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Sept mois après que le gouvernement de Danielle Smith a écarté le tracé d’une commission indépendante, l’Assemblée législative de l’Alberta est saisie d’une nouvelle carte électorale présentée par le Comité spécial sur la délimitation des circonscriptions.
Déposé en Chambre lundi après-midi, le rapport du comité présidé par l’ancien juge, Brian O’Ferrall, propose de faire passer la province de 87 à 91 sièges.
Deux circonscriptions rurales évincées de la première carte proposée seraient maintenant rétablies, tandis que les limites de plusieurs circonscriptions de Calgary et de Lethbridge seraient remaniées.
Demeurant une recommandation, il revient désormais aux élus provinciaux de débattre de ladite proposition, et d’adopter les limites qui serviront au prochain scrutin albertain.

Le ministre de la Justice, Mickey Amery
Photo : Radio-Canada / Janet French
Nous aurons un débat vigoureux , a indiqué le ministre de la Justice, Mickey Amery.
Quatre sièges additionnels
La commission indépendante achevant ses travaux au printemps proposait d'augmenter le nombre de circonscriptions de 87 à 89. Alors que le nouveau comité consultatif en propose 91, souhaitant permettre de préserver les circonscriptions de Lac Ste. Anne et Rocky Mountain House-Sundre, sans évincer de siège ailleurs.
Alors que Lac Ste. Anne engloberait désormais Stony Plain, la circonscription Rocky Mountain House-Sundre reprendrait une partie du territoire de l’actuelle Rimbey-Rocky Mountain House-Sundre.
Dans la région d’Edmonton, Leduc et Beaumont demeureraient réunies, alors que leur séparation, prévue dans le premier tracé, avait été critiquée par les maires des deux villes. Pour conserver Leduc-Beaumont, le comité propose de créer Edmonton-Nisku, un changement qui entraînerait à son tour plusieurs ajustements dans le sud de la capitale.
Calgary-North West-Bearspaw accueillerait plusieurs communautés de Bearspaw; le nord de Springbank serait rattaché à Calgary-Bow-Springbank, tandis que le sud rejoindrait Calgary-West-Springbank.
Une majorité des membres du comité présente ce modèle comme une forme de représentation régionale, offrant à Lethbridge une présence dans quatre circonscriptions, tout en fournissant aux sièges ruraux voisins la population nécessaire pour atteindre une taille suffisante.
Les trois membres favorables auxdites propositions soutiennent que les résidents de ces secteurs gravitent principalement autour de Calgary, notamment pour le travail, les écoles et les services, tandis que Gerard Kennedy et Brent Robinson, deux des trois auteurs minoritaires du rapport, répondent que ces modifications n’étaient pas nécessaires, pour rétablir les sièges ruraux.

Le chef de l'opposition, Naheed Nenshi, estime que la proposition « efface Lethbridge de la carte ».
Photo : La Presse canadienne / James Maclennan
À Lethbridge, deux circonscriptions pUn redécoupage de la carte électorale contesté en Albertament urbaines seraient remplacées par un siège situé dans la ville ainsi que trois autres, s'étendant dans les régions environnantes.
Une seule circonscription, appelée Lethbridge, respecterait entièrement les limites municipales, tandis que le reste de la population serait réparti entre Lethbridge-Little Bow, Lethbridge-Taber-Warner et Lethbridge-Cardston.
Une carte électorale contestée par l'opposition
Le chef de l'opposition, Naheed Nenshi, dit que la proposition efface Lethbridge de la carte , car environ 40 % des résidents ne voteraient plus avec les autres électeurs de leur ville, mais avec ceux de communautés rurales parfois situées à plusieurs centaines de kilomètres.
Si le gouvernement a l’audace d’adopter ce redécoupage électoral à la manière de Trump, je répondrai deux choses : nous finirons par l’emporter quoi qu’il advienne, et leur seul legs sera d’avoir échoué
Le dernier accuse notamment le gouvernement d’avoir redessiné certaines circonscriptions stratégiquement, dans le but de favoriser le Parti conservateur uni, notamment en diluant le vote urbain dans les secteurs où l’appui au NPD est plus fort.

Naheed Nenshi a accusé les conservateurs unis de vouloir faire du « gerrymandering », soit un redécoupage partisan des circonscriptions électorales.
Photo : Radio-Canada / Joshua McLean / CBC
Un deuxième redécoupage en quelques mois
Cette nouvelle carte découle d’un désaccord apparu au terme du premier exercice.
Mise sur pied en 2025, la Commission de délimitation des circonscriptions réunissait le juge Dallas Miller, deux membres choisis par le gouvernement et deux autres nommés par l’opposition néo-démocrate; après plusieurs mois d’audiences publiques à travers la province, elle a remis en mars un tracé de 89 sièges.
Depuis le précédent redécoupage, en 2017, la population albertaine a augmenté de plus de 800 000 personnes.
Pour mieux refléter cette croissance, trois des cinq membres recommandaient de supprimer deux circonscriptions rurales et d’accroître la représentation des villes, une approche à laquelle se sont opposées les deux personnes nommées par le gouvernement, qui faisaient valoir que la superficie des territoires, les distances à parcourir et l’accès aux élus devaient aussi entrer dans le calcul.
Le juge Miller a alors proposé une solution : si l’Assemblée législative refusait la disparition des deux sièges ruraux, elle pouvait porter leur nombre de 89 à 91, les rétablir et préserver le reste de la carte autant que possible.
Le gouvernement a choisi cette voie, puis confié un nouvel examen à un comité parlementaire composé de quatre députés du Parti conservateur uni ainsi que deux députées du Nouveau Parti démocratique.
Présidé par Brian O’Ferrall, le comité consultatif n’a pas tenu de nouvelles audiences publiques, contrairement à la première commission, alors que ses membres avaient accès aux témoignages, aux mémoires et aux cartes recueillis pendant les consultations précédentes.
Deux lectures du même mandat
L'ancien juge Brian O’Ferrall estime que le groupe pouvait recommander les ajustements qu’il jugeait nécessaires, pour assurer une représentation effective de l'électorat albertain.
Dans le sommaire du rapport, le dernier affirme qu' après avoir lu le droit encadrant le découpage électoral, qui demeure à plusieurs égards peu développé au pays, je suis d’avis que les propositions contenues dans ce rapport ne sont pas inconstitutionnelles.
Les deux membres minoritaires du comité s’attendent néanmoins à ce que les tribunaux soient appelés à trancher.
Leur rapport relève aussi un écart entre les grandes villes et le reste de la province : un siège compterait en moyenne 56 726 habitants à Calgary et 56 948 à Edmonton, contre 50 107 ailleurs en Alberta.
Élections Alberta réclame plus de temps
L’éventualité d’un recours judiciaire préoccupe aussi le directeur général d'Élections Alberta, Gordon McClure, qui indique dans une lettre aux députés que l'organisme a nécessite normalement entre 12 et 18 mois, pour adapter ses systèmes informatiques, réorganiser les bureaux de vote, recruter son personnel et informer les électeurs.
Il propose donc de conserver les 87 circonscriptions actuelles en 2027 ou de reporter la date fixe du scrutin.

L’éventualité d’un recours judiciaire préoccupe aussi le directeur général d'Élections Alberta, Gordon McClure.
Photo : Radio-Canada / Emmanuel Prince-Thauvette
Le ministre de la Justice, Mickey Amery, rejette les deux scénarios.
Les débats pourraient commencer d’ici la fin de la semaine au sein de l'Assemblée législative; jusqu’à l’adoption d’une nouvelle carte, les 87 circonscriptions actuelles demeurent en vigueur.
Les prochaines élections provinciales sont prévues le 18 octobre 2027.


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