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Mercer Union, installé au 1286 rue Bloor Ouest depuis 2008, a annoncé sur les réseaux sociaux cette semaine qu’à la suite de l’acquisition du bâtiment par un nouveau propriétaire, aucun terrain d'entente n’a été trouvé pour permettre à l'organisme culturel de conserver l’intégrité de son espace. Par conséquent, la galerie prévoit de déménager dans un nouveau lieu dans les années à venir.
Mercer Union est un espace dirigé par les artistes pour les artistes, qui s’est donné comme mission depuis sa création en 1979 de commander, produire et exposer des créations originales d’artistes sélectionnés à travers divers programmes. En ce moment, la galerie accueille l’exposition Of Wool and Diesel de Rouzbeh Akhbari, coprésentée avec la Biennale d’art de Toronto.
Un nouveau défi
Quand Theresa Wang a été nommée à la tête de l’organisme en juillet 2023, la question de quitter l’édifice de la rue Bloor Ouest n’était pas à l’ordre du jour. Mais, selon elle, une personne dans son rôle se doit de réfléchir de manière proactive et de faire preuve d’adaptabilité pour assurer le futur de l’organisation.
Le bâtiment a été acquis en 2025 par StepStones For Youth qui souhaite y installer son nouveau siège et y aménager huit logements abordables pour éviter à des jeunes de vivre dans la rue, tout en leur offrant des services. L’organisme de bienfaisance affirme vouloir faire de ce centre le premier carrefour pour prévenir l’itinérance chez les jeunes pris en charge par les services de protection de l’enfance au Canada .
Dans la même déclaration transmise à Radio-Canada, StepStones For Youth rappelle que les jeunes issus de foyers d’accueil courent 193 fois plus de risques de vivre dans la rue et qu’un jeune sur deux vivant en situation d’itinérance a été pris en charge par les services de protection de l’enfance.
Accès à la culture nécessaire
Ce nouveau cas de déménagement forcé d’une institution culturelle n’est pas visé par un projet de développement commercial, mettant les différents acteurs concernés face à un dilemme éthique : est-ce justifié qu'un organisme à but non lucratif doive céder sa place à un autre dont la mission pourrait paraître plus importante?
Liza Lukashevsky est à la tête de l’association des commerçants du quartier Bloordale. Elle pense que c’est très bien qu’un organisme envisage d’accueillir des jeunes, d’autant que, dans le quartier, on voit bien des jeunes qui ont besoin d’aide.
En même temps, la commerçante regrette le départ prochain de l’organisme, car elle pense que, pour préserver le dynamisme du quartier, il est nécessaire d’avoir une diversité d’établissements qui font venir les gens de l’extérieur avant d’ajouter que, selon elle, l’accès à la culture est bénéfique à bien des égards. Elle aimerait pouvoir trouver une solution qui permette d’accueillir la nouvelle structure et de garder Mercer Union dans le quartier.
Theresa Wang pense que les organismes artistiques sont particulièrement vulnérables et regrette que désormais, de Montréal à Vancouver, d’autres lieux d’art se retrouvent forcés à quitter leurs locaux. Elle reste cependant philosophe et rappelle que c’est la cinquième fois que Mercer Union va se retrouver à déménager : Nous avons connu les rues Mercer, Adelaide, King puis Lisgar; d’une certaine manière, c’est un problème récurrent pour l’organisme.
Pour le futur, tout est sur la table selon la directrice de l’organisme : Cela pourrait passer par des partenariats, des infrastructures partagées ou des modèles de collaboration, explique-t-elle.
Une chose est sûre pour Theresa Wang : les artistes et leur développement restent au cœur du projet de Mercer Union. Malgré les troubles que l’organisme s’apprête à traverser, elle affirme que la galerie continuera à être guidée par son désir de répondre aux besoins des artistes, notamment à l’approche du 50e anniversaire de l’organisme qui aura lieu en 2029.


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