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Érablières et foresterie : « les deux peuvent cohabiter », selon les acériculteurs

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Les producteurs de sirop, tire, beurre et sucre d’érable du Nouveau-Brunswick reviennent à la charge pour avoir accès à plus de terres de la Couronne. Ils veulent profiter de certaines occasions de développement économique, et ce, en cohabitant avec l’industrie forestière.

L'Association acéricole du Nouveau-Brunswick présente ses arguments dans une lettre publique adressée à la première ministre, Susan Holt, et au ministre des Ressources naturelles, John Herron. La lettre est datée du 21 octobre.

Je pense que le moment est opportun, juge le directeur général de l’Association, Frédérick Dion, interviewé jeudi à l’émission La matinale, d’ICI Acadie.

Frédérick Dion devant des érables.

Frédérick Dion, directeur général de l'Association acéricole du Nouveau-Brunswick. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

On voit la demande qui a crû de manière, je dirais même, exponentielle dans les dernières années. C’est pour ça qu’on parle d’une réserve stratégique qui est complètement épuisée, souligne M. Dion.

Il s’agit de l’épuisement de la réserve de sirop d’érable que les acériculteurs du Québec ont constituée pour mieux réagir aux variations du marché et éviter de perdre des revenus lors des années de mauvaise récolte.

Le Nouveau-Brunswick pourrait profiter de la situation, selon l'Association.

L'épuisement de cette réserve témoigne de la nécessité d'accroître la production pour répondre à la demande et éviter de perdre des occasions d'affaires, peut-on lire dans la lettre de l'Association.

Des industries complémentaires

L’Association estime qu’il est tout à fait possible de récolter à la fois de la sève d’érable et des arbres sur les mêmes terres de la Couronne. Donc, il faut arrêter de mettre les deux en opposition, lance Frédérick Dion.

Des centaines de barils entassés.

Une partie de la réserve de sirop d'érable du Québec dans un entrepôt à Laurierville. (Photo d'archives)

Photo : Producteurs et productrices acéricoles du Québec

Les producteurs qui auraient accès à plus de terres de la Couronne devraient couper des arbres dès l’aménagement de leur érablière, et en couper encore durant les décennies suivantes. Ce bois peut servir aux scieries et autres usines forestières qui maintiennent des emplois dans de nombreuses communautés, explique M. Dion.

Il n’y a personne qui veut faire perdre des jobs à ces gens-là. Ce sont des travailleurs honnêtes qui gagnent leur vie également. Mais les deux peuvent cohabiter.

Des occasions manquées

Les producteurs néo-brunswickois n’ont pas pu réaliser 26 projets d'investissements privés qu'ils ont présentés en 2024 parce qu’ils n’ont pas eu accès à plus de terres de la Couronne, indique l’Association dans sa lettre.

C’est un non-sens alors qu’on cherche des opportunités, justement, des occasions. On a une situation économique qui n’est pas évidente dans la province. On le voit. On a la possibilité, justement, de miser sur un secteur qui a démontré qu’il est capable de livrer la marchandise, qui est prospère, et on attend encore, affirme Frédérick Dion.

Des petites bouteilles de sirop en forme de feuilles d'érable.

La province occupe le troisième rang mondial de la production de sirop d'érable, derrière le Québec et le Vermont, selon l'Association acéricole du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

C’était environ la moitié des propositions des producteurs cette année-là à la suite d'un appel de projets lancé par le gouvernement pour élargir la production acéricole sur les terres de la Couronne, précise-t-il.

Si on avait alloué ces 26 projets-là, on aurait injecté un autre 80, 90 millions dans l’économie du Nouveau-Brunswick, ajoute Frédérick Dion. Nous, on ne demande même pas une cent, on demande l’accès à la ressource.

Radio-Canada a demandé au ministère des Ressources naturelles de réagir aux demandes de l'industrie, et attend une réponse de sa part.

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