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Après les feux qui ont forcé l'évacuation de milliers de personnes et causé d'importantes pertes dans l'Okanagan, région viticole de la Colombie-Britannique, deux viticulteurs estiment que le programme d'assurance provincial ne reflète pas adéquatement leurs pertes.
L'un d'eux, Jesse Gill, est propriétaire d'Okanagan Hills Winery, un vignoble de 50 acres épargné par les feux dans la région de Summerland. Il affirme avoir de la difficulté à vendre ses raisins, car la fumée a affecté une grande partie de la production dans la vallée de l'Okanagan, ajoutant qu'il n'est pas le seul.
Des producteurs voient maintenant leurs contrats annulés par plusieurs des établissements vinicoles auxquels ils livrent habituellement leurs raisins, dit-il.
Les produits invendus en raison de la fumée peuvent être admissibles au programme d'assurance provincial. Mais il craint de ne pas être remboursé à la hauteur de sa production, qui a été importante, car le volume couvert par sa police d'assurance ne correspond pas à la quantité de raisins qu'il estime avoir produite cette année.
Calculée notamment en fonction des productions des années précédentes, l'estimation de l'assureur était d'environ 60 300 kg, alors que le viticulteur estime sa production entre 136 000 et 158 800 kg de raisins.
D'après lui, il devient de plus en plus difficile de se fier à l'historique de la production pour évaluer la couverture d'assurance, car une année peut être très bonne sur le plan du rendement, mais la récolte peut devenir invendable en raison de la fumée des feux de forêt.
Leur modèle de souscription n’est plus adapté, parce que les changements climatiques ont montré qu’on pouvait avoir des événements qui se succèdent année après année, soutient-il.
Il réclame une révision du modèle de calcul du programme d'assurance afin qu'il reflète davantage la production réelle des vignobles, notamment lorsque les mauvaises années se succèdent. Si l’assurance-production doit réellement servir de filet de sécurité aux producteurs dans les années difficiles, alors le modèle doit changer.
Le propriétaire de Lightning Rock Winery, Ron Kubek, abonde dans le même sens. Lui aussi dit avoir connu une excellente année sur le plan du rendement, mais la fumée a aussi rendu sa récolte invendable. Pour produire son vin, il s'est résolu à acheter des raisins ailleurs.
Avec l’assurance, nous récupérons environ 20 cents pour chaque dollar perdu, et je dépense tout cet argent pour acheter des raisins ailleurs, dit-il, ajoutant que des détaillants ont aussi commandé davantage de caisses de vin pour soutenir son entreprise.
Des magasins d’alcool qui n’avaient jamais acheté nos vins auparavant en ont commandé. Nous sommes vraiment reconnaissants que les gens se soient mobilisés pour nous aider.
Des bénévoles vont aussi l'aider à couper les grappes, car, selon lui, dans son cas, les raisins doivent être retirés des vignes pour satisfaire aux exigences de l'assurance.
C’est un peu comme une récolte, mais sans avoir à transporter le poids des raisins.
Nous allons fournir des sécateurs aux gens. Ils pourront venir couper les raisins, voir comment nous travaillons. Nous leur offrirons le dîner et ils pourront goûter du vin. Ce sera notre façon de les remercier s’ils veulent nous donner un coup de main, tout en leur montrant ce qui se passe dans un vignoble, explique-t-il.
Avec les informations de Brady Strachan et Trom Popyk


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