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À Crosville-la-Vieille (Eure), les agents de la déchetterie veillent chaque jour au tri, à la sécurité et à la propreté, pour guider les usagers.
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Par Mattéo Bertrand Publié le 27 août 2026 à 6h06
Pour beaucoup, la déchetterie est synonyme de poubelle. Les usagers viennent déposer leurs vieux meubles, leur électroménager défectueux ou encore leurs branchages et leurs feuilles.
Mais la déchetterie est avant tout un centre de tri. Entre prévention, sécurité et nettoyage, nous avons suivi Pascal Tranquart et Arnaud Baron, agents de la déchetterie de Crosville-la-Vieille (Eure), qui veillent à la satisfaction des usagers, tout en gardant en tête l’importance du tri et de la sécurité.
Une ouverture chronométrée
Les barrières de la déchetterie sont encore fermées à 9 h, mais un bruit de moteur s’échappe des allées. Ce n’est pas un usager en avance, mais Pascal Tranquart, chef du service, qui a commencé sa journée.
Déjà à pied d’œuvre au volant de son chariot télescopique, Pascal a commencé le travail plus tôt que prévu. Il est occupé à remplir les bennes.
« On essaye de vider les zones de dépôt le plus possible avant l’ouverture, pour que les gens aient de la place. » En effet, les déchets déposés la veille n’ont pas bougé, car c’est avant l’ouverture que les employés se démènent pour préparer les lieux.

« Une fois les bennes remplies, Veolia vient les récupérer et nous les rapporte vides. Une partie des déchets est recyclée, comme le mobilier. Pour les déchets incinérables, en revanche, le nom est assez explicite : ils sont destinés à être incinérés », explique Pascal.
La majorité de cette partie du travail se fait avec l’engin qui leur permet de déplacer rapidement de grandes quantités de déchets. Mais il arrive que des déchets plus petits retombent de la pince. Pascal enfile donc ses gants pour aller les ramasser et les jeter lui-même dans la benne.
Un usager passe par la barrière entrouverte, pensant que la déchetterie est déjà ouverte. Il dépose quelques meubles avant que Pascal ne vienne le prévenir. Un peu agacé mais compréhensif, il lui rappelle que la déchetterie n’ouvre qu’à 11 h. L’homme s’excuse avant de repartir.
Pour Pascal, ce n’est rien de grave. « Avec les fortes chaleurs, on a souvent modifié nos horaires. On a aussi des horaires d’été et d’hiver qui varient, ce n’est pas évident de s’y retrouver. On communique sur « PanneauPocket », mais les usagers ne connaissent pas toujours l’appli. »
Jusqu’à 10 h, il enchaîne les allers-retours entre les bennes et les zones de dépôt. Incinérables, bois, gravats, mobilier, métal ou déchets verts, ils y passent tous.
« D’habitude, on est trois employés tous les matins, mais avec les congés d’été, on se retrouve à deux », explique Pascal. « On arrive en décalé. Le premier à 9 h, le deuxième à 10 h et le dernier à 10 h 30. Comme je suis arrivé en premier, je m’occupe du chariot télescopique, de remplir les bennes et de tasser pour faire de la place. »
Il continue son travail en allant chercher la souffleuse, « pour faire un petit coup de propre ». Sans perdre de temps, il enfile son masque et son casque antibruit et, la souffleuse sur le dos, se met au boulot.
Il passe partout, des bennes au portail d’entrée. Il en profite pour ramasser les quelques déchets qu’il a ratés avec le manitou et les envoyer dans les bennes sur son chemin.

Puis Pascal se dirige de nouveau vers le chariot. « Le deuxième employé est arrivé, alors, pendant qu’il s’occupe du portail et des pneus, je vais aller faire le plein du chariot télescopique avant l’ouverture. »
Nous tombons nez à nez avec Arnaud Baron, le second employé en question, qui s’occupe de ranger les pneus déposés la veille. Le bémol des pneus, c’est qu’ils ne sont pas tous acceptés. L’entreprise qui les récupère ne s’occupe pas du traitement de tous les types de pneus.
« Ceux de tracteurs et certains de motos ne sont pas récupérés », raconte-t-il. « C’est écrit devant, mais certains usagers ne font pas attention et les déposent quand même. »
Une longue file de voitures avant même l’ouverture
Quelques minutes avant l’ouverture à 11 h, les deux employés s’installent à leur bureau pour vérifier le nombre de bennes pleines et organiser les rendez-vous de Veolia, qui viendra les récupérer. C’est ce qu’ils appellent des commandes. Grâce à un tableau, le nombre de conteneurs pleins est noté.
Avant même l’ouverture, une quinzaine de voitures attendent déjà devant le portail. Pascal et Arnaud prennent chacun position : le premier du côté de l’électroménager et des produits chimiques, le second près des bennes à incinérables, avec vue sur les autres zones de dépôt. C’est Arnaud qui est chargé de cette partie. Il nous prévient : « C’est là que le plus compliqué arrive. »
« Il faut veiller à ce que les usagers ne se trompent pas, s’assurer que la circulation reste fluide et guider ceux qui en ont besoin. »
Dès lors, il faut ouvrir l’œil pour rediriger les usagers avant qu’ils ne fassent une erreur. « Certains ont tendance à vouloir tout mettre dans l’incinérable », indique Arnaud, les yeux fixés sur les déchets qui passent. Il va d’ailleurs voir un usager qui laisse du métal dans les incinérables. « Bonjour monsieur, pour le métal, ça va être juste à votre droite. Merci, bonne journée », une phrase qu’il répétera tout au long de sa journée.
À côté, certains usagers tentent tant bien que mal de quitter la déchetterie, mais des voitures mal garées leur bloquent le passage. Le ton monte, tandis que la file derrière s’allonge et que la tension gagne du terrain. Sans perdre de temps, Arnaud se dirige vers le point de blocage et reprend la circulation en main. Il apaise les esprits, désamorce le conflit, puis retourne surveiller les différentes zones de dépôt.
On fait un peu le job de la sécurité.

Des déchets hors du commun
De l’autre côté, Pascal doit s’occuper d’un dépôt particulier. Comme Pascal et Arnaud l’ont répété plusieurs fois, « les gens viennent vraiment déposer de tout ».
Preuve en est : en regardant les bennes et les dépôts, on peut y voir un barbecue, un matelas, des meubles en bois, des jouets pour enfants ou des peluches comme neuves, sans oublier de l’électroménager avec des plaques de cuisson ou des téléviseurs. Mais certains dépôts plus dangereux nécessitent un rendez-vous. C’est le cas de l’amiante.
Ne pouvant pas être jeté ou brûlé comme la plupart des déchets, l’amiante est soumis à une réglementation bien précise. Tout d’abord, comme c’est un déchet considéré comme dangereux, il est nécessaire de prendre rendez-vous. « Une fois que le rendez-vous est pris, on fournit à l’usager le film pour emballer ses déchets avant qu’il ne les ramène », explique Pascal. « Quand il arrive, on vérifie que c’est bien la personne qui avait pris rendez-vous et qu’elle habite bien dans la communauté de communes, pendant qu’elle met ses déchets dans la benne. »
Ce genre de déchet reste rare, mais il est nécessaire de le récupérer pour éviter les dépôts sauvages.
À peine le sujet de l’amiante est-il réglé que Pascal se retourne et décroche son téléphone de service. Le local des produits chimiques est plein, alors qu’une intervention avait été programmée pour le vider dans la matinée. À l’autre bout du fil, on lui explique qu’un contretemps est survenu et qu’une équipe passera au plus vite pour régler le problème.
Recycler au maximum
La majorité des usagers pensent que l'incinération est la meilleure solution pour se débarrasser de leurs déchets. Mais à Crosville-la-Vieille, si l'on est plus proche du centre de tri, c'est parce que la déchèterie a pu bénéficier de plusieurs partenaires prêts à récupérer certains déchets.
" Pour le mobilier, les bennes sont recyclées et servent de combustible pour les chaudières ", explique Pascal. " Les vélos sont récupérés par une association qui les remet en état. "
Il n'est pas rare que certains viennent chiner. Pour certains, la déchèterie est une véritable mine d'or. " Ça aussi, c'est du recyclage. Si c'est en état, on préfère que les gens viennent le récupérer plutôt que de le jeter. "
La propreté est importante
Il est midi lorsque le « rush » s’achève. Arnaud part déjeuner, tandis que Pascal reprend sa place près des différentes zones de dépôt.
Arrivé l’année dernière, le chef de service explique avoir rapidement voulu changer plusieurs choses, à commencer par « la propreté ».
« La déchetterie n’est pas une poubelle, mais un centre de tri. C’était sale et mal entretenu, les cases de dépôt débordaient… On ne pouvait pas laisser ça comme ça. »
Si c’est aussi sale qu’une poubelle, personne ne va respecter la propreté.
Depuis qu’un travail sur l’entretien a été réalisé, les employés remarquent que les gens sont plus respectueux. « Bien sûr, il y en a qui attendent qu’on ait le dos tourné pour jeter n’importe où, mais c’est une minorité », insiste Pascal.
La déchetterie de Crosville-la-Vieille est ouverte de 11 h à 18 h du lundi au samedi.
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