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Crise du logement : les municipalités pourraient taxer les terrains vacants

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Dans un effort de revitaliser les centres-villes et de favoriser la construction de logements et de locaux commerciaux, le gouvernement du Nouveau-Brunswick veut donner aux municipalités le droit de taxer les terrains vacants sur leur territoire.

Ça peut aider chacune des 77 municipalités, si elles veulent mettre ça en place, explique Aaron Kennedy, ministre des Gouvernements locaux.

Le ministre souhaite que les municipalités voient cette nouvelle possibilité comme un autre outil dans leur boîte à outils pour l'avenir de leurs collectivités.

En juin dernier, la province avait déjà annoncé qu’elle songeait à permettre l’ajout d’une nouvelle taxe sur certains terrains vacants.

Mardi, un projet de loi a été déposé à Fredericton.

Les municipalités favorables

L’Union des municipalités du Nouveau-Brunswick (UMNB) et l’Association des municipalités francophones du Nouveau-Brunswick (AFMNB) applaudissent la proposition du gouvernement, mais attendent de voir les prochaines étapes.

Le développement, quand on n'a pas de terrains, c’est compliqué, souligne le directeur général de l’UMNB, Dan Murphy.

Dan Murphy en mêlée de presse à l'Assemblée législative.

Dan Murphy, directeur général de l'Union des municipalités du Nouveau-Brunswick, croit que certaines municipalités tireront parti de ce nouvel outil, si la modification à la loi est approuvée.

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

Selon l'emplacement, les terrains demeurent vacants afin de prendre de la valeur avant d'être revendus. Pour d'autres, ils le restent en raison d'une accumulation de taxes foncières impayées ou de l'incapacité de les développer.

On veut des choses qui soient flexibles parce que ce n’est pas une solution pour tous les problèmes, explique M. Murphy, qui précise que les défis sont différents d'une municipalité à l'autre.

Les terrains pour des logements, mais aussi pour des projets commerciaux, particulièrement dans les zones urbaines, commencent à se faire rares dans certaines municipalités, selon lui.

Alors avoir de la flexibilité, puis de nouveaux outils pour les municipalités c’est une bonne chose, mais reste à voir c’est quoi les détails, ajoute-t-il.

Kassim Doumbia, président de l’AFMNB, croit également que cette nouvelle mesure saura intéresser des municipalités, notamment pour aller chercher des revenus supplémentaires.

Kassim Doumbia, en entrevue dans un bâtiment.

Le maire de Shippagan, Kassim Doumbia, est également président de l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick (AFMNB). (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

Dans certains milieux où les terrains vacants sont restés vacants pendant plusieurs années, [cela pourrait] peut-être encourager les entrepreneurs à développer ou à les vendre pour faire du développement, indique le président.

Il croit que le gouvernement emprunte une bonne approche pour répondre à certaines des revendications des municipalités.

Une bonne possibilité pour Campbellton

Lors des dernières élections municipales, l’avenir des immeubles délabrés et abandonnés dans le centre-ville de Campbellton avait été un des enjeux de la campagne dans cette municipalité.

Le maire intérimaire de la municipalité, Mathieu Perron, accueille bien cette nouvelle démarche du gouvernement provincial. Il croit qu’offrir aux municipalités une autre mesure pour pouvoir attirer davantage d’investisseurs est un pas dans la bonne direction, notamment pour la question de la crise du logement.

Mathieu Perron.

Mathieu Perron, maire par intérim de Campbellton.

Photo : Radio-Canada / Jules François

Je vois ça comme une bonne possibilité pour la région, au niveau de combler les terrains vacants par du nouveau développement, souligne le maire par intérim.

M. Perron se questionne toutefois sur les mesures que la province pourrait instaurer afin de régler la question des arrérages de taxes accumulés sur un terrain, même après que celui-ci a été abandonné.

Bâtiment placardé de planches de bois.

Quelques bâtiments du centre-ville de Campbellton sont placardés depuis qu'ils sont devenus vacants. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

Souvent des développeurs voudront pas nécessairement acheter un local, ou un bâtiment, si, par exemple, il y a trop de taxes impayées dessus, souligne le maire par intérim, qui note que plusieurs terrains sur lesquels des bâtiments ont été démolis sont dans cette situation.

La définition d’un terrain vacant reste à déterminer, selon le ministre des Gouvernements locaux, Aaron Kennedy. Les balises seront développées en collaboration avec les associations des municipalités de la province.

Avec des informations de Charles-Étienne Drouin

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