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Chaque année depuis 1997, la Toronto Film Critics Association, qui rassemble les professionnels d’expression anglaise de la métropole, récompense des films canadiens et internationaux lors d’une cérémonie. Lundi dernier, le trophée du Meilleur long-métrage canadien a été attribué à Blue Heron de Sophy Romvari.
Dix-sept autres productions et figures du cinéma ont été plébiscitées, comme Paul Thomas Anderson en tant que meilleur réalisateur pour One Battle After Another ou encore Sirāt d’Oliver Laxe en tant que meilleur film international.
L’histoire aurait pu s’arrêter là, si Elle-Máijá Tailfeathers, la lauréate du prix de la meilleure actrice dans un second rôle d’une production canadienne pour Sweet Angel Baby de Melanie Oates, n’avait pas réalisé que sa vidéo de remerciement avait été tronquée. Les organisateurs ont gardé sous silence un passage dans la vidéo où celle-ci affirme que son cœur continue à être avec le peuple de Palestine, qui vit actuellement un génocide, provoquant ainsi un sentiment de censure à la comédienne.
Dans les jours qui ont suivi, l’artiste autochtone a envoyé un courriel à l’association afin de rendre son prix. Dans la même missive, elle reproche à l’organisme sa posture de neutralité, qui est une forme de violence, rappelant que, selon elle, le choix d’être apolitique est politique.

Elle-Máijá Tailfeathers (à droite) en 2021 dans le film « Night Raiders » de Danis Goulet.
Photo : Danis Goulet
De nombreux départs
À la suite de la mise en lumière de ces échanges, la situation interne de la Toronto Film Critics Association prend un tournant explosif. Sur une quarantaine de membres qui la composent, près d’une vingtaine ont déjà remis leur carte. Parmi eux, Barry Hertz (The Globe and Mail), Peter Knegt (CBC) ou encore Radheyan Simonpillai (The Globe and Mail, CTV, CBC), qui affirme dans un message envoyé à ses collègues : Je ne peux pas faire partie d’une organisation qui commence avec une reconnaissance des territoires et qui minimise le seul discours d’acceptation donné par une artiste autochtone.
Hier, l’association a réagi par un communiqué, affirmant qu’elle regrettait la décision d’Elle-Máijá Tailfeathers, mais que le discours avait été réduit afin de respecter le rythme et la durée de la cérémonie. La présidente, Johanna Schneller, assume la responsabilité de cette décision et a quitté ses fonctions mercredi. On verra, dans les prochains jours, si cela permet de stopper une hémorragie qui menace la survie même de l’association qui fêtera ses 50 ans d’existence l’an prochain.


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