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En soutenant la constitution de ce nouveau groupe, le gouvernement de Giorgia Meloni a privilégié les intérêts italiens, à l’heure où Bruxelles veut favoriser l’émergence de champions européens transnationaux, plus à même de résister à la concurrence sino-américaine.

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Matteo Del Fante, président de Poste Italiane, à Rome, le 21 mars 2024. Matteo Del Fante, président de Poste Italiane, à Rome, le 21 mars 2024.

Après s’être lancée dans l’acquisition de l’opérateur téléphonique TIM (ex-Telecom Italia), Poste Italiane, futur champion national contrôlé par l’Etat italien, a dévoilé, vendredi 24 juillet, des résultats sans précédents pour les six premiers mois de 2026. Si l’annonce d’un bénéfice net de 1,2 milliard d’euros, en hausse de 4 % par rapport au premier semestre de l’année précédente, n’a pas suscité l’enthousiasme à la Bourse de Milan, où le titre a reculé de 1,36 % sur la journée, elle intervient après le lancement, lundi 20 juillet, d’une offre publique d’achat et d’échange (OPA) sur TIM, opérateur privatisé en 1997, qui revient ainsi dans le giron de l’Etat.

Suite à l’acquisition de l’opérateur, qui doit être finalisée le 11 septembre, Rome restera l’actionnaire majoritaire de la nouvelle entité, juste au-dessus de la barre des 50 %. La naissance de ce géant italien des télécommunications, soutenue par le gouvernement de Giorgia Meloni, intervient dans un contexte marqué par le foisonnement des opérations de fusions et d’acquisitions à l’échelle mondiale.

Bruxelles paraît désormais disposée à favoriser des concentrations dans différents secteurs pour faire émerger des « champions européens ». Une telle stratégie est généralement présentée comme susceptible de permettre à l’Europe de rattraper son retard en matière d’investissement et d’innovation et, donc, comme un enjeu de souveraineté numérique face aux Etats-Unis et à la Chine. Elle correspond aux intérêts des opérateurs du secteur, qui se plaignent du fait que la réglementation actuelle, instaurant une concurrence favorable aux consommateurs, nuit à leur profitabilité.

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