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Coyotes en ville : l’euthanasie serait-elle la meilleure option dans les cas extrêmes?

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Une nouvelle étude propose aux municipalités de revoir leur approche concernant la gestion des coyotes problématiques, quitte à recourir plus rapidement à l’euthanasie dans certains cas.

L’étude, publiée le 14 juillet dans la revue Frontiers in Ecology and the Environment, paraît alors que de nombreuses villes en Ontario doivent composer avec des coyotes qui attaquent des résidents.

Début juillet, un bambin de deux ans a été mordu au visage par un coyote à Whitby, dans la région de Durham. À Markham, les forces de l’ordre ont dû lancer un avertissement aux citoyens après deux attaques en moins d’une semaine en juin.

Le biologiste de l’Université Trent, Dennis Murray, est l’auteur principal de l’étude. Selon lui, l’euthanasie devrait être envisagée plus rapidement dans les cas extrêmes.

Ce serait une option pour les animaux avec des comportements permanents, qui sont très problématiques.

Dans ces cas-là, il reste très peu de solutions. Il semblerait que, même si on fait beaucoup de conditionnement aversif, ces animaux-là ne changeront pas leurs habitudes, leurs comportements.

Selon lui, les municipalités comme la Ville de Toronto attendent trop longtemps avant de recourir à l’euthanasie dans l’espoir que l’animal quitte de lui-même le quartier concerné.

L'an dernier, la Municipalité a dû composer avec quatre coyotes agressifs dans le quartier Liberty Village. Deux d'entre eux ont finalement été euthanasiés.

La Ville a d’ailleurs finalisé sa nouvelle stratégie de gestion des coyotes en juin dernier. Elle repose en grande partie sur la sensibilisation du public au comportement des coyotes ainsi que sur des méthodes pour les repousser, par exemple en hurlant, en brandissant une carte ou en lançant un caillou dans leur direction.

Or, dans son étude, M. Murray soutient que l’intimidation s’avère souvent inefficace pour éloigner les coyotes des animaux de compagnie et des humains.

Des études révèlent que les mesures de dissuasion n’entraînent un effet d’évitement mesurable que lorsqu’elles sont appliquées de manière cohérente et intensive dès les premiers stades de l’accoutumance, et même dans ce cas, les effets sont généralement de courte durée, écrit-il.

Il propose plutôt une stratégie basée sur une collecte de données réalisée sur chaque coyote présent dans les milieux urbains. Avec un portrait plus clair, les autorités peuvent donc décider s’il s’agit d’un animal avec un comportement qui peut changer ou s’il est incorrigible.

Avec ces données-là, les municipalités seraient en mesure de prendre des décisions, peut-être plus objectives que ce qui a été fait par le passé, explique le biologiste.

M. Murray a collaboré avec Emily Foucault et Keith Patton pour son étude. Ces deux personnes font partie du groupe Coyote Safety Coalition, qui lutte contre la présence des coyotes au centre-ville de Toronto.

Une solution injuste

L'association de défense des droits des animaux Animal Justice remet en cause les conclusions de l'étude.

Sa directrice générale, Camille Labchuk, affirme que les mesures létales ne sont jamais appropriées, quels que soient les agissements d'un coyote au sein d'une communauté.

Je pense que le simple fait de tuer des coyotes pour résoudre un problème créé par les humains, à savoir la perte et la destruction de leur habitat, est vraiment une solution injuste, que la plupart des gens ne soutiennent pas.

Mme Labchuk suggère la relocalisation comme solution possible pour les coyotes qui deviennent trop agressifs.

La stratégie de Toronto stipule cependant que cette stratégie n’est pas une option envisageable dans le contexte de Toronto.

Selon la réglementation provinciale, les animaux sauvages ne peuvent pas être déplacés à plus d’un kilomètre de l’endroit où ils ont été capturés, et les villes doivent obtenir l’autorisation de la province pour transférer un animal vers un sanctuaire.

M. Murray ajoute que le transfert des coyotes vers un autre lieu ne fonctionne pas souvent, car ces animaux sont naturellement territoriaux et risquent de revenir. D’ailleurs, si l’animal est nuisible, ça ne fait que déplacer le problème vers une autre municipalité.

Dans le quartier Liberty Village, les conclusions de M. Murray ont reçu un accueil mitigé de la part des propriétaires de chiens interrogés.

La plupart, à l'instar d'Elanja Corosky, s'opposaient à l'euthanasie en général.

En tant qu'amoureuse des animaux, je ne veux voir aucun animal être euthanasié, déclare-t-elle.

Cela dit, s’ils [les coyotes] représentent une menace croissante, alors je pense que c'est un problème auquel il faut s'attaquer, nuance-t-elle.

Avec les informations de l’émission Pas comme d’habitude et de CBC

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