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Les électeurs de l’État du Maine éliront leur prochain représentant au Sénat américain, mardi. La sénatrice républicaine Susan Collins se bat pour conserver son siège pour un 6e mandat consécutif, alors que son opposant, le démocrate Troy Jackson, tente de la détrôner.
Face à l’impopularité grandissante du président Donald Trump, certains électeurs du Maine sont confiants que la vague bleu des démocrates les atteindra cette fois ci.
Je pense que Jackson va gagner, il y en a encore qui sont pour Trump, mais moi je ne suis pas là moi, lance Joe Pelletier qui souhaite que le candidat démocrate représente les Mainois au Sénat américain.

L'un de axes phares de la campagne de la sénatrice républicaine Susan Collins est la guerre tarifaire avec le Canada.
Photo : (Mike Crawley/CBC)
Depuis les élections présidentielles de 1992, les démocrates ont remporté la majorité des voix au Maine lors d’élections présidentielles, mais les votes pour le sénat ne suivent pas cette tendance, selon le professeur d’histoire et d’éducation à l’Université du Maine à Fort Kent, Paul Buck.
Somme toute au Maine, le vote était pour M. Biden, souligne le professeur, qui explique que la majorité des électeurs n'ont pas voté pour Donald Trump lors des élections de 2024.
Susan Collins, un cas particulier chez les républicains
Les sénateurs sont élus pour des mandats de six ans. La plus récente élection de Susan Collins remonte donc à 2020, alors que Trump terminait son premier mandat.
D'après le professeur Buck, la sénatrice Collins est un cas particulier dans le parti républicain actuel.

Paul Buck, professeur d’histoire et d’éducation à l’Université du Maine à Fort Kent.
Photo : Radio-Canada / Allyson Dubé
Mme Collins est considérée aux États-Unis plus comme centre-droite, ici au Canada elle serait considérée comme plus conservatrice.
Susan Collins s'est déjà publiquement opposée à Donald Trump sur certaines de ses politiques, notamment sur la question des tarifs imposés aux biens canadiens. Au Madawaska, des deux côtés de la frontière canado-américaine, la question des tarifs suscite de vives oppositions.
Mais pour certains électeurs, ce n’est pas assez.
Si la décision la sert, puis c’est la décision à Trump, elle va aller avec Trump, explique Lester Michaud de Sainte-Agathe, qui ne comprend pas pourquoi la course est toujours aussi serrée.

Lester Michaud, un électeur américain de Sainte-Agathe au Maine.
Photo : Radio-Canada / Allyson Dubé
Il y a beaucoup de monde qui va essayer de redresser le calot sur l’eau, pour qu’on puisse aller dans la bonne direction, ajoute l’homme qui a déjà voté par anticipation.
Les sondages ne disent pas tout
Le candidat démocrate à l’élection sénatoriale, Troy Jackson, possède une légère avance dans plusieurs sondages, mais selon le professeur, il ne faut pas se fier entièrement aux prédictions.
Il faut s’attendre à des surprises, de quel côté, on ne sait pas, lance le professeur Paul Buck qui explique que lors des dernières élections de mi-mandat en 2022, certains résultats n'ont pas suivi les prédictions.

La sénatrice républicaine Susan Collins (à gauche) et son rival démocrate Troy Jackson lors d'un débat à Bangor, dans le Maine, le 15 octobre 2026.
Photo : Associated Press / Gregory A. Rec/Portland Press Herald
On est plus complexes que disent les sondages, lance le professeur, qui précise que souvent il est question du sud et du reste de l’État, explique-t-il, mais il y a des exceptions partout.
Le Madawaska américain, historiquement, est plus démocrate parce que des gens qui étaient d'origine francophone soit Acadiens ou Canadiens français, Québécois plus tard, historiquement ont voté démocrate, ces jours ci, ça devient plus des gens du centre et même conservateurs, souligne le professeur.
Pour l’électeur Normand Doucette, les gens du Maine peinent à joindre les deux bouts en raison de l’augmentation du coût de la vie. Selon lui, c’est l’enjeu qui viendra jouer le plus sur le vote mardi.
On le sait tous, le gaz est cher, le manger est cher, la vie est chère, les taxes remontent, ça fait qu’il y a gros de monde qui blâment ça sur les républicains, souligne M. Doucette.

Normand Doucette se rendra aux urnes mardi pour voter aux élections de mi-mandat dans son État du Maine.
Photo : Radio-Canada / Allyson Dubé
Jim Cyr, lui, est d’avis que les gens de sa région ne voteront pas pour la sénatrice républicaine Susan Collins lors de cette élection de mi-mandat parce que dans ce boutte ici c’est pas mal tout démocrate.
Il y en a gros qui aiment pas Trump, puis suffit qu’elle est dans le même parti, elle perd des votes à cause de Trump, c’est pour ça que ça va être tight, selon lui.
C’est de valeur, mais c’est ça que c’est, ajoute l'homme qui a l’intention d’aller voter mardi.
L'avenir des relations canadiennes en jeu
D'après le professeur Paul Buck, ces élections de mi-mandat vont jouer un rôle clé pour l'avenir politique américain.
Peu importe ce qui se passe au niveau fédéral, on est de la famille, donc là j’espère qu’il y aura un certain rapprochement, souligne le professeur.
Les relations canado-américaines, toujours tendues d’un bord et de l’autre de la frontière, pourraient possiblement être modifiées, selon certains électeurs, mais ce n’est pas assuré pour d’autres.
Ça serait bien beau si on se rapprochait, mais j’ai envie de dire que non. À moins que ça changerait de parti, il y aurait une chance, lance Jeanne Pelletier qui explique que les Canadiens boudent encore les commerces de son côté de la frontière.
Le Maine n'est pas le seul État où les élections de mi-mandat pourraient changer la donne pour le gouvernement actuel. La Caroline du Nord, l'Alaska, l'Ohio, l'Iowa, le Texas et le Michigan sont des États où les électeurs pourraient brouiller les cartes.
Avec des informations d'Allyson Dubé


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