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La garderie Les Louveteaux à Thompson, ouverte depuis 2018, a toujours éprouvé des difficultés à recruter du personnel francophone. Aujourd’hui, presque tous les postes sont pourvus, mais il manque encore d'éducatrices formées. Face à cette pénurie, Afi Da Edoh Bokon a décidé d’entamer une formation à plus de 800 kilomètres de chez elle pour continuer d’assurer un service indispensable aux enfants francophones de la ville.
Afi Da Edoh Bokon, surnommée Dadoh, travaille à l’établissement depuis 2024. Forte de deux ans et demi d’expérience, cette Togolaise d’origine a choisi de retourner sur les bancs de l’école en septembre, ou plutôt devant son écran d'ordinateur, puisqu’elle suit les cours de l’Université de Saint-Boniface (USB) à distance.
Ici, on l’appelle l’ancienne de la garderie, parce qu’elle nous appuie beaucoup.
C’est sa passion pour le métier et pour les tout-petits qui a motivé Dadoh à relever ce défi, en toute lucidité face à la charge de travail. C’est un peu difficile parce que maintenant je dois combiner les deux, mais je m’adapte, confirme l’aide-éducatrice.

Afi Da Edoh Bokon, surnommée Dadoh, aide-éducatrice à la garderie Les Louveteaux, a entamé sa formation pour obtenir l'EJE II après avoir reçu sa résidence permanente.
Photo : Radio-Canada / Juliette Straet
Si Dadoh confie être un peu stressée devant ces deux années d’études, elle retrouve toute son assurance dès qu'elle franchit la porte de la garderie.
Madame Néné, comme elle se fait appeler par toute la garderie, constate d'ailleurs qu’après quelques semaines seulement, Dadoh applique déjà ses nouveaux acquis sur le terrain. Par exemple, pour le rassemblement du matin, je ne comprenais pas vraiment tous les détails avant. Grâce aux cours, je me suis améliorée, témoigne l'étudiante.
Un programme pensé pour les régions éloignées
Le recrutement de personnel qualifié pour les services de garde demeure un casse-tête dans les régions rurales. Or, la réglementation provinciale exige que les garderies comptent une proportion minimale d’employés certifiés, rappelle Michelle Vesey, coordonnatrice du programme d’éducation de la jeune enfance en milieu de travail à l’Université de Saint-Boniface.
Selon Mme Vesey, la formation à distance mise en place par l’USB depuis la pandémie de la COVID-19 permet à un nombre grandissant de travailleurs en région rurale de parfaire leurs compétences en français.
Dadoh est la toute première étudiante de Thompson à suivre ce programme afin d’obtenir la certification d'éducatrice de jeunes enfants de niveau II (EJE II). Malgré l'éloignement, la formule se veut interactive. Toutes les salles de classe sont équipées de micros et de caméras, et le matériel pédagogique est accessible en ligne.
Le dispositif permet également aux personnes étudiantes de conserver leur plein salaire tout en réduisant leurs heures de travail pour étudier, grâce au soutien financier du gouvernement manitobain.
C’est gagnant-gagnant pour le centre qui a quelqu’un qui se fait former et la personne étudiante qui reçoit son plein salaire.
L’obtention du certificat d'EJE II s'accompagne d’une hausse salariale, mais là n'est pas la seule motivation de Dadoh. Le plus important, ce n'est pas l'augmentation, mais le fait d'acquérir des connaissances, assure l'étudiante.

Juliette Chabot, la gestionnaire du CAJEM, se réjouit de voir que la garderie de Thompson est pleine.
Photo : Radio-Canada / Juliette Straet
Une garderie essentielle pour la communauté francophone
La garderie Les Louveteaux est le seul établissement francophone de la petite enfance à Thompson. Nous travaillons pour la francophonie, pour développer et élargir notre communauté francophone, insiste Madame Néné.
L’établissement accueille 20 enfants. Il y a même une liste d’attente, ce n’est pas une grande garderie, mais c’est quand même un besoin pour cette communauté, ajoute Juliette Chabot, gestionnaire au CAJEM, l’organisme responsable de la garderie Les Louveteaux.
Mais dans une ville majoritairement anglophone, le recrutement est difficile. On parle d’un pourcentage vraiment minime de personnel formé à alors il y a du potentiel pour grandir avec du personnel formé, explique Mme Chabot.
Selon Madame Néné, l'initiative de Dadoh fait déjà des émules. Plusieurs de ses collègues envisagent à leur tour d’entreprendre la formation EJE II au cours des prochaines années.


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