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L'Association des professionnels des soins de santé du Manitoba (MAHCP), qui représente 350 professionnels de laboratoire, dénonce la mesure légale utilisée pour forcer ses membres à retourner au travail, le 8 septembre dernier.
Une audience pour déterminer si les employés de Dynacare sont des travailleurs essentiels ou non est en cours. La Commission du travail du Manitoba entend des arguments sur ce sujet depuis que le corps indépendant a ordonné aux employés de l’entreprise privée de reprendre le travail, après moins d’un jour de grève.
Jason Linklater, le président de la MAHCP, affirme que le processus en cours est valide selon la loi actuelle, mais que cela pourrait être une violation des droits garantis par la Charte.
C’est un baptême de feu pour cette nouvelle loi, qui est clairement problématique, dit-il. La communauté des travailleurs devrait non seulement s’inquiéter de son existence, mais aussi qu’elle soit utilisée de cette manière. C’est un drapeau rouge.
L’audience a été lancée par Malaya Marcelino, la ministre du Travail du Manitoba, pour revoir les dispositions légales adoptées en 2024, qui demandent aux employeurs et aux employés de déterminer si les travailleurs prodiguent ou non des services essentiels. Si cela est le cas, les deux parties doivent trouver des ententes pour continuer à prodiguer ces services essentiels en période de grève.
En mars dernier, Dynacare et la MAHCP ont conclu une entente qui indiquait que les employés de laboratoire étaient des travailleurs non essentiels.
Cependant, en vertu de la loi, le ministère du Travail a la capacité d’intervenir, s’il n’est pas d’accord avec l’accord conclu par les deux parties.
La province s’est opposée à l’accord conclu entre Dynacare et la MAHCP, après que les membres du syndicat aient voté à 99,7 % en faveur d'un mandat de grève.
Ces employés sont sans convention collective depuis le 1er avril et réclament notamment des hausses salariales.
Adam King est professeur adjoint spécialisé dans les études sur le travail à l’Université du Manitoba.
Il affirme que l’intervention pour mettre un terme à la grève des employés de Dynacare pourrait avoir un effet paralysant sur d’autres syndicats.
Les syndicats ne pourront jamais être certains par rapport à la certitude d’un accord sur les services essentiels, si la ministre peut intervenir, dit l’expert. Cela peut devenir une méthode de dissuasion pour faire la grève… et pourrait mener les syndicats et leurs membres à devenir méfiants.
Dans ses arguments présentés durant l’audience mardi, la province affirme que sa loi est moins restreinte comparativement à des lois similaires dans d’autres provinces, comme la Colombie-Britannique, où le ministre peut intervenir pour empêcher tout risque de danger immédiat à la santé et sécurité des habitants.
Adam King estime que le langage par rapport à la loi manitobaine doit être plus précis.
Le pouvoir exercé par la ministre est unilatéral et lui donne la permission d’intervenir et de demander une reconsidération, sans donner de preuve spécifique et concrète. Je pense que cela est dangereux et problématique, dit-il.
C’est un gouvernement néo-démocrate qui a fait cela dans ce cas. Comment un gouvernement conservateur utiliserait-il ce langage? Nous devons réfléchir aux différents contextes auxquels cela pourrait s’appliquer.
David Camfield, professeur spécialisé dans les études sur le travail, estime que la loi actuelle a plusieurs failles, y compris le fait que cela permet aux employeurs de perdre du temps pendant les négociations.
Les employeurs peuvent présenter des arguments ridicules par rapport à ce qui peut être considéré comme services essentiels pendant les négociations avec le syndicat, dit-il.
David Camfield estime que les règles autour des services essentiels doivent être abandonnées.
La ministre Malaya Marcelino n’a pas répondu aux inquiétudes présentées par le syndicat et des experts. Un porte-parole a cependant affirmé que Dynacare doit retourner à la table des négociations et accorder une entente favorable à ses employés.
La Commission du travail du Manitoba rendra sa décision publique le 1er octobre prochain. Si elle décide que Dynacare offre un service essentiel, l’employeur et le syndicat devront trouver un accord sur les opérations à maintenir durant l’arrêt de travail.
En cas où les deux parties ne trouvent pas d’accord, il reviendra à la commission de trancher.
Dans un courriel, Dynacare a affirmé qu’elle veut se concentrer à établir un accord juste et durable pour ses employés et pour les 1,2 million de Manitobains qui dépendent de nos services.
Avec les informations d’Arturo Chang


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