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Depuis le début de l'année, les femmes âgées de 43 ans et plus peuvent se faire dépister pour le cancer du sein en Saskatchewan. Or, de nombreux médecins et défenseurs du dépistage s'inquiètent de voir de fausses informations circuler en ligne sur la sécurité des mammographies.
La fondatrice et présidente de l'organisme Dense Breasts Cancer, Jennie Dale, témoigne de l’ampleur du phénomène : l'une de ses publications sur Facebook a atteint plus de 400 commentaires parmi lesquels la majorité contenait des informations erronées.
C’était accablant. J’ai immédiatement transmis ces commentaires à mes confrères pour montrer l’ampleur de la désinformation, explique-t-elle.
Sur les réseaux sociaux, certains internautes affirment que les mammographies exposeraient à des niveaux dangereux de radiation et seraient très douloureuses, provoquant stress et anxiété. Ces affirmations sont démenties par les experts.
Paula Gordon, radiologue spécialisée dans le cancer du sein et professeure clinique à l’Université de la Colombie-Britannique, veut rappeler les faits. Après 40 ans, le risque lié aux rayonnements d’une mammographie est négligeable. Nous sommes exposés quotidiennement aux rayonnements de l’air, de l’eau et du sol, assure-t-elle.

Paula Gordon craint que la désinformation en ligne ne dissuade les femmes de profiter de l’abaissement de l’âge minimal pour une mammographie.
Photo : Radio-Canada
La Dre Gordon précise, par ailleurs, que le recours à la mammographie chez les femmes de moins de 50 ans reste faible dans de nombreuses régions du Canada.
Lisa Vick, survivante d’un cancer du sein et défenseure des droits des patientes, encourage les femmes à profiter de l'abaissement de l'âge minimal.
Avant de découvrir une grosseur dans mon sein à 48 ans, je pensais qu’une mammographie n’était pas nécessaire, raconte-t-elle. Aujourd’hui, avec du recul, j’aurais aimé pouvoir me faire dépister plus tôt et connaître la densité de mes seins et les risques associés.
Faux positifs et faux négatifs : comprendre les tests
Les patientes craignent parfois les tests dits faux positifs ou faux négatifs. La Dre Gordon préfère parler de fausses alertes : sur 1000 femmes dépistées, 70 sont rappelées pour des examens supplémentaires et seulement 4 reçoivent un diagnostic de cancer.
Cela permet de sauver des vies et d’éviter parfois des traitements lourds, comme la chirurgie ou la chimiothérapie.
En ce qui concerne les faux négatifs, la spécialiste explique que le cancer peut être découvert et traité, mais que la patiente peut décéder d’une autre cause.
Pour bénéficier d’un dépistage, il suffit d’avoir une carte de santé de la province et de prendre rendez-vous dans le centre de son choix.
Le temps d'attente peut toutefois varier selon la région. S'il est habituellement d'environ quatre semaines, il grimpe à quatre mois à Regina. Certaines patientes signalent également que les temps d'attente sont surprenants, allant de deux semaines à 18 mois.
Combattre la désinformation
La Société canadienne du cancer a lancé des campagnes pour contrer la désinformation sur les mammographies.

Une mammographie est un examen radiologique du sein utilisé pour dépister le cancer. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Dense Breasts Canada souhaite que les envois postaux envoyés aux femmes pour les rappels de dépistage fournissent des informations fiables sur les bénéfices du dépistage et les statistiques rassurantes.
Dès l’âge de 43 ans, les femmes devraient recevoir des lettres pour les informer qu’elles ont le droit de se faire dépister. On pourrait aussi leur rappeler les statistiques et les bienfaits lorsqu’un cancer est découvert suffisamment tôt, suggère Lisa Vick. Je ne pense pas que la mammographie devrait être perçue comme quelque chose d’effrayant.


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