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La RDC annonce un protocole sur le désarmement des FDLR, le Rwanda conteste cette avancée

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Kinshasa annonce avoir franchi une nouvelle étape dans le processus de désarmement des FDLR avec la signature d’un protocole encadrant la démobilisation et le cantonnement du mouvement. Le Rwanda conteste toutefois la portée de cette initiative et estime qu’elle ne répond pas aux engagements prévus par l’accord conclu entre les deux pays.

Les autorités congolaises annoncent une nouvelle étape dans la mise en œuvre du volet sécuritaire de l’accord conclu avec le Rwanda. Lors d’un briefing de presse tenu à Kinshasa le 28 juillet, le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a affirmé que les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) avaient signé un protocole de démilitarisation, de démobilisation et de cantonnement.

D’après les précisions communiquées par les autorités congolaises, le protocole prévoit le dépôt des armes, la démobilisation progressive, le regroupement des combattants dans des sites sécurisés et, à terme, la dissolution du mouvement.

Les dirigeants politiques et militaires des FDLR se sont engagés à rejoindre ce processus avec leurs combattants. Ces derniers pourraient ensuite rentrer volontairement au Rwanda, à condition que les garanties sécuritaires nécessaires soient réunies. Ceux qui ne souhaiteraient pas être rapatriés pourraient être accueillis dans un pays tiers.

Les personnes soupçonnées de crimes graves ou de crimes contre l’humanité devront, pour leur part, répondre de leurs actes devant les juridictions compétentes.

Le gouvernement congolais prévoit également la mise en place d’un mécanisme de suivi. Un comité réunissant des partenaires régionaux et internationaux devra superviser les opérations et empêcher toute reconstitution du mouvement. Sa composition exacte et ses modalités de fonctionnement n’ont toutefois pas encore été précisées.

Du dialogue à la pression militaire

Présentes dans l’est de la RDC depuis le début des années 2000, les FDLR sont issues d’anciens combattants hutus rwandais, dont certains sont accusés d’avoir participé au génocide de 1994. Kigali présente depuis longtemps ce mouvement comme une menace pour sa sécurité.

Kinshasa affirme avoir d’abord privilégié le dialogue et la reddition volontaire. Une campagne de sensibilisation a ainsi été lancée en octobre 2025 avec l’appui de la MONUSCO. Cette initiative n’ayant pas permis d’obtenir les redditions espérées, les autorités congolaises ont parallèlement renforcé leur dispositif militaire.

Deux bataillons de l’armée ont été déployés à Walikale, dans le Nord-Kivu, afin d’accroître la pression sur le mouvement et de préparer, si nécessaire, une intervention militaire. Selon Kinshasa, cette présence renforcée sur le terrain a contribué à relancer les échanges avec les responsables des FDLR, qui ont ensuite accepté d’ouvrir des discussions sur les conditions de leur désarmement, de leur démobilisation et de leur cantonnement.

Kinshasa renvoie Kigali à ses engagements

Pour les autorités congolaises, la signature du protocole constitue une première étape dans l’application de l’accord signé à Washington entre la RDC et le Rwanda. Kinshasa estime avoir commencé à remplir ses obligations et attend désormais de Kigali qu’il respecte les siennes.

Selon la lecture défendue par la RDC, la neutralisation des FDLR doit être suivie de la levée des mesures défensives rwandaises et du retrait des forces de Kigali du territoire congolais. Les autorités congolaises soutiennent que la question des FDLR a longtemps été utilisée pour justifier la présence militaire rwandaise dans l’est du pays.

Kigali refuse cependant de considérer cette signature comme une avancée suffisante. Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a qualifié l’annonce de « non-événement », estimant que ce protocole ne remplace pas la neutralisation effective des FDLR.

L’annonce doit désormais se traduire sur le terrain. Le lieu du cantonnement, le calendrier des opérations et les moyens financiers nécessaires n’ont pas encore été rendus publics. Kinshasa a annoncé la présentation prochaine d’un plan détaillant les différentes étapes du processus, le budget prévu et le rôle de chaque acteur.

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