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Essais nucléaires français dans le Sahara algérien 1960-1966 : les séquelles physiques et psychologiques (Press TV)

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Ci-dessous un article intéressant publié par Press TV sur les séquelles des essais nucléaires français en Algérie, chose dont on ne parle bien entendu jamais dans l’hexagone… Nous réparons cette erreur. Nous avons demandé des précisions à ce sujet à un Algérien d’Algérie qui a vécu cette période. L’histoire des essais nucléaires français se perpétuant au delà de l’année de l’indépendance de l’Algérie (1962) nous avait un peu titillé, voici ce qu’il nous a répondu en complément de l’article :

Pourquoi l’Algérie indépendante a-t-elle laissé faire ces essais ?
Voici ce que je sais :
Il s’agit d’une clause secrète dans les Accords d’Evian autorisant la France à faire usage des sites de Reggane et d’In Ekker durant cinq années. C’était une concession faite par réalisme politique, et non par adhésion, pour obtenir l’indépendance après 132 ans de colonialisme, dont sept années et demie de guerre qui allaient laisser le pays ravagé. Cela était d’autant plus crucial que De Gaulle souhaitait initialement exclure le Sahara des négociations.
L’Algérie indépendante n’avait alors aucun moyen de pression (militaire, économique ou autre) pour exiger des conditions dépassant ses capacités. L’objectif cardinal était l’indépendance totale, incluant l’immense Sahara qui restait encore sous la coupe de l’armée française. C’est durant ces cinq années de transition que la France a effectué ses essais nucléaires (elle a commencé avant, en 60). Ce n’est qu’en 1963 que l’Algérie a officiellement commencé à dénoncer ces activités auprès de l’ONU.” (AD) -[]-

~ Résistance 71 ~

Documentation des séquelles physiques et psychologiques des essais nucléaires français dans le Sahara algérien de 1960 à 1966

Press TV

13 avril 2026

Url de l’article en français :

https://french.presstv.ir/Detail/2026/04/13/766775/«Toxicité-coloniale»—les-essais-nucléaires-français-en-Algérie-(Enquête)

Dans une enquête sans concession, l’historienne et architecte Samia Henni a documenté la «toxicité coloniale» causée par les essais nucléaires menés dans le Sahara de 1960 à 1966 en Algérie, relatant les séquelles physiques et psychologiques indélébiles laissées par cette ère sombre de l’histoire coloniale.

Dans un entretien récent, l’architecte et historienne algérienne, dont le très remarqué ouvrage Architecture de la contre-révolution, a révélé les méthodes du colonialisme français pour aménager le territoire dans une tentative de mieux contrôler la population pendant la guerre d’indépendance algérienne, a livré avec une précision implacable la violence des autorités coloniales durant les essais nucléaires français dans le Sahara algérien dans les années 1960.

Ce sujet, certes connu, recèle cependant des séquelles à la fois humaines etenvironnementales largement méconnues, à ce jour, faute de transparence et de déclassification des archives relatives à cette époque. Son nouveau livre Toxicité coloniale a tenté, avec les moyens et les informations existants, de combler cette brèche tragique de l’histoire coloniale dont les conséquences s’étendent à nos jours.

En l’absence d’archives disponibles sur les essais nucléaires français en Algérie, classées toujours comme secret-défense, l’historienne a réuni des témoignages d’habitants du Sahara, et plus précisément de ceux résidant autour des centres nucléaires français de Reggane et In Ekker et de vétérans, ainsi que d’anciens personnels français rendus malades par les essais. Preuves publiques, travail juridique d’associations et d’organismes militants, activités d’artistes, de documentalistes et de journalistes ont tous été assemblés afin de tenter de constituer un corps de textes et d’images « pour offrir une réflexion sur ces paysages et ces environnements du Sahara, à la fois bâtis et détruits », a déclaré Samia Henni.

Pour la France dans le Sahara entre 1960 et 1966 et dans le Pacifique entre 1966 et 1996, mais aussi pour le Royaume-Uni en Australie, les pouvoirs coloniaux ont mené des essais nucléaires créant ce que Samia Henni a qualifié de « toxicité anthropogénique » dont les conséquences, causées par l’homme, sont « continues, irréversibles et destructrices ».

Avouant que son ouvrage se base surtout sur des témoignages de sources humaines, dans la mesure où les documents officiels demeurent toujours classifiés, l’historienne a indiqué s’appuyer sur « ce que l’on peut voir de ses yeux, à la surface, mais aussi sous terre », notamment avec les laboratoires souterrains bâtis par l’armée de colonisation française.

Documentant les traces visibles des essais, Samia Henni a indiqué que « quatre bombes ont explosé dans l’atmosphère à Reggane, et 13 sous terre à In Ekker. Sur ce site, on dit que probablement 11 explosions n’ont pas été confinées correctement et ont provoqué des fuites radioactives accidentelles : de la montagne a coulé une lave toxique que l’on peut observer, et dont la radioactivité est mesurable ». Or, selon elle, les dégâts sont également d’ordre psychologique, donc invisibles tout comme la radioactivité qui contamine les personnes qui s’approchent des sites. « Cette présence invisible est difficile à représenter, et c’est pourquoi j’ai inclus des témoignages de victimes, dont des vétérans français », a-t-elle souligné.

Citant le terme académique de « zones sacrifiées » pour désigner les territoires contaminés, Samia Henni a souligné le mépris de la vie humaine des pouvoirs coloniaux, mais aussi le mépris de la faune et de la flore locales qui ont pâti des ravages des essais nucléaires. Avec une note d’espoir, elle a cependant affirmé qu’« il n’est pas trop tard pour essayer d’améliorer les conditions de vie et pour décontaminer », révélant cependant qu’« en Australie, aux États-Unis, en Russie, en Chine ou dans d’autres pays, on a constaté que cela n’était pas possible à 100 %. Il faut en particulier réduire la dissémination des particules radioactives, que le vent fait circuler bien au-delà du Sahara ».

This entry was posted on 16 avril 2026 at 3:08 and is filed under actualité, colonialisme, documentaire, France et colonialisme, guerres imperialistes, politique et social, politique française, résistance politique, santé, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , . You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

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