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La présidente de la Région Occitanie dénonce le déremboursement par la Sécu des cures thermales. Dans l'Hérault, à Balaruc-les-Bains, le combat est lancé.
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Par Gil Martin Publié le 30 oct. 2026 à 5h06
Dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, le ministre de la Santé a provoqué une vague de mécontentement dans les villes thermales en annonçant la fin de la prise en charge des cures thermales par l’Assurance maladie. Une mesure qui représenterait un transfert de 200 millions d’euros de dépenses vers les seules complémentaires santé.
Le thermalisme, 460 M€ de retombées en occitanie
« Or, les complémentaires santé n’ont aucune obligation de prendre en charge ces soins », rappelle Carole Delga. La présidente de la Région Occitanie, où le thermalisme représente plus de 460 millions d’euros de retombées directes et indirectes, monte au créneau et dénonce une douche froide pour les stations thermales régionales, « dont 90 % se situent dans des communes de moins de 10 000 habitants ».
Déjà, en 2025, Carole Delga tirait le signal d’alarme
La levée de boucliers contre cette mesure est générale dans le pays. « L’association Régions de France a appelé les parlementaires à rejeter cette mesure », rappelle l’élue occitane qui, dès novembre 2025, lors de l’examen du PLFSS 2026, alertait « sur la menace que faisait peser le déremboursement des cures thermales sur la santé des patients et les territoires ».
"Ne plus prendre en charge les cures thermales, c’est pousser des patients à renoncer à se soigner... et demain, la Sécurité sociale devra payer le prix fort de maladies aggravées"
La présidente avait adressé un courrier au Premier ministre, le 5 novembre 2025, demandant de revoir en urgence cette mesure, « finalement abandonnée à l’époque ». Mais voilà que, sur fond d’austérité, le gouvernement revient à la charge, « qui plus est au détriment de la santé des Français », déplore Carole Delga, évoquant « plus de 60 études soulignant l’importance des bénéfices du soin thermal pour la réduction des douleurs et la prévention des rechutes ».

« Cette annonce est une erreur stratégique »
Mais, visiblement, de cet argument, le ministre n’en a cure… « Pourtant, les cures thermales ne sont pas des soins de confort, mais des actes de soin reconnus par la médecine pour traiter une douzaine de grandes familles d’affections », insiste Carole Delga, qui affirme sans ménagement que « cette annonce est une erreur stratégique ».
Thermalisme : quelques chiffres pour l’Occitanie
– Plus de 148 000 patients ont suivi une cure conventionnée sur prescription médicale l’an dernier.
– 90 % des stations thermales se situent dans des communes de moins de 10 000 habitants.
– Le thermalisme génère plus de 460 millions d’euros de retombées économiques dans la région.
– À l’échelle nationale, le thermalisme génère 4,8 milliards d’euros de retombées annuelles et représente 25 000 emplois directs.
Les patients « poussés vers des alternatives plus coûteuses »
« Ne plus prendre en charge les cures thermales, c’est pousser des patients à renoncer à se soigner… et demain, la Sécurité sociale devra payer le prix fort de maladies aggravées », insiste la présidente de Région. Elle estime qu’un déremboursement partiel ou total « inciterait les patients à recourir, in fine, à des alternatives plus coûteuses : traitements médicamenteux chroniques, séances répétées de kinésithérapie, hospitalisations, etc. ».
« J’appelle les parlementaires à rejeter avec force cette mesure »
Carole Delga, également présidente de Régions de France, dénonce fermement les conséquences de cette mesure sur l’accès aux soins, mais aussi « la mise en difficulté de nos stations thermales, qui entraînerait le risque de disparition d’un pan entier de l’économie locale et la suppression d’emplois essentiels à la vitalité de ces communes ». Et de conclure : « Alors que le PLFSS 2027 sera examiné par le Sénat dès le 9 novembre prochain, j’appelle les parlementaires à rejeter avec force cette mesure. »
À Balaruc, près de 600 personnes mobilisées pour défendre "bien plus que des cures thermales"
Patients, habitants, professionnels et élus se sont rassemblés le vendredi 23 octobre sur la promenade des Bains, devant les Thermes de Balaruc-les-Bains, pour dénoncer le projet de déremboursement des cures thermales.
« Tous sont venus défendre une médecine inscrite dans l’histoire sociale et sanitaire française, mais aussi dans l’identité et le développement de nombreux territoires », a souligné le maire de la cité méditerranéenne, Christophe Rioust.
L’élu a précisé que « derrière les 200 millions d’euros d’économies annoncées, il y a près de 500 000 patients, des milliers d’emplois et un modèle de santé construit depuis des générations », évoquant « une décision budgétaire déconnectée des réalités sanitaires et économiques ».
Tout au long de la mobilisation, les intervenants ont dénoncé une approche « strictement comptable du thermalisme », qui ne prend pas en compte son rôle dans la prise en charge des maladies chroniques, la prévention, le maintien de l’autonomie et l’accès aux soins.
Christophe Rioust pointe notamment « le risque d’une médecine à deux vitesses, dans laquelle l’accès à une cure prescrite dépendrait davantage des ressources des patients ».
Pour le maire de Balaruc-les-Bains, « une même conviction s’est exprimée ce 23 octobre : le thermalisme ne peut être réduit à une ligne de dépenses de l’Assurance maladie ».
Face aux enjeux, un appel collectif s’est dégagé : « Dans l’attente des conclusions de l’évaluation engagée par la Haute Autorité de santé, il faut amplifier la mobilisation pour faire entendre la voix des patients et des territoires thermaux. »
Dans l’Hérault, mobilisation générale !
Cette mobilisation a rassemblé, aux côtés de Christophe Rioust et de Didier Calas, président-directeur général des Thermes de Balaruc-les-Bains, de nombreuses personnalités politiques et des représentants des territoires thermaux :
- Marie Costa, maire d’Amélie-les-Bains-Palalda et présidente de la Fédération thermale d’Occitanie
- René Ginieis, maire de Lamalou-les-Bains
- Cédric Blanc, maire d’Avène-les-Bains
- Loïc Llinarès, président de Sète Agglopôle Méditerranée
- Sylvain Carrière, député de la 8e circonscription de l’Hérault
- Julie Frêche et Hussein Bourgi, sénateurs de l’Hérault
- Patrice Canayer, conseiller régional d’Occitanie délégué à l’attractivité, au rayonnement de l’Occitanie et aux marques régionales ; ainsi que des maires et élus des communes du bassin de Thau et des représentants de la Région Occitanie
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