Une jolie boisson vert émeraude, réputée pour ses bienfaits et son côté ultra-photogénique, cache parfois des surprises moins flatteuses. C’est justement ce qui arrive à beaucoup d’amateurs de matcha, séduits par cette poudre japonaise devenue incontournable dans les cafés branchés et les pâtisseries tendance depuis plusieurs années déjà. Sa couleur éclatante, sa réputation d’antioxydant miracle et son côté instagrammable en ont fait une star des réseaux sociaux. Mais derrière cette image healthy se cache une réalité que peu de consommateurs soupçonnent. Une enquête de Que Choisir vient justement de lever le voile sur un aspect méconnu de cette boisson, révélant un point commun troublant entre tous les matchas testés. De quoi reconsidérer sa prochaine tasse avant de l’avaler d’un trait.
À retenir
- Sur 7 matchas testés par Que Choisir, tous contiennent de l’aluminium et 4 dépassent le seuil fixé par l’Anses, jusqu’à quatre fois la limite recommandée.
- Contrairement au thé vert infusé, le matcha est ingéré sous forme de feuille entière broyée, ce qui empêche de filtrer les contaminants comme l’aluminium.
- L’Anses recommande la prudence sur le matcha latte et ses dérivés, alors qu’aucune réglementation européenne n’encadre actuellement la teneur en aluminium dans les aliments.
Pourquoi le matcha cache un piège que le thé vert classique évite
Tout est une question de méthode. Quand on prépare un thé vert traditionnel, les feuilles infusent puis restent au fond de la théière, filtrées avant la dégustation. Le matcha, lui, fonctionne à l’inverse : il s’agit de feuilles de tencha entièrement broyées en une fine poudre, que l’on mélange directement à de l’eau chaude ou du lait. Résultat, rien n’est filtré, rien n’est laissé de côté. La feuille est avalée dans son intégralité, avec tout ce qu’elle contient, bons antioxydants comme substances moins désirables. Ce détail de préparation, presque anodin en apparence, change pourtant complètement la donne côté exposition aux contaminants naturellement présents dans la plante.
Des taux d’aluminium jusqu’à quatre fois supérieurs aux recommandations
L’aluminium n’a rien d’un ajout artificiel : ce métal est naturellement présent dans les sols volcaniques où pousse le théier, notamment au Japon et en Chine. Le thé vert infusé pose peu de problème, car l’aluminium se dissout à peine dans l’eau chaude. Mais avec le matcha, tout change puisque la feuille entière finit dans la tasse. Que Choisir a testé 7 matchas de prix et de qualités variés, et le constat est sans appel : tous sont contaminés par de l’aluminium. Plus préoccupant encore, 4 références sur 7 dépassent la valeur de référence fixée par l’Anses, certains échantillons atteignant près de quatre fois ce seuil en une seule tasse. Un chiffre qui donne le vertige, d’autant qu’aucune loi européenne n’encadre actuellement cette teneur en aluminium dans les aliments et boissons.
Un risque sanitaire qui dépasse déjà le simple amateur de matcha
L’aluminium n’est pas un métal à prendre à la légère : il est neurotoxique en cas d’exposition chronique élevée. En 2025, l’Anses a fixé une valeur toxicologique de référence bien plus stricte que celle établie par l’Efsa depuis 2008, soit 3,5 fois moins élevée. Et le chiffre le plus frappant n’est peut-être pas celui du matcha : selon l’étude de l’alimentation totale de l’Anses, publiée en 2026, 39 % des adultes dépassent déjà ce nouveau seuil au quotidien, toutes sources confondues. Une donnée qui remet en perspective l’exposition globale à ce métal, bien au-delà du seul cas des amateurs de matcha latte.
Face à ces résultats, Que Choisir ne réclame pas d’interdiction, mais appelle à la prudence. L’association recommande de limiter la consommation de matcha latte et de produits dérivés comme les cookies au matcha, en attendant que la réglementation européenne se penche enfin sur cette zone grise.
Le matcha garde ses qualités, notamment sa richesse en antioxydants, mais son mode de consommation particulier mérite désormais un peu plus de vigilance. Reste à savoir si cette alerte suffira à faire évoluer les habitudes, ou si la belle couleur verte continuera de l’emporter sur la prudence.


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