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D’après les secouristes palestiniens, l’ambulance transportant cette femme de 28 ans enceinte de six mois, qui souffrait d’une hémorragie sévère et était inconsciente, a été retenue plus de trente minutes au checkpoint d’Awarta par l’armée israélienne, alors qu’elle se rendait à l’hôpital.
Des soldats de l’armée israélienne, dans une rue de Naplouse, en Cisjordanie, le 16 juillet 2026. Les autorités sanitaires palestiniennes ont rapporté qu’une femme enceinte avait perdu son enfant à naître dans une ambulance, lundi 27 juillet, des soignants accusant des soldats israéliens d’avoir retardé le véhicule à un point de contrôle en Cisjordanie occupée. Ce qu’a démenti l’armée israélienne.
Enceinte de six mois, cette femme de 28 ans a été prise en charge à son domicile de Qaryout, au sud de Naplouse, alors qu’elle était inconsciente, a expliqué un soignant, Bashar Qaryouti, à l’Agence France-Presse (AFP). « Elle souffrait d’une hémorragie très sévère et se trouvait dans un état extrêmement critique », a-t-il souligné.
La femme a été placée sous oxygène dans une ambulance, qui s’est lancée dans la quête désespérée d’une route ouverte en direction de l’hôpital de Rafidia, à Naplouse. L’entrée du village voisin étant fermée, le véhicule a dû se tourner vers des chemins de terre au milieu des oliveraies. Lorsque l’équipage a finalement atteint le poste de contrôle d’Awarta, de nombreux véhicules patientaient déjà devant un portail métallique. Sirènes allumées, l’ambulance s’est frayé un chemin jusqu’à la tête de la file, où des soldats ont ordonné à Bashar Qaryouti de couper le moteur du véhicule.
« La mère a été envoyée au bloc pour arrêter l’hémorragie »
« Ils m’ont forcé, avec leurs armes, à éteindre le véhicule » et ont confisqué les cartes d’identité des soignants, raconte-t-il, précisant avoir expliqué aux soldats que le matériel médical de l’ambulance maintenait la patiente en vie. L’état de la femme enceinte s’est aggravé et l’infirmière à ses côtés a été contrainte de procéder à l’accouchement, à l’intérieur de l’habitacle, d’un « bébé mort-né », a affirmé M. Qaryouti. Après plus de trente minutes d’attente, selon lui, les soldats ont rendu leurs documents à l’équipage et autorisé l’ambulance à poursuivre sa route. A l’hôpital de Rafidia, « la mère a été envoyée au bloc pour arrêter l’hémorragie », retrace le soignant.
Sollicitée par l’AFP, l’armée israélienne a déclaré que « l’affirmation selon laquelle des soldats avaient retardé une ambulance au checkpoint d’Awarta était fausse », ajoutant n’avoir reçu aucun signalement des faits de la part palestinienne.
Le directeur de l’hôpital de Rafidia, Fouad Nafaa, a affirmé que la femme avait été « empêchée d’atteindre l’hôpital par l’armée israélienne ». L’hémorragie causée par la fausse couche a été maîtrisée et l’état de la patiente est désormais stable, a-t-il ajouté.
Israël a lancé une opération qualifiée d’« antiterroriste » en Cisjordanie occupée, fermant plusieurs routes à travers le territoire, à la suite d’affrontements meurtriers vendredi impliquant des colons qui ont coûté la vie à deux Israéliens et quatre Palestiniens.
Depuis l’attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, les violences ont explosé en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967.
Le Monde


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