jour à l’avenir et en amont, une conception plus durable. Les choses avancent doucement mais surement, notamment avec le projet du fabriquant d’éoliennes Vestas (Danemark), qui depuis 2023, tente de recycler les pales d’éoliennes en époxy afin d’en fabriquer de nouvelles.
En Suède, une alternative a dernièrement fait son apparition sous l’impulsion de Vattenfall, une entreprise de production et de distribution d’électricité appartenant à l’état, un des leaders de l’éolien en Europe du Nord avec 1 400 turbines dans sept pays. Cette société a lancé un projet avec l’architecte Jonas Lloyd, dont le but est de réutiliser les pales d’éoliennes comme éléments de construction.
Dans la ville de Lund, ce projet a donné lieu à la construction d’un parking de 365 places intégrant pas moins de 57 pales (voir photo ci-après), comme le révèle un communiqué publié le 15 décembre 2025. Conçues pour résister à n’importe quelles conditions durant des décennies, les pales d’éoliennes intègrent la façade et ainsi, n’ont pas un rôle porteur. Si leur utilité est donc toute relative, l’initiative montre que ces pales peuvent intégrer une architecture que l’on peut qualifier de spectaculaire, au lieu de finir au rebut.
Crédit : Vattenfall
« L’idée maîtresse de ce bâtiment a toujours été de promouvoir une architecture durable à tous les niveaux. Outre les pales d’éoliennes, la façade est composée de plantes mellifères et le toit est recouvert de panneaux solaires, reliés à une batterie permettant de recharger les voitures la nuit. », peut-on lire dans le communiqué.
Un géant de l’énergie acquis à la cause
La société Vattenfall bénéficie d’une bonne réputation sur le plan écologique et pour cause, celle-ci se concentre sur les énergies renouvelables avec une volonté d’assurer une grande durabilité, comme en témoigne son label EcoVadis Platinum. Vattenfall a pourtant un passé important dans les énergies fossiles mais depuis assez longtemps, semble se tourner vers l’avenir. Par ailleurs, certains projets annexes de développement de solutions innovantes et de protection de la biodiversité contribuent à cette image positive. En matière de revalorisation des éoliennes, il faut souligner que Vattenfall n’en est pas à son coup d’essai. Dans un autre communiqué publié en fin d’année 2024, l’entreprise lançait une collaboration avec le studio Superuse. L’objectif était de recycler ses nacelles d’éoliennes en fin de vie afin de les transformer en tiny houses d’une surface de 20 m².
Dans l’ensemble, ce genre d’initiatives permet de limiter les déchets d’éoliennes en fin de vie susceptibles de finir leur course dans des décharges ou sous terre. De plus, donner une seconde vie à ces matériaux est assez intéressant puisqu’il ceux-ci ont à l’origine, été pensés pour durer. En termes de communication, ces actions également très symboliques pourraient permettre une meilleure acceptation des énergies renouvelables auprès du grand public, en gommant certains défauts assez dérangeants. Néanmoins, il incombe de garder à l’esprit que la recherche d’une solution réelle pour un recyclage des pales d’éoliennes reste une nécessité.


5 month_ago
60



























.jpg)






French (CA)