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En plein scandale du périscolaire, faire garder ses enfants par un homme, un sujet de prise de tête pour ces parents

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Life 04/09/2026 13:32

Face à l’ampleur des violences sexuelles subies par les enfants, au moment de choisir un mode de garde, de nombreux parents se méfient. Notamment des hommes.

À l’heure où, partout en France, on découvre des accusations de violences sexuelles dans le périscolaire, cette année, la garde des enfants se fait sous tension.

Natalia Lebedinskaia / Getty Images

À l’heure où, partout en France, on découvre des accusations de violences sexuelles dans le périscolaire, cette année, la garde des enfants se fait sous tension.

« J’essaye de raisonner sans a priori, mais les chiffres font peur », écrit une mère dans un post Reddit concernant la future crèche de son fils. Les chiffres auxquels elle fait référence, ce sont les suivants : d’après la Ciivise, 97 % des mis en cause pour violences sexuelles sur des mineurs sont des hommes. Et ce qui l’inquiète, c’est que des hommes fassent partie du personnel de la crèche.

Il y a quelques mois, de nombreux parents ressentaient moins de méfiance. Mais à l’heure où, partout en France, on découvre des accusations de violences sexuelles dans le cadre du périscolaire, cette année, la garde des enfants se fait sous tension. Aux contraintes financières et professionnelles s’ajoutent des lourdes craintes sur la sécurité. Au point de créer des frictions entre les parents, mais aussi des réflexions contradictoires, parfois douloureuses. Hélène* et son conjoint en ont fait l’expérience à la rentrée.

« Pas prendre de risque avec un inconnu »

« On passe par un organisme spécialisé pour trouver des baby-sitters, et dès le début, on était open sur le fait que ça pourrait être une fille ou un garçon, il n’y avait aucun problème. » Mais à la fin des vacances d’été, leur entreprise leur propose un profil de baby-sitter masculin pour garder leur fils de 7 ans. « Tout de suite, mon mec m’a dit “non, c’est mort”. Je lui ai proposé de le rencontrer, mais il a refusé, argumentant qu’il est impossible de savoir si c’était un agresseur sexuel potentiel. » Un rejet qui surprend beaucoup Hélène.

« Je n’étais pas du tout d’accord, mais pour lui, ce n’est pas une option envisageable », explique la mère. « Dans le cadre de son travail, il a lu tous les rapports, a suivi les affaires [d’agressions sexuelles sur mineurs dans des cadres de garde, ndlr], et pour lui, dans ce contexte, c’est le risque 0 qui prime, il ne veut pas prendre de risque avec un inconnu. »

Son conjoint n’est pas seul dans ce cas. Sur les réseaux sociaux, des parents expriment les mêmes peurs. « Étant moi-même un homme, je reconnais que je suis plus rassuré de savoir que le personnel de la crèche (et même de la maternelle) où mon fils est allé est exclusivement féminin », témoigne un père sur Reddit.

À l’inverse, de nombreux parents soulignent aussi leurs expériences positives avec des hommes qui travaillent dans la petite enfance, tandis que d’autres s’insurgent d’une forme de discrimination et rappellent que 77 % des violences sexuelles sur mineurs ont lieu au sein de la famille.

Des postures qui portent toutes leur lot de contradictions et d’hésitations. « Du coup, on perpétue l’idée que les femmes s’occupent du care [le travail du soin, ndlr], et les hommes s’occupent du reste (généralement plus valorisé, au moins financièrement, même si ce n’est pas vrai partout) », souligne un commentaire.

« On s’est beaucoup pris la tête »

Un tiraillement vécu par Sabrina* et son conjoint, parents d’une fille de deux ans et demi. « On s’est beaucoup pris la tête », confie la jeune mère. « Il y a eu l’affaire Lyhanna, le périscolaire… J’en suis venue à me dire qu’il fallait éviter à tout prix qu’elle soit gardée dans des lieux avec des hommes, à la crèche ou ailleurs. J’y pensais beaucoup, j’en parlais. »

Son conjoint lui demande régulièrement de « lâcher du lest » sur le sujet. « Il peut être agacé par ma méfiance, comme si, quand je citais des chiffres, je le mettais aussi en cause lui, ou nos proches masculins. Mais pour moi, c’est important de l’avoir en tête, soupire-t-elle. Pourtant, je ne veux pas apprendre à ma fille à avoir peur de tout le monde, j’aimerais lui inculquer une sorte d’ouverture. »

Ce qui en ressort, c’est surtout beaucoup de malaise. « Je ne me fais pas ces réflexions de gaieté de cœur », ajoute Sabrina*. Tout comme Hélène* et son conjoint, qui ont changé leurs critères auprès de l’agence de baby-sitting pour exclure les profils masculins. « Ça le fait chier d’en arriver là, mais c’est un refus net et sans tache, pointe la Parisienne, qui préférerait faire autrement. « Mais mon but, ce n’est pas de m’engueuler avec mon mari ou qu’il soit ultra mal à l’aise. »

*Les prénoms ont été modifiés

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