Julia s’apprête à fêter ses 49 ans, et se sent pourtant bien plus jeune que ce chiffre, notamment lorsqu’elle gravit les escaliers quatre à quatre. «Je n’ai pas pour autant l’impression d’avoir 16 ans, qu’on s’entende!» Le concept d’âge ressenti, ou «subjectif», théorisé par Robert Kastenbaum dans son étude «The Ages of Me» (1972), renvoie à la perception intime de notre âge. Bien souvent, elle ne coïncide pas avec notre âge réel ou chronologique.
Selon une étude de l’University College of London, 70% de la population partagerait ce sentiment de décalage. C’est une bonne nouvelle, car un âge ressenti inférieur à l’âge réel serait notamment corrélé à un risque de morbidité moindre, et permettrait de prédire notre état de santé plus adéquatement que l’âge indiqué sur nos papiers d’identité, selon Yannick Stephan, chercheur en psychologie et professeur associé au Pôle de recherche Biologie Santé de l’Université de Montpellier. Cet âge ressenti «dépend en partie de facteurs psychosociaux et biomédicaux, notamment le vécu de l’âgisme et les indicateurs perceptibles de forme physique et d’âge biologique». Comme pour la météo, ce ressenti est donc variable. Quand une grippe carabinée assortie d’une mauvaise nuit nous donne le sentiment d’avoir pris 10 ans, on en aura à nouveau 17 lors d’une soirée survoltée entre amis.


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