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Avec l'arrivée d'un nouveau gouvernement à Québec, les adolescents souhaitent être davantage écoutés et impliqués dans les décisions qui les concernent. C'est notamment ce qui ressort d'un sondage mené dans le cadre de la 29e Semaine des maisons des jeunes qui se termine dimanche.
Lao Blais-Morin a mis les pieds pour la première fois à la Maison des jeunes de Gaspé à l'âge de 14 ans, en pleine pandémie.

À gauche, depuis qu'il a 14 ans, Lao Blais-Morin est de toutes les tribunes pour soutenir la Maison des jeunes de Gaspé et souligner son importance pour les adolescents de la communauté.
Photo : Radio-Canada / Crédit: Maison des jeunes de Gaspé
Aujourd'hui diplômé en Techniques policières, il est devenu un ambassadeur de sa maison des jeunes dans le cadre de cette semaine nationale.
Tout d'abord, ç’a brisé mon isolement, lance-t-il d’entrée de jeu. On le sait tous, pendant la COVID-19, c'était compliqué un peu de voir des amis. Il y a aussi les intervenants qui m'ont donné un espace pour discuter. Tu sais, c'était à 14 ans. C'est une étape quand même importante dans sa vie. On se pose des questions.
Depuis, Lao a décidé de faire une transition de genre. L’écoute, l’accueil et sa propre implication au sein du conseil d’administration de la Maison des jeunes de Gaspé l’ont aidé à foncer, sans regarder en arrière.
C’est connu aussi dans notre communauté que les idées suicidaires peuvent arriver et je pense que justement, la maison des jeunes m’a permis de me questionner, mais dans un espace sécuritaire et de ne pas être pris seul avec mes pensées et d’explorer tout ce qui était possible.

À l'extrême gauche, Lao Blais-Morin en compagnie notamment du maire de Gaspé, Daniel Côté, alors qu'il agissait, durant l'été, comme cadet de la Sûreté du Québec, renforçant ainsi son engagement communautaire.
Photo : Radio-Canada / Gracieuseté: Lao Blais-Morin
La province compte 250 maisons des jeunes réservées aux 12 à 17 ans et qui font une différence dans le parcours de plusieurs adolescents et adolescentes, en leur offrant un milieu de vie sain et sécuritaire.
À Gaspé, la Maison des jeunes existe depuis 45 ans. C'est l'une des plus vieilles de la région.
Notre objectif ultime, c'est de faire de ces jeunes-là des citoyens critiques, actifs et responsables, explique la coordonnatrice de l’organisme, Sabrina Fortin.

Sabrina Fortin accompagne depuis 25 ans les jeunes adolescents et adolescentes de Gaspé.
Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat
La Maison des jeunes de Gaspé accompagne une moyenne de 150 jeunes par année.
On cible l'adolescence où ces jeunes-là, quand ils viennent à la maison des jeunes, ils sont accompagnés par les membres des équipes d'animation, les intervenants, donc par des adultes significatifs qui vont les aider à développer toutes sortes de choses, comme la prise en charge, l'autonomie, la confiance en soi et la capacité de s'affirmer.
Dans le cadre de cette semaine nationale, le Regroupement des maisons des jeunes du Québec dévoile un sondage qui révèle que 41,3 % des jeunes répondants estiment que les adultes et les élus les écoutent peu, pas vraiment ou pas du tout.
Et une majorité de répondants estiment que la meilleure façon que les élus soient à l’écoute de leurs revendications, c’est d’aller les rencontrer directement dans leur maison des jeunes.
Un sous-financement toujours décrié
Avec cette semaine nationale, le Réseau des 250 maisons des jeunes de la province veut aussi lancer un message clair au nouveau gouvernement du Parti québécois.
Lorsque le gouvernement investit dans un créneau très très très spécifique, malheureusement, les maisons des jeunes sont oubliées et les jeunes en général sont oubliés, analyse Sabrina Fortin.
La prévention et l'encadrement des adolescents, pourtant les citoyens de demain, doivent prendre une plus grande place au sein des priorités politiques et des investissements publics, croit-elle.
Notre subvention annuelle est autour de 160 000 $. Quand nous on fait notre demande de financement auprès de Santé Québec, on expose des besoins qui sont plus de l'ordre de 600 000 $, si on voulait vraiment être en mesure de remplir notre mission, ajoute madame Fortin.
La coordonnatrice explique ainsi que son organisme peut embaucher deux ressources à temps plein et trois autres à temps partiel. La Maison des jeunes de Gaspé rappelle ainsi les demandes du milieu communautaire québécois, qui réclame un budget additionnel de 320 millions de dollars pour mieux remplir sa mission. Pour l'organisme, ça permettrait de transformer des postes à temps partiel en postes à temps plein.
Avec la revendication portée par le mouvement Le communautaire à boutte, le 320 millions, ça représente environ 80 000 dollars par organisme, donc pour nous, ça pourrait venir peut-être consolider deux de ces postes à temps partiel, revendique madame Fortin.
En attente d’intégrer l’École nationale de police du Québec à Nicolet, Lao Blais-Marin repense aux acquis que lui ont apportés le milieu communautaire et son histoire d’amour avec la Maison des jeunes de Gaspé. Des acquis qui lui serviront dans ce futur travail de policier.
Le travail de policier, c’est aussi d’être avec des clientèles vulnérables et je pense que d'avoir baigné un peu dans ce monde-là, de savoir un peu les réalités de tous et chacun, bien ça me permet d'avoir une vision plus large, puis d'être plus empathique envers les gens que je vais côtoyer plus tard, conclut le jeune citoyen engagé.
À ses yeux, rehausser le financement des maisons des jeunes, à la hauteur de leurs besoins, aurait un impact majeur, en permettant d’offrir davantage d’heures d’ouverture pour éviter que des jeunes qui ont des besoins urgents ne se butent pas à une porte verrouillée.
Dans la région, en raison du manque de personnel, la Maison des jeunes de Rivière-au-Renard a dû fermer ses portes en juin dernier.


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