La statue Notre-Dame de France, perchée à 757 m sur le rocher Corneille, veille sur Le Puy-en-Velay depuis 1860. Elle est fondue dans le métal de 213 canons russes, selon l’agence départementale de Haute-Loire. Ces pièces d’artillerie, prises à Sébastopol pendant la guerre de Crimée, sont arrivées au Puy parce qu’un évêque a obtenu une promesse de Napoléon III.
Cet évêque s’appelait Auguste de Morlhon.
À retenir
- Une promesse de Napoléon III a permis de fondre la statue avec des canons pris à Sébastopol.
- La statue mesure 22,70 m et se dresse à 757 m d’altitude sur le rocher Corneille.
- L’intérieur creux se gravit par des escaliers de fonte, mais le monument est fermé de septembre 2026 à mai 2028.
Sommaire
Un concours européen et une souscription de 325 000 francs
Le projet commence par un choix artistique. Le 8 novembre 1853, le dessin de Jean-Marie Bonnassieux est retenu parmi 53 ou 54 maquettes, lors d’un concours européen. La première pierre est posée le 10 décembre 1854, et la souscription lancée pour financer l’ouvrage atteint 325 000 francs.
Le sculpteur est resté célèbre pour une légende qui court dans le Velay. Selon cette rumeur, il se serait suicidé parce qu’il avait placé l’Enfant Jésus sur le bras droit de la Vierge plutôt que sur le gauche. C’est faux : Bonnassieux est mort à 81 ans, en 1892. Le choix du bras droit était voulu, car il permet à l’Enfant de bénir la ville sans cacher le visage de sa mère, une disposition inhabituelle en statuaire.
5 septembre 1855 : l’évêque plaide sa cause à Paris
Ce jour-là, Mgr de Morlhon se rend à Paris pour voir Napoléon III. Il repart avec un don de 10 000 francs et une promesse, celle de lui donner les canons qui seraient pris à Sébastopol si le siège aboutissait. D’après Wikipédia, l’idée viendrait du maréchal Pélissier.
La ville tombe trois jours plus tard.
Il faut pourtant attendre la fin de la guerre pour que l’Empereur honore sa parole. Le traité de Paris est signé le 30 mars 1856 et, vingt jours après, la livraison arrive : 150 000 kg de fonte provenant de canons de marine. Les sources ne disent pas la même chose sur ce point : Wikipédia donne le poids de la fonte sans compter les pièces, alors que le département avance le chiffre de 213 canons. C’est donc « 213 canons, selon le département » qu’il faut écrire, sans en faire un décompte d’archives.
Le chantier se déroule à Givors, où la fonte de la statue démarre dès mars 1856. Les premières pièces rejoignent Le Puy le 28 juillet 1859. Un peu plus d’un an plus tard, le 12 septembre 1860, la statue est bénie devant près de 120 000 fidèles.
Un colosse de fonte creux, qui se grimpe
La Vierge mesure 16 m et repose sur un piédestal de 6,70 m, ce qui donne une hauteur totale de 22,70 m. Elle se dresse à 757 m d’altitude, au sommet d’un neck de basalte de 132 m, vestige d’un ancien conduit volcanique. De la ville basse, elle est visible de partout, d’autant que sa fonte est peinte en rouge.
Le monument pèse environ 835 t au total, dont 110 t pour la seule statue. Elle est assemblée à partir d’une centaine de pièces de fonte boulonnées entre elles, comme un puzzle de métal.
Cette Vierge est creuse et on peut y monter. On franchit d’abord 33 marches dans le piédestal. Un escalier tournant en fonte de 58 marches, réparti sur trois étages, mène ensuite jusqu’à la tête. Une échelle permet enfin d’atteindre la couronne.
Aux trois étages, des fenêtres ouvrent sur la ville et sa région. Le canon est ainsi devenu un escalier, des marches de fonte venues d’une flotte russe.
Le monument le plus visité de Haute-Loire, fermé jusqu’en 2028
En 2024, la statue a accueilli 115 399 visiteurs, ce qui en fait le monument le plus visité de Haute-Loire. Cela représente en moyenne plus de 315 personnes chaque jour de l’année. Beaucoup viennent à pied, par une montée aménagée avec des points de repos.
Cette fréquentation s’arrête pour un temps. La statue est fermée pour travaux de septembre 2026 à mai 2028, soit un chantier d’environ 20 mois. Les curieux devront donc se contenter de la voir de loin, depuis la ville.
Le site a été inscrit au titre des monuments historiques par un arrêté du 10 novembre 1997. La protection couvre la statue et son socle, mais aussi les canons de Sébastopol conservés sur place et la statue de Mgr de Morlhon, érigée en 1864 face à la Vierge par le même sculpteur.
Sources : myhauteloire.fr | guide-tourisme-france.com


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