Il y a peu, le gouvernement équatorien a annoncé avoir mené avec succès ses premières opérations d’extraction pétrolière par fracturation hydraulique. Malheureusement, ces opérations concernent la forêt amazonienne, ainsi ses habitants. Les peuples autochtones protestent vivement mais le gouvernement semble vouloir absolument relancer la production nationale de pétrole, en déclin depuis au moins une décennie.
Une relance de la production
Le 29 avril 2026, l’Équateur a confirmé le succès de ses premières opérations d’extraction pétrolière par fracturation hydraulique au sein de la forêt amazonienne, dans la province de Sucumbíos, près de la frontière avec la Colombie. Le projet associe la compagnie pétrolière nationale Petroecuador et filiale de la China National Petroleum Corporation – CNPC.
Comme le révèle la plateforme de recherche juridique locale Lexis Ecuador dans un article publié le même jour, le premier puits affiche un rendement initial modeste de 930 barils par jour. Néanmoins, le gouvernement du pays voit ici une opportunité de relancer une production nationale en déclin, ayant accusé une baisse de 13% en dix ans.
La colère des peuples autochtones
Sans surprise, les peuples vivant dans la forêt voient ces opérations d’un très mauvais œil. Comme l’indique le magazine Mongabay dans un article du 1er avril 2026, la Confédération des nationalités indigènes de l’Équateur (CONAIE) et d’autres organisations ont dénoncé un passage en force de l’État. Les leaders indigènes s’indignent de l’expansion des infrastructures sur leurs terres ancestrales, surtout que le gouvernement n’a pas jugé opportun de les consulter. Il y a donc ici une absence de consentement.
De plus, l’ONG Human Right Watch publiait un article en mars 2026, affirmant que l’Équateur avait violé un arrêt de la Cour interaméricaine des droits de l’homme, garantissant la protection des peuples isolés – les Tagaeri et les Taromenane – de l’extraction pétrolière.
« Il est clair qu’on tente de nous faire taire et de nous intimider. Le but est de décourager et d’empêcher la libre participation des citoyens. », a déclaré Pedro Bermeo, coordinateur juridique du groupe, promoteur de la consultation auprès du Conseil national électoral (CNE).
La fracturation hydraulique : une menace directe pour l’environnement
Les actuelles opérations du gouvernement concernent évidemment l’environnement. Récemment utilisée pour la première fois en Équateur, la fracturation hydraulique (ou fracking) est une technique industrielle d’ingénierie consistant à fissurer des roches souterraines très compactes et imperméables afin de libérer et extraire le pétrole ou le gaz naturel (gaz de schiste) qui s’y trouve.
Crédit : Nano Banana 2Dans un premier temps, les équipes forent verticalement à grande profondeur – souvent entre 2 et 4 km – et parfois bien en dessous des nappes phréatiques. Ensuite, le forage pivote à 90 degrés pour s’étendre horizontalement sur plusieurs kilomètres au cœur de la couche de roche. Un fluide est ensuite injecté de force dans le puits blindé, avec une pression extrême – parfois plus de 600 bars. Ce fluide est composé à 95% d’eau, 4,5% de sable (agent de soutènement) et 0,5 % d’additifs chimiques (détergents, biocides, lubrifiants).
Pour l’environnement, il s’agit d’une menace directe, puisque cette technique gaspille des quantités astronomiques d’eau et rejette des produits chimiques. En Équateur, les peuples autochtones craignent une pollution irréversible des nappes phréatiques et des cours d’eau indispensables à leur subsistance. En effet, une partie du fluide pollué remonte vers la surface, un genre de saumure également chargée en métaux lourds et en résidus radioactifs naturels. De plus, la fracturation hydraulique peut provoquer de petites secousses sismiques.


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