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Une cinquantaine de personnes ont participé à la séance d'information du conseil municipal de Saint-Denis-De La Bouteillerie, jeudi soir, pour faire le point concernant le projet de tour cellulaire réclamé depuis longtemps et annoncé par Québec en janvier 2025. L'implantation d'une telle structure dans le paysage divise la population.
La municipalité de 499 habitants située dans le Kamouraska doit prendre une décision déchirante : changer un règlement de zonage afin de voir s'ériger une tour cellulaire ou ne pas le changer et, ainsi, renoncer à améliorer à court terme la couverture cellulaire qui est médiocre, voire nulle, à certains endroits.
Depuis que Bell a dévoilé l'emplacement sélectionné pour la structure l'automne dernier, le dossier déchire la communauté, qui s'inquiète notamment des conséquences sur le paysage, qui est considéré comme un joyau de la petite municipalité.

Le site proposé par Bell pour la construction d'une tour de télécommunication à Saint-Denis De La Bouteillerie.
Photo : Radio-Canada
La structure, érigée légèrement à l'ouest du cœur villageois, ferait 80 mètres au total, soit près de deux fois la hauteur de l'église.
Au terme de la rencontre, le maire, Frédéric Landry, a affirmé que ce n'est pas le conseil qui va trancher l'épineuse question.
On va faire un projet de changement de règlement. [...] Les gens qui s'y opposent auront la chance de demander un exercice référendaire. Et puis, à ce moment-là, c'est la population qui va se prononcer : est-ce qu'on y va ou est-ce qu'on n'y va pas.

Le nouveau maire de Saint-Denis-De La Bouteillerie, Frédéric Landry.
Photo : Radio-Canada / Veronique Duval
En tant que Conseil, prendre une décision au détriment de certains au bénéfice de l'ensemble, c'est ce qu'on souhaite, mais s’il faut un référendum pour avoir une position claire, ça sera ça, conclut-il.
Le prix à payer
La majorité des citoyens veut avoir une bonne couverture cellulaire, mais plusieurs ne sont pas prêts à payer le prix d’une structure pareille, craignant une atteinte irréparable au paysage, qui attire de nombreux villégiateurs depuis très longtemps.
Je trouve que Bell nous piège un peu, là. Bell, ce n’est pas lui qui va ramasser les pots cassés de Saint-Denis avec toute la discorde. C'est dommage, parce que je pense qu’on peut avoir du meilleur réseau sans être obligé d'avoir une tour.
Elle réclame plus de scénarios et des simulations visuelles plus précises de l’effet sur le paysage afin que les citoyens aient un véritable choix.
Selon l’avis de plusieurs citoyens, Bell aurait écarté d’autres options d'installation moins visibles, parce qu’elles ne sont pas avantageuses pour l’entreprise.
On est mis devant une urgence, alors qu'il existe peut-être d'autres solutions qu'on ne connaît pas à ce point-ci, et qui seraient mieux adaptées, moins nuisibles, estime un citoyen, Clément Soucy.

Certains citoyens se demandent pourquoi Bell ne dépose pas un projet d'émetteurs de signal cellulaire dans le clocher de l'église ou dans des structures existantes, comme des silos à grains.
Photo : Radio-Canada / Veronique Duval
Carmen Garon se désole, elle, que la communauté doive prendre une décision sous le coup de l’émotion plutôt qu’en prenant le temps d’examiner toutes les options. La décision revient à savoir si on se compromet pour améliorer notre service ou si on garde le statu quo et qu'on n'a pas amélioré nos services, et c’est vraiment une décision difficile, lance-t-elle.
Sentiment d'urgence
On est pressés par le temps, parce que, dans le devis qui a été donné par le gouvernement du Québec, le promoteur doit réaliser les travaux pour une mise en fonction à la fin décembre 2026, explique le maire.
Le projet ne respecte pas le règlement municipal relatif à la distance minimale de 300 mètres des habitations.
Si on fait un changement à notre réglementation, la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) va faire son travail, va analyser le projet et à ce moment-là, il y aura de bonnes chances qu’elle donne son aval, mais on est pressés par le temps, poursuit-il.

Le projet d’implantation prévoit la construction d’un pylône autoportant de près de 80 mètres de haut derrière le 70 A, route 132 ouest, à Saint-Denis-De La Bouteillerie.
Photo : Radio-Canada / Veronique Duval
Normalement, un règlement de zonage n’a pas préséance sur le règlement fédéral relatif aux télécommunications.
Or, étant donné que le projet actuel est en zone agricole, il est assujetti à l'approbation de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ). Pour que le projet soit analysé, il est précisé qu’il doit respecter les règlements municipaux de zonage.

Toutes les chaises de la salle communautaire étaient occupées jeudi soir.
Photo : Radio-Canada / Veronique Duval
Ce que je souhaite, c'est que les gens qui sont contre le projet sentent qu'il y avait de l'écoute parce qu'il y en a réellement, on est sensibles à leurs préoccupations. Et puis, c'est vrai que ça ne sera pas une belle infrastructure qui s'en vient s'implanter si le projet se réalise, mais il y a des contreparties malheureuses des fois pour avoir certains services, souligne le maire.
Il craint que, si le projet ne se réalise pas, son village soit aux prises avec une couverture cellulaire déficiente pendant longtemps avant qu’une occasion comme celle-ci se présente à nouveau. Il ne voit pas le jour où la municipalité pourra se payer une tour, et la densité de la population n’attirera jamais une entreprise de télécommunications, selon lui.
Le projet financé par Québec est, pour M. Landry, l’occasion d'améliorer considérablement la portée du signal partout dans la municipalité.
Au terme de la séance, il a tenu à remercier l’assemblée de citoyens d’avoir participé à l’exercice dans le respect et la civilité tout au long de la rencontre, malgré le sujet qui divise la communauté depuis l’automne.
La Coalition Avenir Québec a promis d’assurer la couverture cellulaire dans toutes les municipalités du Québec d’ici le 31 décembre 2026.


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