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La plus importante banque alimentaire de Toronto affirme traverser une série de crises alors que le conflit en Iran fait monter les coûts pour nourrir les milliers de Torontois en situation d'insécurité alimentaire.
Neil Hetherington, PDG de la banque alimentaire Daily Bread, à Toronto, souligne que, si l'achalandage a explosé depuis le début de la pandémie de COVID-19, la récente hausse des prix de l'essence vient jeter de l'huile sur le feu.
Il précise qu'il en coûte désormais 50 cents de plus par litre pour faire le plein des camions qui approvisionnent les quelque 200 banques alimentaires et programmes de repas du réseau.
Chaque semaine, chaque jour, nos coûts de distribution augmentent, déclare M. Hetherington, notant que cette pression survient alors que le recours aux banques alimentaires atteint des sommets historiques.

Malgré la pression exercée par la guerre en Iran, M. Hetherington insiste sur le fait que la solution à long terme passe par une intervention gouvernementale en faveur du logement abordable, notant que certains clients consacrent la totalité de leurs revenus à se loger. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Vedran Lesic
Lors d'une activité de bénévolat au siège social de l'organisme samedi, plus d'une centaine de personnes, dont le premier ministre Doug Ford et la mairesse de Toronto, Olivia Chow, ont mis la main à la pâte pour trier des dons destinés à l'ensemble du réseau.
S'adressant à la foule, M. Ford a remercié les bénévoles tout en affirmant que son gouvernement se concentre sur la création d'emplois bien rémunérés pour lutter contre l'insécurité alimentaire.
La base de tout dans notre province — de la santé à l'éducation, en passant par les infrastructures et le soutien aux banques alimentaires — c'est une seule chose : l'économie , a-t-il soutenu.
Une crise qui s’aggrave
Pourtant, pour certains, même un emploi ne suffit plus pour éviter le recours aux banques alimentaires. Augustina Michael, une employée de Daily Bread, confie y avoir recours environ une fois par mois pour se procurer des légumes frais, même si elle gagne plus que le salaire minimum.
Même avec un emploi, ce n'est pas assez, explique-t-elle. Avant même de recevoir votre paie, les dépenses sont déjà là. Le loyer, le téléphone, le transport... il ne reste presque rien pour la nourriture.
Depuis le début de l'année, Daily Bread dit avoir enregistré plus de 920 000 visites, dépassant les chiffres de la même période l'an dernier.
M. Hetherington prévoit que la hausse du prix de l'essence affectera l'ensemble de la chaîne alimentaire, des agriculteurs ruraux aux travailleurs urbains. Cependant, le conflit au Moyen-Orient a déjà eu un impact direct et concret sur les opérations de l'organisme.
Le mois dernier, un navire transportant une cargaison de riz destinée à Daily Bread a été frappé près de l'Iran, retardant la livraison de denrées essentielles.
C'est un coup dur après l'autre, déplore M. Hetherington en évoquant les répercussions de la guerre. On subissait déjà la hausse massive des loyers et des revenus qui ne suivaient pas le coût de la vie. Avant la pandémie, nous comptions 60 000 visites par mois. Le mois dernier, ce chiffre était de 330 000.
Pour répondre à cette demande croissante, l'organisme a dû intensifier ses efforts de collecte de fonds et s'en remettre à la générosité des donateurs privés. Selon le dernier rapport annuel de Daily Bread, environ 46 % des usagers ont un emploi ou vivent avec une personne qui travaille.


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