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Depuis deux ans, l’école primaire François-Thibault de Bonaventure fait une plus grande place à l’histoire acadienne dans son programme scolaire.
Vendredi, pour une deuxième rentrée de suite, les élèves ont tenu un tintamarre afin de souligner leur appartenance à la communauté acadienne. Ces célébrations s’inscrivent dans un processus plus large de réappropriation de l’histoire locale.
À Bonaventure, un projet-pilote a été instauré dans les dernières années entre l’école primaire et le Musée acadien du Québec, chapeauté par le Groupe de recherche sur l’éducation et les musées (GREM) de l’Université du Québec à Montréal. Depuis plusieurs années, la Coalition des organisations acadiennes du Québec (COAQ) s’implique aussi afin de sensibiliser le ministère de l’Éducation à l’importance d’inclure l’histoire locale dans le parcours scolaire.
L'idée, c’est de se dire que si tu connais ton territoire, tu vas mieux connaître le reste après.
Selon la directrice générale du Musée acadien du Québec, Myriam Custeau, sensibiliser les jeunes aux réalités de leur territoire permet de venir ancrer l’histoire dans le réel.

«Le Musée acadien du Québec, c’est le seul musée acadien au Québec. Donc recevoir le congrès mondial acadien, ça permettrait de développer des liens, c’est certain» explique la directrice du musée, Myriam Custeau.
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Quand les jeunes ont fini de parler de l'histoire acadienne sur le territoire de Bonaventure, puis qu'on leur parle de la guerre entre la France et l'Angleterre [...], puis les traités et tout ça, ils comprennent ce qu'on veut dire, estime-t-elle.
La directrice de l’école François-Thibault, Natalie Arsenault, estime que d’en apprendre plus sur leur histoire permet aussi aux élèves de mieux apprivoiser l’altérité. Quand l'enfant sait quelle est sa propre culture, il est plus fier de lui. Les apprentissages deviennent plus signifiants. Ensuite, il est plus ouvert aussi à la culture des autres, remarque-t-elle.
Si l’on sait d'où l'on vient, on va savoir plus où l'on va.
Pour que l’histoire se fasse autrement
L’objectif, du GREM, de la COAQ et du Musée acadien, à terme, est de déposer un mémoire au ministère de l’Éducation pour faire valoir les bienfaits de l’enseignement de l’histoire et de la culture locales. On aimerait que ça parte un peu plus des territoires où les gens vivent pour mieux comprendre, après ça, le Québec et l’histoire globale, explique Myriam Custeau.
Afin d’en arriver là, Natalie Arsenault se rappelle avoir épluché le programme éducatif avec l’aide de la conseillère pédagogique de l’établissement et du Musée acadien pour déterminer le meilleur endroit où aborder la déportation acadienne et la fondation de Bonaventure.
On s'est rendu compte qu’il y avait une belle période en 4e année [...] pour faire plus de place à notre histoire locale.
Selon la directrice, les résultats s’observent déjà. On a vraiment vu un bel engouement de la part des élèves, mais aussi de la part des enseignantes qui ont vraiment développé leur connaissance de leur propre histoire, dit-elle.

L'artiste Caroline Dugas, la Fée couleur, a réalisé des jeux actifs peints au sol inspirés de l'Acadie à l'École François-Thibault de Bonaventure, grâce à un partenariat avec la Table des saines habitudes de vies Gaspésie-les-Îles.
Photo : Gracieuseté de : Natalie Arsenault
Myriam Custeau se rappelle aussi avoir épluché le programme du ministère en quête du meilleur endroit où insérer du contenu local. À terme, elle espère que le projet permettra à d’autres communautés de se réapproprier leur histoire et leur culture, et de les remettre au centre du cursus scolaire.
C'est un projet qui peut être exportable, puis fait avec une autre histoire ailleurs.
Un combat de longue haleine
En 2023, la présidente de la COAQ Isabelle Marsolais, militait pour que le cursus scolaire québécois accorde une place accrue à l’histoire acadienne.
L’école François-Thibault a contribué à l’élaboration et à l’expérimentation des trousses pédagogiques qui ont été créées par le GREM, en collaboration avec le Musée, affirme Natalie Arsenault.
Myriam Custeau se réjouit que le dossier ait remonté dans la structure du ministère de l’Éducation. Ça s’est rendu à la sous-ministre, ajoute-t-elle.
La présidente de la Coalition des organisations acadiennes du Québec, Isabelle Marsolais, dit poursuivre les démarches auprès des différents partis politiques dans le cadre de la campagne électorale. Elle espère faire comprendre au prochain gouvernement l’importance de parler de l’Acadie au Québec, surtout avec la venue, en 2029, du Congrès mondial acadien dans la Baie-des-Chaleurs.
Voilà une belle occasion pour un gouvernement de montrer son engagement pour la culture acadienne du Québec et d’être précurseur dans l'enseignement de cette partie de l'histoire.
La directrice du Musée acadien salue les répercussions actuelles du partenariat. Elle invite d’ailleurs toutes les municipalités à se tourner vers leurs institutions culturelles, afin de profiter de leur expertise dans la mise en place d’initiatives semblables. Selon elle, c’est toute la société qui y gagne.
[Les élèves] ne deviennent pas des spécialistes d'histoire, mais ils comprennent mieux et ça fait de meilleurs citoyens.


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