Le bâtiment de brique rouge qui héberge le marché aux antiquités Grays, à deux pas d’Oxford Street, au cœur de Londres, ne laisse en rien présager des trésors qu’il héberge. A l’intérieur, un dédale de couloirs sépare des échoppes qui regorgent de colliers, de bagues, de broches, de vases chinois, de dentelles et d’argenterie antiques. Un monsieur arrive avec une montre ancienne. «Tu m’en donnes combien?» interroge-t-il. «Je peux aller jusqu’à 500 livres», répond le vendeur.
Charlotte et Georgia Sayers, un duo mère-fille, sont adossées à une vitrine dédiée aux bijoux antiques et vintage. Une rivière de diamants datant de l’ère victorienne y côtoie un bracelet Art déco aux formes géométriques et un bangle doré des années 1970. Charlotte Sayers sort une bague munie d’un diamant de 4,75 carats taillé à l’ancienne. «Les tailles pratiquées à la main au XIXe siècle avaient davantage de caractère, juge-t-elle. Les gemmes émettaient une lueur plus diffuse, moins prévisible que les pierres d’aujourd’hui taillées au laser pour maximiser leur éclat.»


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