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Vancouver n’aura pas à attendre encore 16 ans avant de voir du patinage courte piste

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VANCOUVER — Aux Jeux olympiques d’hiver, l’équipe canadienne de patinage de vitesse sur courte piste n’a jamais été aussi prolifique qu’en 2002, quand elle a gagné six médailles à Salt Lake City.

Pour ce qui est de marquer l’imaginaire collectif, cela dit, difficile de faire mieux que Vancouver, en 2010.

Repensez au Pacific Coliseum qui vibre dans les derniers instants du relais 5000 m masculin, une victoire canadienne tonitruante.

À l’extase des Canadiennes à l’annonce de leur médaille de bronze, qui se transforme en argent après la disqualification des Sud-Coréennes.

Au visage de Marianne St-Gelais, tordu par l’émotion de devenir vice-championne olympique du 500 m.

À Charles Hamelin qui rachète ses déceptions au 1000 m et au 1500 m par une victoire spectaculaire au 500 m, une victoire acquise dans le dernier virage où son compatriote François-Louis Tremblay trouve une place sur le podium par la faute d’Apolo Anton Ohno.

Une femme sourit en brandissant une médaille d'argent.

Marianne St-Gelais avait gagné deux fois l'argent aux Jeux olympiques d'hiver de Vancouver.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Quelque 16 ans plus tard, ce sport est de retour à Vancouver pour la première étape de la nouvelle saison du Circuit mondial. Pourquoi est-ce que ça nous a pris 16 ans?, s’est demandé mercredi l’entraîneur de l’équipe nationale, Marc Gagnon, en admettant qu’il ignorait la réponse.

Jeudi après-midi, Joe Morissette, le chef de la direction de Patinage de vitesse Canada, a volé au secours de son entraîneur-chef, en précisant au passage qu’on n’attendrait sans doute pas encore 16 ans.

On planifie avec l’ISU d’avoir le Circuit mondial ici, à Vancouver, pour les prochaines années. On parle déjà des quatre prochaines années, jusqu’aux Jeux de 2030, a soutenu Morissette, rencontré aux abords de la glace du Pacific Coliseum. Après ça, on a parlé de, peut-être, un championnat du monde junior ou sénior ici. On veut vraiment avoir un impact et encourager la croissance de notre sport ici en Colombie-Britannique.

Dans les plans depuis longtemps

Officiellement, la planification de l’événement de ce week-end remonte à janvier 2024, même si on chuchote au Pacific Coliseum qu’on explorait l’idée avant la pandémie de COVID-19.

Patinage de vitesse Canada a toujours voulu retourner à Vancouver, selon Joe Morissette. Le chef de la direction souligne cependant qu’il fallait plus que de la bonne volonté. Quand on a commencé la planification, il fallait déplacer un mur en béton de 60 cm, a-t-il indiqué pour illustrer que le projet n’allait pas se concrétiser en criant ciseau — ou, dans ce cas, en criant scie à ciment.

Quoi qu’il en soit, il était grand temps, pour Patinage de vitesse Canada, de tisser une toile plus vaste.

Pour le patinage de vitesse sur courte piste, le cœur du sport reste à [l’aréna] Maurice-Richard, à Montréal, a assuré Joe Morissette.

On a accueilli beaucoup d’événements internationaux là. Mais depuis des années, notre fédération internationale nous demande d’accueillir de plus en plus d’événements au Canada. On avait donc l’occasion de ramener le courte piste ici, de partager notre sport à travers le pays et de ne pas être complètement centralisé au Québec.

Marc Gagnon, membre de la grande équipe de 2002, était passé à autre chose depuis belle lurette au moment où Vancouver a accueilli les Jeux. Or, en l’entendant dire qu’il y avait eu tellement d’athlètes qui sont revenus et qui disaient que c’était parmi les meilleurs Jeux auxquels ils étaient allés, on le sent investi dans ce week-end comme s’il avait lui-même écrit des pages d’histoire ici.

Marianne St-Gelais, qui l’a fait, aurait tant aimé y être. Vie familiale oblige, elle regardera les compétitions de la maison, mais avec un petit pincement au cœur (sans regretter de passer ces quelques jours avec ses trois enfants, évidemment). Parce que, pour moi, Vancouver, ça reste une ville super significative, a-t-elle reconnu.

Dans une autre vie, qui sait, peut-être aurait-elle même pu encadrer l’équipe nationale avec Gagnon, elle qui a été entraîneuse à une certaine époque au Centre régional canadien d’entraînement. Antoine Gagnon-Lamarche, Ann-Sophie Bachand et Victoria Jean-Baptiste font partie des athlètes qu’elle a jadis supervisés.

Sur un tableau, un patineur de vitesse lève un drapeau canadien au-dessus de son casque.

À l'entrée du Pacific Coliseum, une toile rend hommage à Charles Hamelin, double champion olympique dans cette enceinte en 2010.

Photo : Radio-Canada / Olivier Tremblay

Pour certains d’entre eux, Vancouver 2010 a carrément été une porte d’entrée vers le sport qui continue de les suivre aujourd’hui, comme une Courtney Sarault dont la curiosité a été piquée à cette époque et qui, à tout hasard, peut croiser un Olivier Jean ou un Charles Hamelin à l’occasion à l’aréna Maurice-Richard.

Nous avons gagné des médailles, nous avons vécu des moments vraiment marquants, se souvenait Sarault, mercredi. C’est la première fois que je me suis sentie vraiment interpellée par ce sport. J’avais la passion. Je voulais être comme eux et reproduire leurs exploits. Nous sommes vraiment contents de présenter une équipe forte ici pour notre retour dans ce magnifique aréna.

Le Pacific Coliseum pendant le premier match des Goldeneyes de Vancouver.

Quinze milles personnes étaient présentes au Pacific Coliseum pour le premier match de l'histoire des Goldeneyes de Vancouver. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Corentin Mittet-Magnan

Le Pacific Coliseum a quelque peu changé, mais il respire encore le sport. Les Goldeneyes de la LPHF y ont élu domicile et l’ont décoré de leur ton de bleu caractéristique, même si le rouge de la marque Circuit mondial de courte piste a préséance pour le week-end.

Vendredi, le retour du patinage de vitesse ici se concrétisera en matinée avec le tour préliminaire du 500 m, une épreuve où le Canada a gagné trois médailles en 2010 et où le pays compte toujours un champion olympique et un champion du monde en titre. Si on croit en la poésie, Steven Dubois aura encore du métal à son cou ce week-end.

Avec les informations de Josie-Anne Taillon et de CBC Vancouver

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